lundi 17 juillet 2017

HUNDREDTH, OISEAU RARE

Il y a de ces évolutions musicales qui font couler de l'encre et des plumes qui n'en finissent plus de geindre. A titre d'exemple, les While She Sleeps (voir notre chronique), Bring Me The Horizon, Linkin Park, Suicide Silence, formations consensuellement estampillées métal, prenaient récemment un virage périlleux vers un son plus souple ou plus éloigné de leurs racines. Avec plus ou moins de réussite à l'arrivée. Le cas Hundreth, s'il n'est pas isolé, n'en demeure pas moins différent. Beaucoup de groupes se sont, en effet, orientés Shoegaze dernièrement, en suivant le sens du courant. Un registre sibyllin dont la compréhension ne semble réservée qu'aux seuls initiés. C'est ainsi qu'est né Rare, le quatrième album du combo originaire de Caroline Du sud. Notre avis...

Pour être honnête avec vous, je ne suis pas un spécialiste de la musique Shoegaze que je ne connais que dans les grandes lignes. En effet, j'ai pu en entrevoir les contours à travers quelques titres de The Cure et autres Dinosaur Jr qu'il m'est arrivé d'écouter et surtout d'apprécier, ou par les disques que j'ai eu l'opportunité de chroniquer par le passé. Mais je n'ai pas insisté pour revêtir la panoplie du spéléologue et creuser un peu plus les dogmes de ce répertoire. Si l'on se tient à la sensation, cette quatrième mouture est très agréable à l'oreille. Mélodique, mûre et très propre niveau production. En l'étudiant dans son registre, toutes les pistes présentes sur l'opus sont fidèles aux poncifs de la musique Shoegaze. Atmosphères vaporeuses, hallucinations sonores, basse vrombissante, masque sur la voix, lignes mélodiques catchy, pures mais abstraites. Avec un mimétisme qui confine parfois à l'insolence, Hundredth fait honneur au genre et le restitue dans toute sa beauté, dans toute sa nébulosité.



Si la première écoute met en avant la - trop ? - grande homogénéité du disque, la seconde offre d'avantages de satisfactions. Comme l'anneau de pouvoir qui révèle ses écritures dans les flammes, « Rare » expose ses racines punk, hardcore au fur et à mesure de la séance et les chansons se distinguent les unes des autres. Aussi, j'aurai quelques recommandations à vous faire en ce qui concerne les titres à retenir. Commençons par « Youth », qui est incontestablement le morceau que je préfère. La simplicité de ses accords contraste avec le climat nuageux qui l'entoure pour une bigarrure du plus bel effet. Notons un petit arrière-goût punk rock à la Tiger Army très accrocheur. « Disarray » est, à mon sens, le titre qui renoue le plus avec les origines hardcore mélo du groupe, en témoigne ce drumming urgent en soutien. « Departure » est un track qui se démarque par sa petite touche New Wave très élégante et douce. Un morceau presque progressif, subtil, tissé dans la dentelle qui m'évoque parfois un bon vieil Indochine.



Rare, s'il montre quelques imperfections ça et là, n'a pas volé son patronyme. Vous en connaissez beaucoup vous de groupes hardcore mélo capables d'un changement si transversal et avec autant de réussite ? Certes, le disque ne comporte pas de singles à proprement parler malgré un « Neurotic » clippé pour des besoins promotionnels. Un album qui s'écoute plutôt d'une traite et reste difficile d'accès pour les non-initiés. Mais il n'en demeure pas moins unique en son genre. Intimidant et déboussolant à première écoute, il révèle ensuite des trésors musicaux éblouissants. En ce qui me concerne, la bonne nouvelle, c'est qu'avec la reprise de mes activités de chroniqueur cette année, et le plaisir qui de nouveau en découle, je serai à même de vous livrer un top de fin d'année sur le site. La mauvaise, c'est que cette année 2017 est tellement riche en sorties de qualité, que vous bricoler ce classement ne sera pas chose aisée.



Texte : Kevin (kevin@allglorious.com)
Visuels : Hundredth

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