dimanche 9 avril 2017

FALLING IN REVERSE, PISTES AUX ETOILES

En toute honnêteté, l'enthousiasme ne m'animait guère à l'approche de ce nouveau Falling In Reverse, déstabilisé par l'écoute de ses premiers singles et terriblement déçu par Just Like You, leur mouture précédente, trop biscornue à mon goût. J'étais donc certain de gaspiller mon temps en pressant le bouton play et refusait d'en entendre davantage. Mais « il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis » dit l'adage. J'acceptais donc, jour même de la sortie de Coming Home, de donner une chance à l'objet et à la formation menée par l'inénarrable Ronnie Radke. Verdict...

Et bien m'en a pris ! Car Coming Home est un album vraiment intéressant. Falling In Reverse, souvent considéré comme le véritable épigone du Escape The Fate original (celui du Dying Is Your Latest Fashion), semble, pour le coup, s'être définitivement défait de l'étiquette Punk-Emo-Métal de ses débuts. Sur cette nouvelle et quatrième réalisation, la formation pratique un rock presque atmosphérique qui le rapproche davantage du pop rock éthéré d'un Angels And Airwaves par exemple. Une puissance mélodique impressionnante (entrevue sur le titre « Chemical Prisoner » du disque précédent), une voix qui transmet de l'émotion, parfois déchirée à force d'élévation dans la stratosphèreBroken »), des chœurs et des scandés en guise de combustible (comme sur les très bons « Hangin On » ou « Loser »), un backband toujours aussi virtuose malgré le caractère interchangeable de ses membres : il est là l'album de la maturité ! Vous pouvez ajouter à cela une vraie consistance textuelle et un storytelling plus franc qu'à l'accoutumé et on viendrait presque à parler d'album concept même si ce n'est pas tout à fait le cas. Parmi les bonnes surprises de ce disque également : « Straight To Hell » et sa petite touche electro, « I Don't Mind » ou encore « The Departure ».



Mais chassez le naturel, il revient au galop dit-on. Ici, c'est au petit trot heureusement. Des titres comme « Fuck You And All Your Friends » ou encore « Right Now » nous ramènent sur terre avec une orientation plus pop et une bonne dose d'extravagance qui n'est pas sans rappeler « Just Like You » ou « Goddamn ». Les vieux démons de Ronnie crachotent leurs derniers syntagmes revanchards. « Paparazzi » suit la même ligne de conduite avec son phrasé très Beastie Boys ou très... Sum41 imitant Beastie Boys ! Riffs simplistes, textes jeunes : quand ils cèdent à la facilité comme cela, les Falling In Reverse me rappellent tour-à-tour les Good Charlotte ou les Fall Out Boy dans leurs pires moments. Un retour à la pesanteur un peu difficile mais qui n'entrave en rien le bon déroulement de l'écoute et l'agréable sensation générale. Un enseignement cependant : il n'est pas indispensable de vous procurer l'édition deluxe de l'album. Deux des titres présentés ci-dessus y figurent en bonus.



Prise indépendamment, chacune des pistes de ce Coming Home ne peut rivaliser avec les les grands titres qui ont fait la carrière de Falling In Reverse jusqu'ici comme « The Drug In Me Is You » « Alone » ou encore « Chemical Prisoner ». Mais dans son homogénéité, sa cohérence, son incroyable potentiel mélodique, l'album occupe une place à part dans la discographie du groupe. Exit l'approche fourre-tout et alambiquée jadis chère à la formation, celle-ci propulse dans les airs et dans les étoiles une mouture beaucoup plus accomplie et pondérée. Falling In Reverse s'offre pour de bon le statut de « career band » et Ronnie Radke est un Artiste décidément imprévisible. Cosmique !



Texte : Kevin (kevin@allglorious.com)
Visuels : Falling In Reverse

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