dimanche 19 mars 2017

ALADIN 135, RÊVE BLEU INDIGO

Mon expédition dans le monde du rap français nouveau se poursuit. Un laptop, une connexion, un casque... Me voilà paré pour l'aventure. Inlassablement je m'évertue à réconcilier les trentenaires comme moi, qui pleurent la disparition de l'âge d'or du rap hexagonal, avec les emcees qui font les beaux jours du registre aujourd'hui. Et s'il s'est écoulé plusieurs semaines depuis la publication de mon dernier article consacré à Django, c'est qu'il me fallait vous dénicher un Artiste digne d'être présenté à vos oreilles. Cet Artiste, c'est Aladin 135, rappeur membre du collectif parisien Panama Bende...

Il y a tout juste quelques mois, je découvrais un morceau de Panama Bende, au hasard de mes clics sur la toile. Fort logiquement et poussé par la curiosité, je suis parvenu jusqu'à Aladin 135. Et, jouons franc-jeu, j'ai d'abord eu l'oreille déstabilisée par le rap qu'il propose. J'ai été surpris par l'impulsivité de son flow, sa texture parfois immatérielle et maquillée d'autotune. Mais je me félicite aujourd'hui d'avoir persisté dans l'écoute. Car ce que j'ai pris pour de l'impulsivité ressemble davantage à de la spontanéité, celle d'un freestyler que l'exercice semble enivrer plus que le passage au studio. Il n'est pas nécessaire que je vous cite les rappeurs qui me sont venus à l'esprit lors de la session d'écoute, français ou internationaux, ces comparaisons ne serviraient ni mon propos ni l'Artiste.



Les prods utilisées sont variées, propres et cohérentes avec l'esprit des morceaux. Textuellement, Aladin 135 possède un trousseau de thématiques qu'il kicke avec verve et maturité en dépit de son jeune âge et de son apparente nonchalance. La Rue, Paris, l'Amour, l'Amitié, un peu d'Egotrip... Un rap de « Gosse » avec une énergie adulte, rêveur mais pragmatique, romantique mais offensif. Des sujets qui ont du sens et qui forceront l'identification chez ses aficionados. Il est bien possible que certains codes, certaines références propres à cette génération m'aient échappé lors de l'écoute, je n'ai pas honte de le dire. Eh oui, je suis de l'époque Doc Gyneco, Minister Amer... Excusez-moi ! Quoi qu'il en soit, je vous laisse ça et là quelques morceaux clippés pour illustrer cette présentation. Mention spéciale au titre « Indigo » qui est, à mon sens, l'un des titres forts en rap français de ce début d'année. Puissant dans le rythme, puissant dans les mots, un refrain presque mélodique, les amis de Panama Bende sont venus en renfort sur ce titre.



J'ai bien lu, ici et ailleurs, quelques interviews du personnage mais je n'ai pas fureté plus que de raison dans la biographie du garçon, je ne cherche pas à écrire un bouquin, mais à livrer mon ressenti sur un Artiste, une Œuvre, avec le plus de spontanéité possible. Et je pense que des titres comme « New York », « Reflet », « Money » ou « Bonnie And Clyde » sont susceptibles de plaire à un public plus large dans l'âge. Le style porté par Aladin 135 semble plus ouvert, plus intemporel et plus respectueux de ses aînés que le style trap trop clivant. De toute façon, sur Allglorious, nous soumettons généralement à l'analyse des Œuvres ou des Artistes que nous apprécions ou qui retiennent positivement notre attention. Pour vous en rendre compte, je vous invite donc à vous procurer la mixtape Indigo disponible depuis quelques semaines, enregistrée et mixée au Grandevillestudio.



S'il semble encore difficile de rivaliser avec les américains en la matière, c'est indéniable : quelque chose se passe dans le paysage rap FR en ce moment. Avec des jeunes loups comme Aladin 135 ou encore Django, le registre s'offre un gros bain de fraîcheur et amorce une mue qui réhabilite sa réputation et sa crédibilité. Une métamorphose que les ambassadeurs de trap à la française n'auront pas réussi à compléter, trop appliqués à dupliquer les schémas musicaux de leurs mentors, cherchant le single plus que le classique ou que le plaisir de composer et de kicker.



Texte : Kevin (kevin@allglorious.com)
Visuels : Aladin 135

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