dimanche 25 décembre 2016

2016, DJANGO S’ÉVEILLE...

Nekfeu, Seth Gueko, Damso, Sneazzy… Les bonnes productions rap « francophone » sont légion en cette fin d’année. Mais s’il y en a un qui attire mon attention ces dernières semaines, c’est bien Django (terme romani signifiant « je m'éveille », merci Wikipedia) aka Billy Cocaine. Difficile d’en savoir un peu plus sur le garçon. D’où vient-il, où va-t-il, quelles sont ses influences, ses aspirations ? La toile semble avare d’informations en ce qui le concerne même si ses clips affichent déjà plusieurs millions de vues sur Youtube. Nous vous proposons de tendre une oreille pendant que nous décryptons un peu le phénomène...

Comment j’ai découvert Django ? Youtube. Qu’est ce qui a attiré ma curiosité ? Une vidéo intitulée, ou plutôt un intitulé de vidéo : « Django, copie de Nekfeu ? » postée il y a quelques semaines. Sans regarder ladite vidéo et céder aux sirènes racoleuses de son titre, j’ai de suite sollicité la barre de recherche afin d’écouter quelques sons du bonhomme. Plutôt fan du travail de Nekfeu, il fallait que j’en sache un peu plus. Et je vous avoue avoir été scotché rapidement par cette séance de « Binge Listening », notamment par le titre « Fichu », premier titre découvert et aussi celui que je préfère.



L’arme la plus redoutable de Django ? La référence. Références cinématographiques, littéraires, clins d’œil aux univers Manga, Comics, à la culture pop en générale, à la mythologie. Les lignes de Django sont autant d’étagères pleines de figurines, de murs maquillés de posters. Chaque aller-retour sur un couplet est une sortie chez Cultura et personnellement, je suis assez friand de ce type de promenades. Laissez-moi vous citer comme ça, pêle-mêle : Crows Zéro, Dragon Ball, Training Day, Watchmen, Maneki-Neko, Achille, Taxi Driver, Kurt Cobain, Stanley Kubrick, Jim Carrey, Norman Bates, Alfred Hitchcock…



Dans l’arsenal de Django également : sa diction. Beaucoup le compare à Nekfeu pour ce - haut - débit sans failles strié d’assonances et d’allitérations. Pour être honnête, la comparaison m’a effleuré. Effleuré seulement car, au bout de quelques écoutes, les similitudes se taisent et chacun laisse parler sa singularité. Après, effectivement, les deux rappeurs ont en commun cette musicalité qui dépasse la simple rime, cette syntaxe mitraillette, cette affection pour la figure de style et les références pop.



Django montre parfois un visage un peu plus flegmatique mais il reste efficace. C’est le cas sur le track « Impala 1967 ». En toute franchise, ce n’est pas le titre que je préfère, il y a moins de pêche et d’urgence dans l’élocution, moins d’images dans le texte, mais son caractère très impassible et nonchalant accroche. A quel public s’adresse Django ? Difficile à dire. Le trentenaire que je suis y trouve son compte, c’est évident. Outre le produit sonore proposé, l’image est accrocheuse. Une symbolique white-trash, je-m’en-fichiste qui n’est pas pour me déplaire, en décalage parfois avec la technicité affichée, un faciès qui n’est pas sans rappeler Nekfeu ou SCH. Django multiplie les costumes et les masques avec une certaine aisance et toujours avec style. Une panoplie très complète.



Ma conclusion est une invitation à découvrir les quelques titres dévoilés par l’Artiste sur la toile, à commencer par les clips postés dans l'article. Certains sont disponibles sur Soundcloud. « Oiseaux », dernier morceau en date, est disponible ci-dessous. La liste des tracks à disposition n’est pas très longue mais chaque production a été bossée, poncée, certaines clippées. Il se dégage un véritable savoir-faire de cette autoproduction manifeste et Django possède une forte empreinte vocale et textuelle qui le singularise. Nul ne sait ce que le rappeur nous réserve pour 2017, s’il va continuer à nous livrer ses morceaux dans l’ombre ou s’il nous sortira une mixtape en bonne et due forme comme annoncé il y a quelques mois. Ce qui est certain, c’est qu’il fait partie des personnages à suivre de près.

On joue les prolongations avec le dernier Django « Oiseaux », et les quelques vidéos rap francophone fraîchement débarquées sur la toile. Au menu, du A2H avec « On charbonne », titre extrait de la Winter Tape « Le hommes pleurent en hiver ». Le clip a été réalisé par mon frangin Pierrick Dufrenoy et JP Charlebois. Du Seth Gueko avec « Lucille 2 », track d'introduction de son dernier album Barlou, du SCH avec « 6.45i », Mac Tyer avec « Bobo » et du Seven, pour revenir un peu en Belgique.



Texte : Kevin (kevin@allglorious.com)
Visuels : Django

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