samedi 28 avril 2012

INTERVIEW :
ENTRETIEN AVEC GRAND CENTRAL

Il y a peu, je vous donnais mon avis sur l’EP 01 de Grand Central via les amis d’Alltherage TV. Comme toujours, j’ai voulu en savoir un peu plus sur cette nouvelle, mais expérimentée, entité que les médias spé ont encensés, tout comme je l’ai fait. Clément, chanteur de la formation, revient pour Allglorious sur la création du groupe, sur le soutien apporté par les médias hexagonaux, sur les échéances à venir pour la formation originaire de l’Essonne ou encore sur l’accueil réservé à cette première mouture. Un entretien à partager, comme toujours, pour fédérer un peu plus cette scène française en pleine ébullition...

Peux-tu présenter Grand Central pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas ?
Grand Central est un groupe de rock qui a vu le jour mi-2010 et qui est né des cendres de 2 autres groupes dans lesquels on jouait. Après que nos précédentes formations aient splitté, on a voulu faire table rase de ce que l'on avait pu faire avant, et revenir à quelque chose de plus frontal. D'où ce groupe qui tutoie hardcore, punk, metal, rock'n'roll, stoner, etc.

Un mot sur ce choix de nom de groupe, sur l'artwork de « 01 » ainsi que sur le choix de ce titre pour l'album ?
Pour le nom du groupe, rien de bien exotique à raconter... Si ce n'est qu'on a tous proposé une liste et qu'on a retenu celui qui a fait l'unanimité et qui sonnait le mieux à nos oreilles. Pour l'artwork, on voulait quelque chose de simple et d'élégant, tout en conservant un esprit rock. Et vu que les années 50 ne sont jamais passées de mode, on a plongé tout droit. Le titre « 01 » est apparu évident une fois qu'on s'était tordu le cerveau à en chercher un représentatif mais qui au final ne convenait qu'à moitié. C'est le premier disque qu'on sort, appelons le « 01 ». Et ça reste un Ep. On creusera la suite un peu plus tard, quand viendra l’album.

Quels sont les retours jusqu’ici ? Êtes-vous satisfaits ?
Pour l'instant, beaucoup de positif. On ne va pas te cacher qu'on s'est fait fumer aussi une ou deux fois mais comparativement aux chroniques élogieuses qu'on a reçu, ce n’est pas grand chose. Pour être honnête, on a été vraiment surpris de l'accueil. Ce sont les premiers morceaux qu'on a composé ensemble et on voulait juste les coucher sur disque pour démarcher des dates. On n'était même pas sûr de les sortir vraiment. Donc, dans l'ensemble, on est plutôt contents de ce qui nous arrive et on espère que ça va continuer comme ça.

« 01 » est sorti il y a quelques temps déjà. Avec le recul, changeriez-vous quelque chose si vous deviez réécrire cet EP ?
Vaste question... Clairement, je n'en sais rien. On prendrait certainement plus de temps pour l'enregistrer et le produire un peu plus, bien que le son qui en résulte nous correspond tout de même pas mal. Certains titres mériteraient, peut être, d'être un peu plus arrangés. Mais on se consacrera à ça vraiment sur un format plus long.

Pourriez-vous définir un cadre d’écoute idéal pour votre EP « 01 » ?
Où tu veux quand tu veux ! Dans un bar crasseux avec de la bière tiède et les Hell's Angels de Rungis en train de taper le billard pourrait symboliser les conditions idéales.

Vous décrivez votre musique comme « Punk’n’roll » sur votre fiche Facebook. Après écoute de votre EP, il en ressort qu’il est assez difficile de vous donner une étiquette, et que vos influences semblent aller au-delà des groupes que vous avez cités comme Gallows ou The Ghost of a Thousand…
C'est complètement vrai. Les étiquettes, c'est à double tranchant, ça peut vite te faire rentrer dans une case mais ça peut aider l'auditeur potentiel à se repérer. On a tous formé notre background musical au début des années 90 et les groupes qui nous ont marqué viennent de cette période. Le hardcore de cette époque, le grunge, le metal, le stoner, le desert rock sont les courants qui nous ont influencés pour ce groupe.

Mon titre préféré est Pacific. Une petite anecdote, un petit mot sur la création - signification de ce morceau ?
C'est le premier titre que l'on a composé ensemble, très vite de surcroit. Le riff boogie qui ouvre le morceau a été le déclencheur, tout est venu naturellement derrière. Je crois que je venais de regarder Open Water quand j'ai écrit le texte. Je lui trouvais un côté « éléments déchainés »...

Vivre de sa musique est devenu aujourd'hui de l'ordre du fantasme. Que faîtes-vous dans la vie en dehors de votre activité de groupe ? Est-il simple de concilier la musique et votre vie professionnelle ?
On n’a jamais trop prétendu vouloir faire carrière dans la musique. Si ça se présente, on se jettera dessus mais ça ne paye pas le loyer pour l'instant. On gravite tous autour de la trentaine, certains sont mariés, ont des enfants, donc on concilie les emplois du temps tant bien que mal. Si tu ajoutes à ça les jobs de chacun qui vont de l'aide soignant, au chercheur en écologie, pour passer par la grande distribution, l'ingénierie réseau et le graphisme, ça se complique encore. Mais on s'en sort pas mal et on se démerde pour jouer le plus possible ensemble quand même.

J’ai l’habitude de pointer du doigt le relatif mépris des medias français à l’égard des groupes de l’hexagone qu’on ne cesse de déprécier ou comparer à nos voisins américains. Vous sentez-vous soutenus par les médias référents en matière de rock français ?
Soutenus ? Non, clairement pas. En même temps restons lucides, on débarque à peine, toutes nos preuves restent à faire. Personne ne parie sur nous pour l'instant, peut être que ça arrivera plus tard. Après, on est très fidèles avec les gens avec qui on travaille. On ne copine pas pour se faire mousser ou agripper un plan quelconque. On a des potes dans la « scène », mais on n'a pas cet esprit mafia qui caractérise beaucoup de groupes en ce moment. Peut être qu'on n'a rien compris aussi...

Quelles sont les échéances à venir pour Grand Central en 2012 ?
On espère réussir à faire coïncider nos plannings le plus possible pour finir l'album que l'on compose en ce moment et le mettre en boîte. Essayer de faire un maximum de dates.

Quels sont vos coups de cœur en terme de rock français ces derniers temps ? Selon vous, quels sont les groupes susceptibles de briller à l’international et suivre les traces de Gojira et autres Chunk No Captain Chunk outre-Atlantique ?
Pour ma part, je pense à Hangman's Chair, Stuntman, Year of No Light... Par contre ce ne sera pas aussi « mainstream », même si le terme n'est pas très approprié.

J’ai l’habitude de demander une petite exclusivité aux groupes que j’interroge…
Peut être des premières parties de gros calibres ! Mais vu que rien n'est sûr du tout pour l'instant, on va laisser planer un voile mystérieux...

Je vous laisse le mot de la fin.
Merci beaucoup d'avoir pris le temps de t'intéresser à notre projet. Un grand merci à Benjamin et Valentin, Denis de Hell Vice I Vicious et Nicolas de Side Street Music. Et si vous avez 5 min, jetez une oreille sur notre EP et un œil sur notre clip...

A lire également : chronique de l'EP 01
Merci et bonne continuation à Grand Central.
Page Facebook du groupe.

Interview réalisée par Kevin
Contact : kevin@allglorious.com

Aucun commentaire :