jeudi 19 avril 2012

CHRONIQUE :
TANG - DYNAMITE DRUG DIAMOND

Je les aime bien, moi, ces formations « noisy » qui ne cherchent pas à s'engoncer dans un registre plutôt qu'un autre. Le petit communiqué du groupe, qui accompagne la sortie de ce nouveau Tang intitulé Dynamite Drug Diamond, est d’ailleurs assez explicite sur le sujet : « la musique du combo évoque tour à tour le rock, le post-hardcore, la noise, l’émo originel, le post rock... Sans pour autant coller aux standards ». Si la formation lilloise, riche de ses 15 ans de carrière, tutoie effectivement les dits-registres, toute tentative d’étiquetage devrait rester vaine face à ce que je définirai comme un rock de compétition aussi énergique qu’intense. Tout simplement...

Je vais être honnête avec vous, je ne connaissais pas bien Tang et je suis ravi d’avoir pu réparer cet écueil avec ce nouvel opus que le groupe prépare depuis quelques années. Je vais, probablement, vous sembler brutal dans mes comparaisons, mais, à première écoute, j’ai, de façon successive, pensé à Billy Talent, aux français, depuis longtemps séparés, de Tyler ou encore à Hell Is For Heroes, dans cette façon de rendre corrosif chaque riffs et lignes de basses, ainsi que dans l’excentricité du timbre de voix. « Highway encounter » pose le socle d’un rock intense, aux effluves post-hardcore il est vrai, dans cette maîtrise des ambiances, alternant screams lourds, vociférations plus aigües et harangueuses, puis chant clair, et ce tout au long des 11 pistes qui jalonnent l’écoute. Ma préférence va aux titres « Run and Run and Die », véritable brûlot que la finesse des guitares fait scintiller, et « Hellissandur », plus solennel, plus grave. Ce dernier bénéficie d’une rythmique insistante doublée d’une précision extraordinaire. Quelques effets de dissonances en fin de morceau et l’ajout d’une trompette, donnent à celui-ci un caractère définitivement original et intense.

Citons également l’intense « Lost in prayers », l’auguste « Life of shooting stars » et son phrasé-déclamé, ainsi que le puissant « Roses out of Chaos », ses guitares affutées qui dégringolent comme l’orage et son final plus calme, plus orchestré aussi. J’aurai pu nommer ici chaque titre de l’opus tant l’ensemble forme un tout d’une rare cohérence, chaque note est séduisante de la première à la dernière minute, à souhaiter que ce voyage ne s’arrête jamais. C’est certain, on tient l’un des gros disques de cette année 2012.

Ce Dynamite Drug Diamond ne manque pas d’atouts. Son intensité, son émotion sauvage, sa violente harmonie, m’ont ramené à l’époque des samplers Rock Sound, qui, très souvent et à raison, vantaient les mérites de ce Noisy rock avec Tang, justement, au milieu des Feverish, Monroe est Morte et autres Serafin. En termes d’énergie brut et de nappes mélodiques, je dois avouer ne pas avoir pris une telle claque depuis l’album II des Billy Talent, dans un registre légèrement différent. Tang nous offre, à bien des égards, un disque de haute volée, qui risque de mettre à mal la concurrence autant qu’il transportera son auditoire. Prodigieux.

A lire également : Interview de Tang
Site Officiel du groupe.
Chronique proposée par Kevin
Contact : kevin@allglorious.com

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