mercredi 25 avril 2012

CHRONIQUE :
SKIP THE FOREPLAY - NIGHTLIFE

Après avoir lu et entendu tout et son contraire en termes de critiques et de commentaires concernant les canadiens de Skip The Foreplay, il me paraissait nécessaire de me positionner sur le sujet. La formation, originaire de Montréal et fraîchement débarquée au sein de l’équipe Epitaph, est à l’origine d’un buzz retentissant né de sa reprise du morceau « Champagne Showers » des insupportables LMFAO. Une Cover aussi farfelue que son originale qui a capté l’attention des foules autant qu’elle les a divisé. On aime ou on abhorre, donc, le « techno-pop-métal-core » du sextette, mais il convient de prêter une oreille à ce premier effort intitulé Nightlife avant toutes conclusions hâtives ou préjugés malvenus...

Sans autres préliminaires - notez le trait d’esprit - rentrons dans le vif du sujet. Mais je vous avoue avoir eu du mal à savoir exactement par quel bout attaquer cette analyse tant cet album s’avère être une mélasse d’influences tartinée sur un tranche métalcore peu inspirée. J’autorise même les fans du Suicide Season de Bring Me The Horizon à parler de plagiat, tant le titre « Shots » me fait penser à « Chelsea Smile », entre autres ressemblances troublantes. Les étiquettes se bousculent, donc, pour décrire ce premier effort, allant du « métalcore dubstep » au « clubcore ». On comprend tout de même qu’il s’agit d’un métal à forte consonance électronique. Dès l’introduction « St4p », on pense à Enter Shikari avec ses blasts entrecoupés de boucles dubstep. Futuriste, tendance, mais certainement pas original.

Les titres les plus significatifs de cette galette sont « This City (we’re taking over) » et « Champagne Showers ». Le premier est incontestablement celui qui intègre au mieux les boucles électroniques au socle métal de base. Certaines vocalises me font penser aux vociférations de Rou - Enter Shikari, sans vouloir mélanger torchons et serviettes, et la séquence « rappée » pousse ce titre un peu plus dans l’Entertainment, ce qui n’est pas sans rappeler un certain 3Oh!3. Beaucoup ont parlé de crise d’identité du groupe pour décrire ce pot-pourri d’influences et cette apparente difficulté à trouver une ligne directrice. Je pense, au contraire, que les canadiens savent exactement ou ils vont « We did exactly what we say we gonna do » déclament-ils fièrement. « Champagne Showers » ne m’apparaît pas plus digne d’intérêt que sa version originale, malgré l’ajout d’une séquence dubstep et d’une guitare plus 80’s dans l’esprit.

Je vais essayer d’être synthétique et de ne pas trop m’égarer dans l’analyse. A peu de choses près, la recette reste le même de la première à la dernière minute de ce disque. A signaler que l’étiquette Dubstep est beaucoup moins perceptible qu’annoncée, et ce n’est pas forcément un mal. Les quelques nuances de cet objet se résument à quelques titres plus ou moins orchestrés : « Hangover » joue justement la carte orchestration avec son piano, d’autres sont plus pop et catchy : « DJ » ou « Hawaiian Killer ». « DTK » pousse l’accent métalcore du groupe à l’extrême, lui ajoutant une guitare plus rock’n’roll par la suite et, malheureusement, une boucle techno au rabais tout juste digne d’une ambiance de fête foraine. Un titre aussi efficace que surfait qui ravira les nostalgiques de la vague « myspace-électro-core » et les fans de Breath Carolina ou The Medic Droïd. La production, soignée, du disque booste un peu plus l’écoute et je ne serais pas surpris de retrouver Skip The Foreplay sur les prochains Punk Goes Pop.

Pour résumer, pas un seul titre de ce Nightlife ne m’aura séduit, ce qui fait naturellement de moi un énième « Hater » selon l’expression consacrée par les fans. Plus sérieusement, l’intérêt, ou non, de cette première mouture relève plus d’un certain état d’esprit que de l’adhésion à un registre musical précis : ce ne sont pas les fans de métalcore qui sont ciblés, ici, mais ceux qui aiment fêter et vivre la nuit au sens large de l’expression. Skip The Foreplay, à l’instar d’un Blessed By A Broken Heart, le talent en moins peut-être, mise beaucoup sur l’Entertainment pour justifier son existence et donner une âme à sa musique. En ce qui me concerne, je vais, une fois cette chronique terminée, passer rapidement à autre chose et ranger définitivement le dossier Skip The Foreplay si sa ligne de conduite reste la même. Le succès du groupe risque d’être, en tout cas, très éphémère. Excessivement décevant.

Page Facebook du groupe
Chronique proposée par Kevin
Contact : kevin@allglorious.com

1 commentaire :

Anonyme a dit…

épique!