vendredi 27 avril 2012

CHRONIQUE :
SHURIK'N - TOUS M'APPELLENT SHU

Shurik'n est de retour avec un nouvel opus intitulé Tous m'appellent Shu, près de quatorze ans après le classic et excellent Où je vis. Très déçu par le dernier projet en date de ses collègues Faf Larage et Akhenaton intitulé We Luv New York, je ne pouvais aborder ce retour du rappeur marseillais autrement que sur la défensive. Mais la peur n’évite pas le danger, c’est bien connu et cette méfiance ne m’aura pas mis à l’abri d’une nouvelle déconvenue. Dissimulé sous une pochette de très mauvais goût, ce nouveau Shurik’n n’a définitivement rien de l’Artiste fougueux que vous pouviez connaître. Explications...

Je vais tâcher de tempérer un peu mes sentiments vis-à-vis de ce nouvel effort, Shurik’n est un grand Monsieur du Rap Français que je ne peux déprécier sans avoir quelques remords. Certes, on retrouve un peu de l’esprit IAM ici avec ses éternelles références au Ninja, à Star Wars, et ses répliques issues du septième Art à l’image du titre « Fugitif 2 », mais l’ensemble est bien trop gentillet, trop « sympathique » et manque de mordant, pour être pris au sérieux. Sur « Mon fils », Shurik’n enfile son costume d’éducateur, comme il à l’habitude de la faire, mais le discours a pris de l’âge et le résultat n’est pas encore à la hauteur de mes attentes. A signaler le sympathique « Le Sud », peut-être, pour son côté laidback, une tradition à respecter. « Bombe le torse » est un peu plus musclé et moderne, « Dans le Ciel » est un titre touchant. Le titre eponyme « Tous m'appellent Shu » est à mon sens le meilleur morceau de cette galette.

Parmi les écueils qui plombent véritablement l’intérêt de ce disque : « Tranche de vie » et ses insupportables voix de Chipmunks en arrière-plan, « Comme vous », son feat avec Akhenaton, et son instrumental pauvre et triste comme un pénible reflet de déclin de ces deux emcees. A mon sens le plus mauvais morceau de cette galette. Les refrains des titres « Faut que je m’échappe » et « Vivre » m’apparaissent assez ringard pour ne pas dire complètement mauvais, sur « Tant que le clic » également. Et quand bien même les titres s’avèrent magnifiquement orchestrés : « La même chose », il y a toujours un chorus ou une ligne mélodique pour faire ressurgir ce côté « has been » plutôt amer. Mais arrêtons ici l’hémorragie. J’ai encore quelques reproches dans la besace mais je ne veux aller plus loin.

Malgré quelques instrus bien pensés, qui nous provoquent un petit effet madeleine et nous replongent à la fin des années 90, ce nouveau Shurik’n n’a malheureusement rien du « Classic » attendu. Le emcee marseillais, sans rien enlever à son talent ni à tout ce qu’il a accompli dans sa carrière, me parait complètement émoussé. Un phrasé fatigué, un discours plus convenu et sans réelle verve malgré son engagement et les maximes qui l’illustrent, l’opus aura beaucoup de mal à galvaniser les foules. Fan depuis ma plus tendre enfance de l’Artiste et du Hip Hop en général, je vais devoir chasser cette dernière mouture de mon esprit afin de rester une note positive. Car Tous m’appellent Shu est définitivement l’album que je ne voulais pas entendre.

Chronique proposée par Kevin
Contact : kevin@allglorious.com

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