mercredi 18 avril 2012

CHRONIQUE :
DESTINE - ILLUMINATE

Destine n'est ni une machine de guerre commerciale, ni une troupe d'esthètes. C’est dit. La jeune formation, originaire des Pays-Bas, aura tout juste subit, plus que provoqué, un nano-buzz en 2009 avec la sortie de son premier et sympathique album Lightspeed, s’offrant, pour l’occasion, quelques couvertures au pays ainsi qu’une poignée de papiers dans la presse teenage hexagonale. Deux ans et quelques centaines de milliers de vues sur Youtube plus tard, le combo revient avec un second effort sous le coude intitulé Illuminate. Votre surprise ou votre stupéfaction est légitime : pourquoi Destine ? Pourquoi revenir sur ce groupe à groupie, héros de la Skyblog génération, aussi méprisé qu’un Eskemo ou un Tokio Hotel ? Tout simplement parce qu’il est toujours intéressant, « journalistiquement » et musicalement, de faire un point sur l’itinéraire entamé par ce type de formation, au delà des simples considérations d’ordre capillaire ou mercantile...

Mais attaquons de suite le disque à la gorge : aucun titre ne se détache singulièrement de cet album hormis, peut-être, le single « Stay » avec son petit accent Dance Rock sur le refrain et son faux air du « Critical » des Jonas Brothers. Citons encore « Night Skies », second titre « le moins raté » de cet opus avec ses guitares légères. C’est bien simple : l’ensemble de l’album est une succession de titres tièdes et le groupe s’acharne à ériger le « simpliste » en moteur épuisé de cet opus. Des morceaux comme « Four Leaf Clover » ou « Unbreakable », dotés, pourtant, d’un socle de travail intéressant, peinent à décoller et ne pourraient devoir leur salut qu’à une diffusion en radio ou dans une énième comédie estivale teenage. Pourquoi ne pas avoir poussé le chœur final de « Unbreakable » un peu plus loin et y ajouter du gang vocal par exemple ? Eh oui ! Tant qu’à nous offrir un Pop Punk formaté et entendu des milliers de fois, autant accrocher le wagon easycore tendance du moment pour donner un peu de relief aux compos. Et quand Destine nous soumet quelques orchestrations, c’est encore pire. « All the People » nous jette à la figure des influences Coldplay mal digérées, très proche du Disney Rock. Mais, là encore, je préfère un millions de fois m’écouter le dernier Demi Lovato que de me repasser ce disque.

Destine peut ouvrir grands les yeux et regarder à l’horizon, il ne devrait y voir ni succès d’estime, ni triomphe commercial. Coincé jusqu’à la crampe entre pop-punk et pop façon Disney, Illuminate se « distingue » par une tiédeur presque arrogante et pourrait être la toute dernière signature du combo que ça ne m’étonnerait pas. Il faut dire que c’est tout sauf une surprise venant d’un groupe qui enquille les chiffres de ventes sur sa biographie, mais qui ne mentionne, à aucun moment, l’unité et l’amitié comme liant majeur entre ses membres. Ceux qui se sont infligés le dernier All Time Low auront probablement ce sentiment de déjà-entendu et la même amertume dans les oreilles, ceux qui connaissent Destine constateront qu’il n’y a eu aucune évolution depuis Lightspeed. Tous les autres reconnaîtront, sans l’ombre d’un doute, qu’Illuminate est l’un des pires disques de ce début d’année. Et, croyez moi, je ne cherche pas à être cinglant par plaisir. Au suivant.

Lire également : chronique de Destine - Lightspeed Chronique proposée par Kevin
Contact : kevin@allglorious.com

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