
C’est peu dire qu’on attendait le retour des surdoués de Yellowcard, la formation pop-punk s’étant mise en sommeil depuis quelques mois. Et ce When You’re through thinking, Say yes puisque c’est le nom de l’album, ne devrait ni désorienter ni décevoir les fans du combo. Si le disque ne comporte pas autant de tubes que ses prédécesseurs, il s’avère tout de même bien ficelé et très estival pour le coup. Je pense ne pas me tromper en affirmant que ce nouvel opus est une véritable madeleine de Proust et qu’il fera très probablement ressurgir, chez ceux qui l’écoutent, une quantité d’images et de sensations relatives à leur adolescence, comme c’est le cas pour moi ! Dans le fond la recette reste la même : de belles plages pop-punk bien catchy sur lesquelles serpente ce violon si puissant qui caractérise chacune des compos de Yellowcard. A mon sens, le meilleur morceau de cette galette reste « For you and your denial » taillé comme un single. Le chant juvénile à la Simple Plan du frontman fait mouche, que ce soit sur le délicieux « Hide » et son côté ensoleillé et insouciant à la New Found Glory, ou sur l’ascendant « The Sound of you and me » et sa rapidité d’éxécution. Qu’il sorte les gros bras sur « Life of leaving Home » et son gros riff d’entrée ou sur « See me smiling », ou bien qu’il baisse d’un ton sur « Sing for me » ou le très beau « Hang you up » et son chant à la Plain White T’s, Yellowcard parvient à donner un peu de magie à chacune de ses chansons. « Be the Young » clos cette écoute avec brio grâce à son refrain classique mais très accrocheur.
Si je n’ai pas retrouvé le Yellowcard de « Only One » et surtout de « Gift and Curses » qui est le titre que je préfère - « I see your face with every punch I take, and every bone I break, it's all for you. And my worst pains are words I cannot say, still I will always fight on for you… » Magnifique ! - cet album m’aura tout de même séduit par son efficacité, sa fraîcheur et son aura tout simplement. Du très bon travail.
Yellowcard - When you're through thinking...
http://yellowcardrock.com
La garde meurt mais ne se rend pas. Certes la célèbre maxime de Cambronne demeure inscrite dans le sang des grands Faf Larage et Akhenaton mais les assauts du temps ont dérobé la poudre des canons. La garde est toujours là, son Histoire cousue de fil d’or sur les drapeaux, mais elle avance désormais fleur au fusil. We luv New York est donc le dernier projet en date des deux marseillais qui, la quarantaine fraîchement débarquée, décident de déclarer en musique leur flamme à la Grosse Pomme. Sur cet opus, pas moins de 17 chansons. Un album trop long à mon goût qui aurait gagné en qualité s’il ne s’était pas autant lesté de titres dispensables. Paradoxalement, les gros ratés de cet album sont les morceaux qui ont bénéficié d’une mise en avant spécifique. « On rêvait New York » ressemble à une version Hard Discount de « Empire State Of Mind » de Jay-Z. Le titre s’offre pourtant un départ tonitruant : violons intenses et sirènes de polices dehors mais son refrain est un véritable massacre avec une partie chantée à la limite du supportable. Une mauvaise blague qui ferait passer Amel Bent pour une Diva. « Euh » porte à merveille son titre tant son objectif est abstrait et me laisse dubitatif. Chacun des deux rappeurs connaît ses temps forts et ses temps faibles mais aucun des deux MC ne brillent sur ces vitrines de l’album. Sur « Je danse pas » j’ai l’impression de retrouver le véritable Akhenaton, celui d’il y a quelques années, qui chantait sur « le monde est à moi » de Passi. Sur ce titre le marseillais semble enfin se balader en slip comme à la maison. Sur « Le sens du mot flow » le duo condamne l’autotune et pointe du doigt les codes du rap moderne. Un hymne au rap conscient qui risque de finir en coup d’épée dans l’eau tant les amateurs de hip hop manquent aujourd’hui de lettres. Le temps des figures de style est révolu, voici l’âge d’or de la punchline et la rime est pauvre contrairement à ceux qui l’interprètent. En parlant de punchline, le duo s’y essai sur « t’es ou » sans grand succès. Fort heureusement, quelques titres inspirés viennent ça et là rehausser un peu le niveau général à grands renforts de beats très 90’s - « We luv New York » ou encore « This is it » - et quelques samples de soul opportuns.
« Hors normes, je m’en fous si je suis pas dans le coup ». Effectivement, Akhenaton et Faf Larage devraient avoir du mal à toucher une fanbase jeune avec ce We luv New York qui ne répond pas aux attentes du public rap d’aujourd’hui. Je ne donne pas cher non plus de leurs chances auprès d’une plus haute génération. Culturellement et passé un certain âge, écouter du rap en France relève - à tort et aux yeux du grand public - du syndrome de Peter Pan. Des qualités, cet opus en a, c’est incontestable ! Mais l’ombre du « hasbeenisme » plane malgré tout au dessus de ces deux têtes pensantes. Il faut dire que le duo n’est s’est pas non plus facilité la tâche en choisissant de mettre en avant les plus mauvais titres de ce disque pour sa phase de promotion. Il en ressort une copie honnête mais pas véritablement un gage de succès.
Akhenaton, Faf Larage - We luv New York
http://akh.me-label.com/store

































