lundi 28 mars 2011

LES CHRONIQUES EN VRAC

C’est peu dire qu’on attendait le retour des surdoués de Yellowcard, la formation pop-punk s’étant mise en sommeil depuis quelques mois. Et ce When You’re through thinking, Say yes puisque c’est le nom de l’album, ne devrait ni désorienter ni décevoir les fans du combo. Si le disque ne comporte pas autant de tubes que ses prédécesseurs, il s’avère tout de même bien ficelé et très estival pour le coup. Je pense ne pas me tromper en affirmant que ce nouvel opus est une véritable madeleine de Proust et qu’il fera très probablement ressurgir, chez ceux qui l’écoutent, une quantité d’images et de sensations relatives à leur adolescence, comme c’est le cas pour moi ! Dans le fond la recette reste la même : de belles plages pop-punk bien catchy sur lesquelles serpente ce violon si puissant qui caractérise chacune des compos de Yellowcard. A mon sens, le meilleur morceau de cette galette reste « For you and your denial » taillé comme un single. Le chant juvénile à la Simple Plan du frontman fait mouche, que ce soit sur le délicieux « Hide » et son côté ensoleillé et insouciant à la New Found Glory, ou sur l’ascendant « The Sound of you and me » et sa rapidité d’éxécution. Qu’il sorte les gros bras sur « Life of leaving Home » et son gros riff d’entrée ou sur « See me smiling », ou bien qu’il baisse d’un ton sur « Sing for me » ou le très beau « Hang you up » et son chant à la Plain White T’s, Yellowcard parvient à donner un peu de magie à chacune de ses chansons. « Be the Young » clos cette écoute avec brio grâce à son refrain classique mais très accrocheur.
Si je n’ai pas retrouvé le Yellowcard de « Only One » et surtout de « Gift and Curses » qui est le titre que je préfère - « I see your face with every punch I take, and every bone I break, it's all for you. And my worst pains are words I cannot say, still I will always fight on for you… » Magnifique ! - cet album m’aura tout de même séduit par son efficacité, sa fraîcheur et son aura tout simplement. Du très bon travail.

Yellowcard - When you're through thinking...
http://yellowcardrock.com

La garde meurt mais ne se rend pas. Certes la célèbre maxime de Cambronne demeure inscrite dans le sang des grands Faf Larage et Akhenaton mais les assauts du temps ont dérobé la poudre des canons. La garde est toujours là, son Histoire cousue de fil d’or sur les drapeaux, mais elle avance désormais fleur au fusil. We luv New York est donc le dernier projet en date des deux marseillais qui, la quarantaine fraîchement débarquée, décident de déclarer en musique leur flamme à la Grosse Pomme. Sur cet opus, pas moins de 17 chansons. Un album trop long à mon goût qui aurait gagné en qualité s’il ne s’était pas autant lesté de titres dispensables. Paradoxalement, les gros ratés de cet album sont les morceaux qui ont bénéficié d’une mise en avant spécifique. « On rêvait New York » ressemble à une version Hard Discount de « Empire State Of Mind » de Jay-Z. Le titre s’offre pourtant un départ tonitruant : violons intenses et sirènes de polices dehors mais son refrain est un véritable massacre avec une partie chantée à la limite du supportable. Une mauvaise blague qui ferait passer Amel Bent pour une Diva. « Euh » porte à merveille son titre tant son objectif est abstrait et me laisse dubitatif. Chacun des deux rappeurs connaît ses temps forts et ses temps faibles mais aucun des deux MC ne brillent sur ces vitrines de l’album. Sur « Je danse pas » j’ai l’impression de retrouver le véritable Akhenaton, celui d’il y a quelques années, qui chantait sur « le monde est à moi » de Passi. Sur ce titre le marseillais semble enfin se balader en slip comme à la maison. Sur « Le sens du mot flow » le duo condamne l’autotune et pointe du doigt les codes du rap moderne. Un hymne au rap conscient qui risque de finir en coup d’épée dans l’eau tant les amateurs de hip hop manquent aujourd’hui de lettres. Le temps des figures de style est révolu, voici l’âge d’or de la punchline et la rime est pauvre contrairement à ceux qui l’interprètent. En parlant de punchline, le duo s’y essai sur « t’es ou » sans grand succès. Fort heureusement, quelques titres inspirés viennent ça et là rehausser un peu le niveau général à grands renforts de beats très 90’s - « We luv New York » ou encore « This is it » - et quelques samples de soul opportuns.

« Hors normes, je m’en fous si je suis pas dans le coup ». Effectivement, Akhenaton et Faf Larage devraient avoir du mal à toucher une fanbase jeune avec ce We luv New York qui ne répond pas aux attentes du public rap d’aujourd’hui. Je ne donne pas cher non plus de leurs chances auprès d’une plus haute génération. Culturellement et passé un certain âge, écouter du rap en France relève - à tort et aux yeux du grand public - du syndrome de Peter Pan. Des qualités, cet opus en a, c’est incontestable ! Mais l’ombre du « hasbeenisme » plane malgré tout au dessus de ces deux têtes pensantes. Il faut dire que le duo n’est s’est pas non plus facilité la tâche en choisissant de mettre en avant les plus mauvais titres de ce disque pour sa phase de promotion. Il en ressort une copie honnête mais pas véritablement un gage de succès.

Akhenaton, Faf Larage - We luv New York
http://akh.me-label.com/store

CHRONIQUE :
WIZ KHALIFA, ROLLING PAPERS

Si toutes les oreilles semblent rivées sur la sortie imminente du très attendu Detox de Dr Dre, l’incontestable challenger de cette année 2011 se nomme Wiz Khalifa. Rolling Papers, puisqu’ainsi s’intitule l’album du rappeur de Pittsburgh, lève un peu plus le rideau sur celui qui monopolise les médias et les cœurs depuis quelques mois. Argent, réussite, fêtes, filles mais également discipline, celui qui s’impose déjà comme un personnage se livre sans artifices dans cet effort à l’artwork enfumé et magnifique. Séduit par chacun des titres proposés avant la sortie de l’opus, il me tardait d’avoir enfin le disque entre les pinces. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’achat se justifie sans peine. Analyse d’une œuvre qui, c’est certain, fera date dans la carrière de l’Artiste et dans l’édification d’un rap nouvelle école crédible aux yeux des puristes et des esthètes.

L’écoute débute avec « When I’m gone » qui s’impose rapidement comme un titre fort grâce à son assemblage de pianos et violons ainsi que sa section rythmique accrocheuse. Wiz Khalifa nous cause Billets, se faisant le serment de ne rien emporter dans la tombe et de s’offrir la vie que son succès lui autorise. Une entrée en matière authentique et tonitruante qui laisse place à « On my Level ». Ce morceau, dévoilé il y a quelques semaines déjà, s’il n’offre rien de très transcendant, se révèle être un bon titre fortement influencé Dirty South. Too Short rejoins Wiz sur cette nappe relevée en basse à la Jim Jones. Que dire de « Black and Yellow », hymne hip hop aux couleurs de l’équipe des Steelers de Pittsburgh ? Un titre au beat ultra-puissant et ravageur qui devrait ravir les amateurs d’un hip hop moderne comme ceux d’un rap plus laidback. Le morceau, déjà repris et remixé plus d’une vingtaine de fois, peut s’enorgueillir d’avoir récolté les louanges de Snoop Dogg ou encore Game. Le très relax « Roll Up » déboule dans la foulée et clos cette premier partie du disque avec panache. Un tube presque estival sublimé par un beat accrocheur qui sied parfaitement au phrasé nonchalant de l’Artiste.

« Hopes and Dream » verse un peu plus dans la sobriété et si la production n’était pas aussi léchée et son approche si moderne, on jurerait presque sentir un peu de Compton’s most wanted là-dedans. On retrouve Stargate aux manettes sur « Wake up », la petite sœur de « Roll up », la recette étant sensiblement la même. Sur une note toujours très laidback, l’écoute se poursuit avec « The Race ». Un titre à l’instru plutôt souple et relaxante mais qui manque un peu de cachet. Nous nous trouvons dans le ventre mou du disque, la séance d’écoute devient quelque peu répétitive avec un « Star of the Show » qui ne restera pas dans les mémoires. Le réveil est sonné par « No Sleep » : un autre tube en puissance. Traitez-moi de fou mais le refrain de ce titre est si catchy et si ensoleillé qu’il ferait presque penser à du Blink 182 ! « Party all day ! Party all night ! Let’s party all right ! », Wiz Khalifa s’impose comme un entertainer affranchi de toutes contraintes qu’elles soient marketing ou underground.

« Le disque touche à sa fin mais le rappeur n’en a pas terminé avec les surprises. « Get your shit » persiste sur cette voie « new school » empruntée par l’Artiste. Encore une fois l’instru est soignée et les nappes se superposent avec harmonie : guitare sèche en background, section rythmique et sonorités très « southern rap », l’ensemble restant très homogène et consistant. « Top floor » ne retient pas vraiment mon attention, le beat est presque trop léger voir insupportable par moment si vous restez focalisé sur ce gimmick vocal à la Lil Wayne en arrière plan. Cinquième titre produit par E-Dan sur la galette « Fly solo » séduit par son virage presque rock sur lequel Wiz Khalifa semble très à l’aise. Le chant de l’Artiste est maîtrisé, intense, et sa plume habile et franche. Une réussite ! Currensy vient prêter main forte à notre rookie de luxe sur « Rooftops » et la production est, une nouvelle fois, signée E-Dan, décidément très présent sur l’opus mais aussi très appliqué. L’opus se termine sur « Cameras » et son beat très new school. Un titre séduisant mais textuellement un peu cliché dans son approche de la célébrité et de la réussite. Malgré tout, le morceau prend aux tripes et ne nous lâche pas, rappelant au passage le « Superstar » de Lupe Fiasco.

Dépeint comme un rappeur appliqué, ouvert, new school mais soucieux de respecter le rap de ses aînés ; Wiz Khalifa ne fera pas mentir tous ceux qui l’encensent avec ce Rolling Papers. Ce Self Made Man bourré de talent accouche d’un opus colossal qui sait et saura se faire aimer des médias sans trahir les racines profondes du hip hop. Si chaque titre de cette galette est pensé comme un hit radio, et notamment les mémorables « Black and Yellow » ou « No Sleep », les morceaux du rappeur multiplient les références au Dirty South ou au rap westcoast. Il est de fait que la ville de Pittsburgh est souvent marginalisée de part sa position géographique et peine à endurer la comparaison avec la Grosse Pomme ou Los Angeles en matière d’histoire du rap. Un désavantage vite compensé par l’adresse du MC qui aura su tirer l’essence de chaque flanc pour parvenir à réaliser un disque cohérent, intelligent et marquant. Il n’y a que le temps qui pourra définitivement installer Wiz Khalifa parmi les Grands mais à défaut d’être, pour le moment, un classic ; ce Rolling Papers s’avère tout simplement indispensable.

Wiz Khalifa - Rolling Papers
http://www.myspace.com/wizkhalifa

dimanche 27 mars 2011

CHRONIQUE :
SUM41 - SCREAMING BLOODY MURDER

Mon intérêt tout particulier pour Sum41 s’est arrêté le jour de la sortie de l’insipide Underclass Hero. S’en est suivi une opération marketing discutable avec la sortie de deux best of consécutifs ainsi qu’une série de concerts panifiés-reportés-annulés sur le sol français franchement agaçante, qui fit rompre le mince fil qui m’attachait encore à la formation canadienne. Résigné à digérer cette disparition programmée du groupe, je ne prêtais qu’une oreille distraite aux premiers extraits de Screaming Bloody Murder balancés sur la toile. Aujourd’hui je me décide à éponger la dette du groupe et c’est avec une certaine méfiance tout de même que j’accepte de donner une seconde chance à Deryck Whibley and Co. Analyse de ce nouvel et sixième opus qui, espérons-le, parviendra à réveiller les braises laissées pour morte après l’excellent Chuck.

Le disque débute tambour battant avec « Reason to believe », ses gros riffs de guitare et sa section rythmique aussi lourde que chirurgicale. L’opération rachat est amorcée et le titre relance le flanc métal du groupe là où il l’avait laissé : sur l’album Chuck. A l’instar d’un « We’re all to blame », la formation appuie brutalement sur la pédale de frein pour laisser place au chant éploré d’un Deryck Whibley, décidément marqué par sa rupture avec la turbulente Avril Lavigne. Textuellement les traces de cet évènement sont on ne peut plus palpables sur la plume du frontman. « Screaming Bloody Murder » dévoile les progrès au chant de celui-ci. Une courte introduction au chant qui laisse place à plus de puissance et surtout à une vitesse d’éxécution très Punk. Steve Jocz semble véritablement en forme et il y a longtemps que je n’avais pas entendu Sum41 à ce niveau ! « Skumfuk » est un peu plus brouillon, un titre sympathique sans être très accrocheur. Un petit côté « Over my head » intéressant ainsi qu’un fort penchant My Chemical Romance dans le chant voir Matthew Bellamy sur le final. « Time for you to go » prend un petit virage pop rock épuré que l’on retrouve sur « What am I to say » et ses guitares très teenage. Un véritable titre de B.O. « Jessica Kill » est plus lourd, le chant lointain et grave, et l’accent Does this look infected est très présent. A mi-morceau s’insère une partie de batterie diabolique.

Sur le très appliqué « Holy images of lies », Deryck emprunte sa technique vocale à Brian Molko. Si le titre possède une certaine intensité, c’est un peu le foutoir qui règne ce sur morceau au final audacieux mais un brin hyperbolique. « Sick of Everyone » possède une intro intéressante, très Jazzy à la Panic ! At The Disco. Quelques petites notes sympathiques à la « Wouldn’t believe it » des Get Up Kids viennent donner un peu de charme à ce morceau gâché par son refrain. Sum41 a les défauts de ses qualités : désireux de sonner fort, le groupe se noie parfois dans l’énergie qu’il déploie. « Happiness machine » débute sur une grosse nappe néo-métal qui me rappelle un peu le groupe Halo. Le titre évolue, une fois de plus, tout en nuances avec des séquences de chant clair poussées et terriblement bien exécutées. La fin du morceau fait réapparaître le spectre de Does this look infected et notamment « Thanks for nothing ». « Crash » s’est peut-être vu trop intense mais manque de caractère dans son registre down-tempo à la « Let it be ». Le ressenti final n’atteindra pas l’effet probablement escompté par le combo. « Blood in my Eyes » sonne comme un titre punk et est une nouvelle fois trahi par son refrain, mais rehaussé par son finish métal très proche de Chuck. « Baby you don’t wanna know » est un très bon morceau et un potentiel single. Mais ce titre manque un peu de caractère malgré son côté Green Day et sa ressemblance avec « All messed up ». Le disque s’achève avec deux titres dispensables « Back where I belong » et un « Exit song » bien plus ennuyeux que poignant.

C’est le moment du bilan. Donner un avis sur ce nouvel opus des Sum41 c’est un peu faire son choix entre le verre à moitié vide et à moitié plein. En ce qui me concerne je choisirais la seconde proposition. Premièrement parce que je n’attendais rien de ce nouvel opus et qu’il m’a plutôt surpris. Ensuite parce que malgré ses défauts, cette galette respire le travail et la sueur. Screaming Bloody Murder est une très bonne suite à Chuck et fait oublier l’échec Underclass Hero. Le disque révèle un groupe sage, appliqué et surtout un Deryck Whibley déprimé mais Chanteur. L’agencement des parties métal, punk et plus douces est parfois maladroit et rend difficile l’émergence d’un titre parmi les autres. Mais positivons et disons qu’il n’y a pas plus d’un titre ou deux à jeter. Une renaissance sans feux d’artifices mais un retour gagnant tout de même.

Sum41 - Screaming Bloody Murder
http://sbm.sum41.com

L'ACTU ONLY TALENT PRODUCTIONS

Il y aura du lourd au Bus Palladium le 24 Avril sous la houlette d’Only Talent Productions puisque l’endroit accueillera, à partir de 18h30, une scène punk hardcore et métal composée des formations Comeback Kid, The Ghost Inside, Kverlertak, Grave Maker et Social Suicide. Amateurs de mosh parts endiablés, sachez qu’une autre affiche devrait vous convenir le 8 Mai prochain puisque c’est la date du Mosh Lives Fest avec, entre autres, Emmure ou Winds of Plague. Informations et réservations sont dès à présent disponibles sur le site. L’occasion est belle pour se refaire quelques vidéos récentes et croustillantes et notamment « Because of All » extrait de Symptoms + Cures de Comeback Kid et « Solar Flare Homicide » de Emmure, les deux poulains de l’écurie Victory Records.





Only Talent Productions
http://www.onlytalentproductions.com

jeudi 24 mars 2011

ACTUALITE :
SEFYU, UN RETOUR ET DES QUESTIONS

Cette fois l’information semble officielle, Sefyu sera de retour le 6 Juin avec son nouvel opus Oui je le suis. Un retour tardif et plusieurs reports successifs qui ne manqueront pas d’alimenter la polémique : Sefyu a-t-il fait volte face suite à l’accueil catastrophique de ses titres « Undercov » et « Allumeur de mèches ? ». Une hypothèse on ne peut plus crédible compte tenu de la discrétion du rappeur depuis près de huit mois. Initialement prévu pour fin septembre 2010, le successeur de « Suis-je le gardien de mon frère » s’est, en effet, consécutivement fait désirer puis oublier. Sévèrement critiqué pour ses textes puérils, grammaticalement et lexicalement instables, ainsi que ses onomatopées rébarbatives et auto-caricaturales, l’ex vainqueur de la catégorie musique urbaine aux victoires de la musique est rapidement devenu l’ennemi des amateurs de rap conscient comme des aficionados de rap hardcore. Icône de la rue et personnage respecté du rap game après les succès de « Senegalo Ruskov » ou « Molotov 4 », Sefyu s’est rapidement vu taxé de clown, de comique et d’ambassadeur d’un rap français devenu parodique. Qu’en sera-t-il le 6 Juin ? Le rappeur d’Aulnay sous bois s’est il enfermé pour changer son fusil d’épaule ou a-t-il simplement été victime d’une série de contretemps ? Chacun est libre de se forger une opinion. Mais d’ici peu, Sefyu devrait être à même de fournir une explication à tous ces imprévus. Une chose est sûre, la moindre erreur de jugement pourrait être fatale à la carrière de l’artiste. Rendez-vous début juin.



Sefyu et Senegalo Ruskov en 2006

LES CHRONIQUES EN VRAC

Panic ! At The Disco est un groupe pour lequel j’ai une admiration particulière. Je ne suis pas un ultra-fan du combo mais je dois avouer être plutôt impressionné par l’incroyable maturité et l’énorme savoir-faire dont il fait preuve depuis ses débuts. Propulsé groupe à minettes et - à tort - icône de la vague « emo » il y a 5 ans avec son premier opus A fever you can’t sweat out, le combo possédait déjà ce sens exacerbé de la mélodie et de l’efficacité qu’on lui connaît encore aujourd’hui. Une compétence qu’il matérialisa avec brio dans les « Time to dance » et autres « I write sins… » . En 2008 la formation sort Pretty Odd et décide de prendre un virage risqué mais payant. Panic ! At the disco prend donc le chemin d’un rock plus orchestré mais moins théâtral. Il en ressort quelques titres croustillants aux refrains imparables avec, encore une fois, une telle maîtrise de la mélodie qu’elle en aurait fait pâlir les Beatles, « Nine in the afternoon » et « That green gentleman » en tête.
La formation - devenue duo - est aujourd’hui de retour avec Vices and Virtues, son troisième et nouvel opus. L’écoute débute avec le single « The ballad of Mona Lisa », premier single de l’album. Premier constat : le combo remonte sur les planches et semble revenir à ses premiers émois : un rock théâtral et moins sobre que celui de Pretty Odd. Dès le début du titre s’installe une ambiance à la Burton qui n’est pas sans rappeler « I write sins… ». Sans surprise, le refrain est catchy et presque punk-rock. Pour le coup, Panic ! At the disco délaisse un peu la formule Beatles pour celle de Fall Out Boy qu’elle employait à ses débuts. « Let’s kill tonight » débute sur une rythmique batcave à la The Cure. Le titre se mue en une espèce de foutoir symphonique où violons et chœurs se donnent la réplique. Pas très accrocheur mais épique tout de même. Le chant de Brendon Urie est on ne peut plus maîtrisé sur « Hurricane » mais le titre manque un peu de fraîcheur et d’originalité. Si les nappes musicales sont belles à s’en approcher du soleil, la formation se brûle les ailes pour, parfois, tomber dans la facilité côté refrains. « Memories » prend un très fort accent Good Charlotte avec ses gimmicks « Oh woho oh woho » chantés à la Madden. Deuxième partie du disque : Panic ! At the disco passe aux choses sérieuses avec « Trade mistakes ». Musicalement, c’est costaud : petit air de musique classique et nappes soignées entre électro et pop-rock, violons et xylophones dehors. « Ready to go » n’offre rien de très intéressant. « Sarah Smiles » est d’une fraîcheur relaxante. Après un air d’accordéon très vieille France, le morceau se décline en ballade pop ensoleillée avant de se muer encore, empruntant ça et là à la musique classique ou au flamenco. Déroutant ! « Always » tranche avec le reste de l'opus, s'imposant comme une comptine délicate et intimiste. Je dois dire que je préfére 1000 fois ce Panic! At the Disco plus sage que celui qui enchaîne les hits pop-rock.

Si Vices and Virtues s’avère, encore une fois, très professionnel et très riche ; il en reste que cet opus est, à mon sens, le moins bon des trois albums du groupe. S’il reste difficile de ne pas couvrir d’éloges une telle maîtrise et une telle maturité dans la composition, le bon déroulement de l’écoute se heurte à quelques obstacles qu’il convient de ne pas minimiser et notamment l’accumulation de refrains faciles et un peu tièdes. Malgré tout, Panic ! At The Disco continue de s’inscrire dans la durée et peut désormais se targuer d’être devenu un « career band » comme disent les américains. Pourvu que de nouveaux remaniements de line-up ne viennent pas enlaidir cet horizon doré qui lui tend les bras.

Panic! At The Disco - Vice and Virtues
http://www.panicatthedisco.com/

Il serait inapproprié de dire que ce quatrième album d’Avril Lavigne est mauvais. Par contre, je reste catégorique sur le fait que ce Goodbye Lullaby n’est absolument pas à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre de lui. Musicalement, l’opus se rapproche énormément de Let Go, premier effort de la demoiselle. Les deux disques ont en commun cette légèreté et cette fraîcheur caractéristique du pop-rock de la fin des 90’s début 2000. Guitare souples, refrains délicats, chaque titre de ce Goodbye Lullaby trouve son jumeau ou presque dans la discographie de la jeune chanteuse ou celle des grandes interprètes pop-rock de cette dernière décennie. « Push », qui est peut-être le meilleur morceau de cet album, me rappelle un peu le « Torn » de Nathalie Imbruglia, tout comme « Wish you were here ». « What the hell » fait office de « Skater Boy » dans le genre révolte de supermarché même si, il faut l’avouer, le titre s’avère d’une efficacité diabolique. « Smile » est un peu plus brut avec ce son de guitare cassé. La suite est une succession de titres plutôt agréables sur le moment mais qui ne présentent aucunes caractéristiques susceptibles de leur assurer postérité. « 4 Real » me fait penser à « Nobody’s fool ». « Everybody Hurts » n’est pas dégueulasse, le titre est bien rythmé et me fait penser à « Anything But Ordinary ». Mais la liste des réjouissances s’arrête là. Ne parlons même pas du vrai-faux « Black Star » qui relève bien plus du placement de produit que de la véritable introduction.

Il est difficile de conclure sur une note positive quand un disque ne vous arrache pas plus de trois sourires. « Push » c’est intense, délicat et frais comme un titre de Michelle Branch. « What the hell » c’est catchy et fougueux. « Alice » c’est étrange, et chanté faux parfois, mais fort sympathique tout de même. Le reste de l’opus est une succession de titres mid-tempo sans grand relief. Ce Goodbye Lullaby, s’il reste très proche de Let Go dans son écriture musicale et textuelle, s’en distingue tout de même par sa pauvreté en termes d’efficacité. Décevant.

Avril Lavigne - Goodbye Lullaby
http://www.avrillavigne.com/fr/

mercredi 23 mars 2011

DES CLIPS DANS LA BOITE

Pour cette nouvelle vidéo illustrant le titre « Blessed with a curse », les Bring Me The Horizon se sont contentés du minimum, preuve évidente que la période de promotion de leur dernier opus en date touche déjà à sa fin. Un clip pauvre en surprises qui ne pourra faire l’objet de discussions ni au bureau ni en cours de récré les amis. Un tort quand on sait apprécier la puissance - ou plutôt l’intensité car il saura se faire accepté des oreilles les plus fragiles - du titre. A quelques degrés seulement de là et il y a quelques jours maintenant, les excellents While she Sleeps ont posté le clip de « Believe », leur dernier « single » en date. La formation originaire de Grande-Bretagne évolue dans un registre hardcore teinté de métal et déploie une énergie presque palpable à l’écoute. Outre-manche, l’époque où l’on n’entendait que le bruit de la pluie semble désormais révolue.



lundi 21 mars 2011

LES CHRONIQUES EN VRAC

The Chase, projet initié par Cyril Douay - qui collectionne les casquettes : instrumentiste, auteur, compositeur… - distille un électro rock catchy qui devrait faire danser l’hexagone pendant un bon moment. La formation, coachée par Mark Plati, trouve sa fraîcheur dans la voix douce et sucrée de Sophie qui évolue sur des belles nappes soignées. Le timbre de la demoiselle donne un peu plus de cachet à un disque qui, malgré ses nombreuses qualités, tourne vite en rond. « S.O.S Save Our Dough » donne rapidement le ton d’un opus qui devrait inévitablement vous rappeler les récentes sorties de The Do. « I Like U » et son chant très Lily Allen possède un petit côté Ska qui ensoleille le morceau. « Goodbye Mister No » impose déjà cet accent « chanson de pub » qui se faufile le long de l’écoute ; le très efficace « Butterfly » est d’ailleurs la bande son d’une publicité pour Renault. « It could be nice » et « The Desert Way » possède un petit côté folk intéressant. Je n’arrive malheureusement pas à suivre le délire « The Bath ». « The solo » est lui plutôt rock, grosse guitare de sortie et chemin de basse très funky. « B.I.G C.I.T.Y » se laisse apprécier par son efficacité. « Minimoog » est la seconde plage instrumentale de cet éponyme. L’écoute s’achève avec la jolie petite ballade « Keep an eye on that line ». Un titre délicat et séduisant.
Ce disque de The Chase est un très bon disque d’ambiance qui brille par sa fantaisie. Je ne suis, par contre, pas forcément d’accord avec certains avis qui lui trouve quelque chose de neuf. On ne compte plus les formations qui, aujourd’hui, oscillent entre rock et new wave. A la longue, l’écoute devient difficile parce que répétitive. Paradoxalement, cet opus ne s’avère pas forcément très hétérogène malgré sa séduisante légèreté et l’imagination qui le caractérise. Une douceur qui s’apprécie sous un soleil riant mais gare tout de même à la surexposition et à l’excès de sucre.

The Chase - Eponyme
http://www.myspace.com/thechaseofficiel

Dwail, combo métal, présente son premier opus intitulé « Helter Skelter ». Accompagné du grand Logan Mader - Machine Head, Soulfy, Gojira - au mixage et au mastering, la formation distille un rock puissant qui se distingue par son côté déstructuré et ses prises de risques bienvenues. Derrière cet Artwork somptueux se cache donc un 9 titres « concept » racontant les errances d’une âme torturée d’Andalousie jusqu’en Inde. Un chemin épique que la lecture du press-book m’aura, soyons honnêtes, rendu plus concret. Le disque débute avec « An Iron hand in a velvet glove ». Un titre fort, tout en nuance. Poussé par une section rythmique endiablée et un tempo expéditif, le frontman évolue dans un registre coincé entre les screams grossiers d’un Néo-métal révolu et les vociférations plus modernes et rock’n’roll d’un Alexisonfire. Malheureusement, la suite ne s’affranchira guère de cette ligne de conduite, les titres chaotiques se succédant sans coups férir. A la longue, l’impression est quand même celle d’un gros bordel. Quand « Neither man or woman » entame sa dernière ligne droite, je ne suis pas mécontent de voir le voyage se terminer.
Ce Helter Skelter est un disque bien pensé et très pro dans sa conception. Malgré tout, l’ensemble a tendance à se noyer dans cette espèce de folie ambiante qui ne prend de pause que lors de ses quelques interludes flamenco. C’est puissant d’accord, mais tel l’ectoplasme égaré conté par le groupe, j’ai un peu tendance à me perdre sans arriver à percevoir de lumière à l’horizon. Une découverte intéressante certes, mais trop vite gâchée par le sempiternel « Un titre écouté, tout le disque entendu ».

Dwail - Helter Skelter
http://www.myspace.com/dwailmetal

samedi 19 mars 2011

SNIPER ET LE BLUES DE LA TESS

Sniper est de retour. Un constat précoce mais vous serez d’accord pour dire que ce « Blues de la tess » est plutôt intéressant non ? Fidèle à son empreinte, le duo originaire de Deuil-La-Barre - puisque le groupe compose désormais sans Blacko - évolue sur une instru sobre mais intense - piano et violons de mises - qui rappelle un peu les « Pris pour cible » et autres « Gravés dans la roche ». Le refrain est, et le groupe est coutumier du fait, relativement bien construit et plutôt catchy. Textuellement rien de très original, la nostalgie du quartier et la conscience du temps qui passe servent de moteur à Tunisiano et Aketo, très à l’aise dans leur phrasé. Il est facile de porter un regard critique sur ce type de retour que certains ne manqueront pas de qualifier d’opportuniste. Il est rare que les journalistes soient cléments avec les MC en reconquête quand beaucoup de champagne à coulé sous les ponts. Mais qu’on se le dise : si l’absence de Blacko se fait forcément sentir sur ce morceau, ce nouvel album demeure néanmoins on ne peut plus attendu, surtout si son écriture reste fidèle à ce premier - et excellent - extrait. En ce qui me concerne, je ne suis pas né en bas des blocs, mais Sniper c’est quand même une grosse partie de mon adolescence en termes de musique et je tenais à conclure cette semaine de posts sur cette petite actu et ces quelques titres qui hantent toujours mes playlists. Petite dédicace aux amis de HK corp pour les clips. L'album est attendu pour Avril.





vendredi 18 mars 2011

LIVE REPORT :
EMPYR + TWAGE, FORUM DE VAUREAL

Il est un peu plus de 20h30 et les portes du Forum de Vauréal s’ouvrent. Premier constat : la salle est bien loin d’être comble. Habituelle petite revue des effectifs sur place : la « famille » Twage -puisque la formation assure la première partie ce soir - quelques groupies façon « Empyr-sphère », et les amateurs de soirées « rock » au sens large du terme. Les locaux de Twage entrent en piste avec la délicate mission de présenter les titres de leur nouvel album. Un exercice complexe puisqu’il faudra conquérir un public qui manque encore de repères, certaines des compositions du groupe étant de l’ordre de l’inédit ce soir. Soyons francs : le combo a monopolisé l’ensemble des réactions positives et des sourires de cette soirée. Un set on ne peut plus réussi, malgré son intro un peu farouche et froide, sublimé par ce petit plus qui fait la différence chez Twage : l’amour du « rock’n’roll ». Et à juste titre, en précoce point d’orgue de cette soirée, le morceau « Life is rock’n’roll », en featuring avec Bill du groupe Enhancer, aura marqué les esprits. Ce qui est bien avec ce type de compos, c’est que vous n’avez pas besoin de connaître les paroles pour vivre le moment. Il suffit de se laisser porter par le côté harangueur et fédérateur du morceau. Twage, ça sent le dollar, l’asphalte, la tournée des bars et les déambulations à bord d’une Cadillac sous le soleil de l’oncle Sam. Musicalement, l’énergie déployée par le groupe et le caractère très américain et « radiophonique » de son rock me font penser au « Resistance Deluxe » des Wünjo. Sachez que la comparaison est flatteuse tant j’ai pu admirer ce groupe par le passé. Si Pitt, frontman du combo, apparaît parfois comme un « poseur » et se la raconte beaucoup comme disent les « djeuns », il demeure, à l’image de tous les membres du groupe, généreux dans ses échanges avec les fans présents ce soir.


Empyr entre sur scène pour à peine plus d’une heure de show. Et quelle déconvenue ! Le groupe, à peine paré de ses instruments, expédie six ou sept titres sans respirer et sans temps mort, pas même pour adresser un bonsoir en bonne et due forme à son public. S’il est évident que les compositions du groupe se prêtent davantage à la délicatesse et au confinement qu’à des grosses représentations en stade, Empyr aura énormément pêché dans sa mise en scène à mon goût. Tout avait pourtant bien commencé avec « God is my Lover » en guise d’introduction. Mais si le sur-éfficace « New Day » et le puissant « Water Lily » ont un peu réchauffé le cœur, Empyr semble bel et bien être passé à côté de sa performance. C’est bien simple, du début à la fin du show, pourtant marquée par un final surpuissant sur « Join Us », s’est dessinée une espèce de barrière ou de rideau entre la formation et la salle. Empyr interprète de bien jolis titres : intro épiques au synthé ou rythmiques alléchantes façon rock britannique, mais le groupe les interprète dans sa bulle. Si la formation peine à se détacher de l’étiquette Nowhere, le rapprochement trouve pourtant facilement sa limite : à l’inverse de ce qu’ont pu démontrer Watcha ou Pleymo sur scène, voire Enhancer même si aucun des membres de la formation n’est représenté dans Empyr, le groupe peine à entrer en communion avec ses fans. Comme un énorme hommage à l’adage « C’est l’hôpital qui se fout de la charité », les rares appels de Benoit Poher à l’exaltation de la salle sont balancés sans conviction. « It’s Gonna Be », nouveau single du groupe ne m’aura pas transporté et le « Tonight » que j’attendais ne sera finalement jamais arrivé.



Au sortir de cette soirée, c’est un peu la déception qui l’emporte. Musicalement, on ne peut pas dire que la formation menée par l’ex frontman de Kyo ne séduit pas. Bien au contraire. Son rock, presque progressif, tour à tour transcende selon qu’il emprunte sa puissance aux Deftones ou son élégance à Incubus. J’attends d’ailleurs avec impatience la sortie de « Unicorn ». Mais sur scène, en tout cas en ce 12 Mars 2011, c’était une tout autre paire de manche. Et s’il y a une chose qui m’exaspère en concert, c’est bien cette frontière grossière et maladroite entre interprètes et public que des formations comme Empyr s’entêtent à dessiner. On peut toujours hisser haut le drapeau de ses prouesses passées, de telles insuffisances en matière de communication et de générosité prouvent que même les « supergroupes » auront toujours quelque chose à apprendre. Et la leçon du soir d’être enseignée par le petit poucet de l’affiche, Twage, véritablement à l’aise dans ses pompes et décidément très attaché au lien qu’il entretient avec ses fans.

Crédit Photos : Sandrine - Allglorious
Retrouver toutes les photos sur Facebook
http://www.leforum-vaureal.fr/

lundi 14 mars 2011

LES CHRONIQUES EN VRAC

Line Of Scrimmage nous vient tout droit de Brooklyn, place forte chargée d’histoire où l’Artistique demeure au service de la révolte. Avec une certaine franchise, la formation met un point d’honneur à ne pas enjoliver son parcours pour s’afficher comme un groupe sobre à l’expérience toute relative. Une précision qui s’avère utile à l’écoute de cet EP huit titres intitulé Denounced tant la déception est de mise. Enfin, déception… le mot n’est peut-être pas approprié puisque nous sommes supposés ne rien attendre d’ « épique » de Line Of Scrimmage. Au menu donc, huit titres à mi-chemin entre hardcore et métal et à l’instar du combo Colossal, récemment chroniqué dans mes pages, les compos de groupe virent plutôt du côté de ce dernier. « Penance » annonce d’entrée la couleur : riff gras presque death et screams grossiers tisseront l’ensemble de l’opus. Les titres restent très easy-listening mais n’offrent aucune mélodie intéressante à retenir. « Nothing out of reach » alterne screams aigües façon métalcore et phrasé plus brut. Un morceau court qui avait pourtant bien débuté. La recette riffs de boucher et screams indélicats reprend de plus belle et la formation ne s’écartera guère de cette ligne de conduite jusqu’à la fin de l’opus et jusqu’à l’indigestion presque. Quelques temps morts plus insistants sur la basse et la guitare ne parviendront pas à relever le niveau d’un EP très maigre en réjouissances. Dispensable.

Line Of Scrimmage - Denounced
http://www.myspace.com/lineofscrimmagebk

Billets d’avion direction le Kazakhstan avec une autre formation hardcore indé : First Fight. Pour le coup la barrière de la langue est assez difficile à dépasser, poussant presque l’écoute jusqu’à la parodie en lui donnant, soyons honnête, un petit côté Bratisla Boys. Intro instrumentale et brève, plutôt coloré puis attaque frontale avec le premier titre de cette galette dont je ne vous donnerais pas le nom, ce serait complètement inutile ! Côté influences, on pense immédiatement aux grands référents du genre comme Terror. Des moshparts en pagaille, une section rythmique soignée, le groupe à manifestement du répondant. Les screams sont variés, alternant vociférations musclées à la Terror et cris plus aigües et punk à la Gallows. Le tout manque peut-être un peu de phrasé plus street et hip hop mais musicalement c’est du costaud. Au total, neuf titres composent cette galette plutôt sympathique quoiqu’un peu répétitive. Il est toujours intéressant de voir que ce genre de musique existe bien au-delà de nos frontières malgré sa faible mise en avant médiatique.

First Fight - Возьми Мою Ненависть
First Fight sur Internet

vendredi 11 mars 2011

RETRO - EMPYR, THE PEACEFUL RIOT

Samedi 12 Mars 2011, le Forum de Vauréal accueillera le groupe Empyr, qui viendra défendre les couleurs de son prochain opus et, plus simplement, reprendre contact avec ses fans. Il sera assisté de Twage en première partie. A cette occasion et avant le live-report prévu par mes soins demain, je vous propose de revenir sur la première galette de la formation, intitulée The Peaceful Riot, que j’ai eu l’occasion de chroniquer pour le webzine Vacarm.net. Une review loin d'être négative pour ce coup d'essai puisque c'était effectivement ma toute première chronique de disque. Je vous rappelle que Unicorn, puisque c'est le nom de ce second opus, sera disponible le 18 avril prochain, propulsé par le single « It's Gonna Be ».

Il y a des groupes comme Empyr qui défraient la chronique avant même d'avoir livré une petite seconde de leur premier opus. Empyr, étiqueté supergroupe pour le coup, en fait incontestablement parti. Pour ceux qui ne lisent pas les journaux, n’allument ni leur télé, ni leur radio, ni leurs ordinateurs, Empyr c’est ce combo bâtard né de la volonté d’ex musiciens renommés de la scène rock française de remonter sur les planches et de repartir à zéro. Avec Benoît Poher et Florian Dubos (ex–Kyo et respectivement chanteur et guitariste), Benoît Julliard (ex–Pleymo, à la basse), Fred (Watcha – guitare) et Jocelyn (ex-Vegastar – batterie) le casting de cette superformation, à défaut d’être alléchant, montre un visage plutôt intéressant. Alors quid de ce premier opus ?
A mi-chemin entre un rock lourd et complexe et une pop mélodique et profonde, Empyr, disons le d’emblée, s’affirme comme un groupe original. Après avoir quelque peu amusé la galerie en balançant Deftones, Incubus ou encore A Perfect Circle comme principales influences, il est assez déconcertant de s’apercevoir que le combo à parfaitement digéré celles-ci. Et si l’épreuve de force consistait, non pas à en faire une parfaite copie, mais à pouvoir s’en servir et les modeler à sa façon, là encore Empyr s’en tire à merveille. Quelques semaines avant la sortie de l’album, Empyr propulsait le titre « Water Lily » en éclaireur sur le Myspace du groupe. Un titre percutant qui jouissait d’une montée en puissance progressive alternant passages aériens et riffs soutenus. Une mise en bouche particulièrement appréciée...

La suite en ligne sur Vacarm.net.

jeudi 10 mars 2011

DES CLIPS DANS LA BOITE

Il y a quelques jours débarquait en grandes pompes, la nouvelle vidéo du petit prodige Us Wiz Khalifa avec le titre « Roll up ». Bien que la saison chaude ne soit pas encore sur le perron, sachez, amis lecteurs, que les hostilités sont lancées pour intégrer la grille des clips de l’été. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le rappeur originaire de Pittsburgh n’a pas perdu de temps. Soleil, palmiers, plage, tournois de basketball et gente féminine sobrement habillée, Wiz Khalifa anticipe déjà les beaux jours. Le titre est également plutôt catchy et le phrasé nonchalant de l’artiste fait mouche encore une fois. Si j’ai hate que l’album sorte ? C’est rien de le dire ! « Rolling Papers » et sa pochette déjà culte arriveront dans les bacs le 29 mars. Chroniqueurs, sortez vos plus belles plumes, l’encre qui coulera ce jour là promet d’être belle et soignée.

Rap français maintenant, « Lunatic », dernier album en date du duc de Boulogne continue sa phase de promotion avec la sortie d’un nouveau clip pour le morceau « Saddam Hauts-de-Seine ». Je dois dire qu’il est plutôt décevant de voir que ce qui représente, à mon goût, le meilleur titre de cet opus, se voit illustré de la sorte. Chris Maccari tient, une nouvelle fois, les manettes et nous livre une vidéo quasi-bâclée mettant en scène le rappeur sur un unique fond vert, recouvert pour le coup d’une séquence d’orage et d’étoiles. Un traîtement on ne peut plus discutable et un rapport peu évident avec la « storyline » de la chanson si elle existe. S’il est souvent reproché à Booba d’accumuler les clichés dans ses vidéos, il aurait été néanmoins préférable de le voir rouler en Cayenne, billets dans le futal, que d’assister à ce triste spectacle. Les paris pour le prochain clip de l’Artiste sont ouverts, dans l’espoir que « Lunatic » et son feat avec Akon bénéficient d’une vidéo.

Dans un tout autre registre, le groupe de pop-rock Hey Monday, dont la chanteuse ressemble décidément beaucoup à Annie de la série 90210, a présenté le clip de « Candles ». Un clip très sobre, à l’image de la chanson. Souvent comparée à Paramore, la formation menée par la jolie Cassadee Pop semble d’avantage emprunter la voie d’une pop légère et acidulée à la Michelle Branch que d’un pop-punk plus soutenu. Le titre est extrait de l’EP du même nom et le groupe devrait être à même de terminer son nouvel opus d’ici peu pour une sortie cet été. Un disque plutôt attendu après le semi-échec de « Beneath it all », dernière galette en date du combo originaire de Floride.

mardi 8 mars 2011

CHRONIQUE :
LEO BERLINER - SAISON 1

Léo Berliner est un personnage énigmatique et plusieurs silhouettes semblent composer sa personnalité. Celles-ci s’entrechoquent puis résonnent comme un écho pour se poser sur le micro. Au compte-gouttes, le rappeur tantôt dandy, hype ou bad boy a dévoilé quelques-uns de ses titres dans l’ombre du groupe Enhancer, qui lui a permis d’arpenter un peu plus les planches et plus simplement de prendre son envol en tant que rappeur solo. Je pourrais faire un retour sur le chemin musical parcouru par Léo Berliner mais ce qui nous intéresse aujourd’hui et maintenant, c’est cet EP intitulé Saison 1 qui fait suite à l’opus « Le monde de Léo ». Comme son titre le suggère, cette galette devrait être la première d’une série de 4 disques qui devraient débarquer à intervalles réguliers pour, probablement, ne former qu’un album en fin de cycle. Une idée risquée à l’heure ou le music business semble faire la nique à toutes les règles préétablies qui font d’une sortie un triomphe. Mais l’audace reste encore le meilleur moyen de forcer la chance et d’intimider le karma. Et de l’audace, Léo et consorts en ont à revendre. Mais focalisons-nous un peu sur ces 4 titres qui composent Saison 1. Ce disque débute par « Faudrait » qui affiche d’entrée la tonalité de l’ensemble. Un titre interessant, sublimée par une musique plutôt intense. Le piano, en tête d’affiche, accueille un background assez rock et rythmé et permet de donner un peu plus de corps au phrasé sobre de Léo. « L’espace et le temps » continue sur cette note très hivernale et très douce. Les rimes sont réfléchies, le voyage de l’artiste est intrinsèque. Malheureusement, le refrain est un peu poussif, musicalement ça coince un peu. Textuellement c’est authentique mais un peu à fleur de peau. Pas vraiment le meilleur titre du rappeur. Une impression mitigée très vite remplacée par ce qui est, à mon goût, le titre phare de cet EP : « Mort dans tes bras ». La encore, la part belle est donnée au piano et à l’intensité. L’attention est portée sur la plume qui continue d’arborer une robe très intimiste. La voix autotunée de Léo Berliner est utilisée avec parcimonie, on est très loin des excès d’un Booba ou d’un La Fouine pour ne citer qu’eux. La chanson s’achève trop brutalement, sans crier gare, et c’est bien dommage après un solo de guitare puissant et bienvenu. « L’enfer me rattrape » conclu cette première saison de Léo Berliner. Encore une fois le texte est soigné et, pour le coup, le morceau joue d’avantage sur le slam et le spoken words que sur le phrasé hip hop pur et dur.

Saison 1 c’est donc quatre titres et deux tours de force avec « faudrait » mais surtout l’excellent « mort dans tes bras ». A des kilomètres du titre egotrip « vantardise », clip ci-dessus, révélé sur le best of album du groupe Enhancer, ce premier jet s’avère plutôt prometteur et réussit à convaincre en toute délicatesse. Reste à savoir si la prochaine sortie de Leo Berliner reconduira cette note feutrée ou si le rappeur compte exploiter au maximum le caractère schizophrénique de ses créations et accoucher d’une thématique par EP. Une démarche qui pourrait s’avérer plutôt intéressante. Tout reste à faire mais très belle entrée en matière en tout cas.

Léo Berliner - Saison 1
HK Corp Production
http://www.myspace.com/lemondedeleo

lundi 7 mars 2011

LES CHRONIQUES EN VRAC

Toujours aussi hyperactif et en conflit avec le sommeil, me voila lancé à la recherche de nouveaux disques pour étancher ma soif de découvertes. Parmi les quelques galettes trouvées ça et là : un petit EP 6 titres intitulé Trials et signé du groupe Colossal, formation hardcore à tendance métal originaire de Californie. A la vue de l’artwork et à la simple lecture des titres présents sur la galette : pas de doute, l’écoute va être musclée. Le ton est donné avec « Crosshairs » qui ouvre le disque en grandes pompes. Le hardcore du combo est effectivement très lourd, très gras et les influences métal se font sentir très vite. Vocalement, le timbre du frontman ressemble à s’y méprendre à celui de Corey Taylor - Slipknot et Stone Sour pour les « newbie » - parfois. Chant growl, acharnement sur les fûts, Colossal n’emprunte rien à cette tendance hip hop que les formations de ce style aiment à entretenir. Dommage car c’est bien le critère numéro 1, en ce qui me concerne, pour remporter mon vote mais un peu de changement ne fait jamais de mal. « Hate » poursuit cette déclinaison métal avec son riff presque Static X et son phrasé à la Coal Chamber. « You’re fucking dead » hurle le frontman qui, décidément, cherche le rapport de force. Les scandés sont malheureusement condamnés à l’arrière plan et souffrent d’un mixage discutable, ce qui ôte tout côté fédérateur à l’ensemble. Curieusement « Trials » morceau titre de l’album n’offre rien de plus que le titres précédents. « Wounds » montre un chant de plus en plus caverneux et offre quelques séquences bien propres dans le ralentissement et la reprise de la cadence en fin de morceau. « You fuckin’ piece of shit, you don’t deserve respect » ! Des lyrics effrontés qui résonnent comme une ode à l’affrontement et bouclent une écoute loin d’être concluante mais éfficace par moments.
Trials est un disque costaud, certes, mais le tout relève plus de la gonflette que de la musculature pure, acquise dans la sueur et le sang. Les moshparts intéressants se comptent sur les doigts d’une seule main, preuve aussi que Colossal lorgne bien plus du côté d’un métal carré et enraciné que du hardcore brut, actif et vivace. Textuellement l’ensemble obéit effectivement aux standards du genre à base de rébellion et de punchlines et les screams gras couplés à de grosses séquences rythmiques parviennent à me faire vivre les morceaux. Une écoute sympathique par instants, laborieuse parfois, et une plongée dans l’inconnu, l’autoprod et l’indépendant, à réitérer aussi fréquemment que possible.

Colossal - Trials
http://www.myspace.com/colossalca

En matière de Black ou death métal, je suis plutôt exigent. Pas parce que je suis un gros fan, non, c’est simplement qu’il m’en faut beaucoup pour que j’apprécie un peu. Malheureusement, Veils Of Perception n’offre pas le petit plus produit que je venais chercher en écoutant l’opus. On pourra, sans hésitation possible, louer la grosse machine de production qui entoure ce Black Metric et qui fait de lui un album agréable à l’écoute ; ou encore les qualités des musicos eux-mêmes qui, il est certain, sont plutôt doués dans leurs domaines respectifs. Mais l’ensemble manque cruellement de charme et d’originalité. De « I am Wild » ou « Fallen from Heaven » je ne retiens que les pistes symphoniques qui leurs donnent cette atmosphère presque médiévale. Mais à part me rendre nostalgique de mes années Final Fantasy, les morceaux ne me font pas plus d’effet que ça. « We are all Gods » est la première bonne surprise de l’album : plus intense, plus puissant et surtout l’apparition du chant clair qui, pour le coup, redonne un second souffle à une concentration d’écoute à demi usée à forces de redîtes et d’accumulations de poncifs. Le titre montre un certain relief qui le rend bien plus digeste. « Lethal Art of Life » démontre une grosse envie de découdre : double pédale en maître d’orchestre de cette folie furieuse. « Under my Skin » suit le même chemin. « Violent beauty » et « the end of nothing » ne concluent pas non plus dans la finesse. Si le premier ne m’inspire rien d’extraordinaire, le second achève l’écoute sur une atmosphère un peu plus dense restituée par une utilisation quasi-instrumentale du morceau.
Black Metric me laisse inévitablement sur ma faim. Le disque, à mon goût, manque de relief et, paradoxalement, de force. Je n’ai pas été transporté une seule fois entre la première et la dernière seconde de ce nouveau Veils Of Perception et j’ai très vite eu la sensation du « une piste écoutée : tout l’album entendu ». Je n’ai pas de conseils à donner à qui que ce soit mais j’ai bien l’impression que, pour le coup, la formation s’est un peu laissé distraire par une certaine idée de puissance, intrinsèque à ce style de musique c’est vrai, sans pour autant réussir à lui coupler une quelconque intensité. Malgré tout, l’opus ne manque pas de qualités et il est d’autant plus frustrant pour le chroniqueur de conclure de la sorte.

Veils Of Perception - Black Metric
http://www.myspace.com/veilsofperception

dimanche 6 mars 2011

DES CLIPS DANS LA BOITE

The Blackout fait son grand retour avec le titre « Higher and Higher ». La formation ne fait pas d’entorse à sa recette de prédilection : à savoir un rock catchy très influencé Lostprophets et un refrain très pop. Pour le coup, le groupe s’offre la participation du rappeur Hyro da Hero, une présence brève, mais qui contribue à la bonne tenue du morceau. Le clip - dont voici le making off - n’a visuellement rien de très intéressant à partager et reprend quelques clichés un peu usés. Mais, étant un grand fan de The Blackout, et par conséquent très heureux de l’arrivée d’un nouvel opus, c’est avec facilité que je fermerais les yeux sur ce petit accroc. Je vous rappelle que le disque s’intitule « Hope » et qu’il sera disponible début Avril. Dans un autre registre, je profite de l’occasion pour vous glisser la nouvelle vidéo de Wilow Amsgood, un newcomer que j’ai eu l’occasion de vous présenter il y a quelques temps. Ce second extrait de l’EP Marchand de rêves s’intitule « Mythomania » et se rapproche plus des poncifs du rap français aujourd’hui, à savoir un beat rythmé et sobre ainsi qu’une plume égocentrique, que le précédent morceau du rappeur. Si l’écriture des couplets ne présente rien d’original et copie-colle les standards du « rap jeu » en matière d’egotrip, le refrain s’avère plutôt accrocheur grâce à sa boucle électro ascendante qui lui donne un peu plus de cachet. Force est de constater que Wilow Amsgood met un point d’honneur à diversifier ses compositions et fait montre d’une certaine conscience musicale. Une fraîcheur bienvenue à l’heure où le rap français s’enlise dans une profonde routine artistique qui lui fait prendre un peu plus de retard sur ses homologues américains et britanniques.



vendredi 4 mars 2011

CHRONIQUE :
LA CANAILLE - PAR TEMPS DE RAGE

Grosse surprise que cet album de La Canaille. A première et distraite écoute, pour être honnête, j’avais plutôt l’impression de devoir composer avec un nouvel ersatz de Grand Corps Malade. Comprenez : un bon vieux groupe de slam franchouillard qui avancerait tout de hip hop maquillé. Je retire l’album du poste de ma voiture et me voilà résolu à engager une écoute attentive, au casque et l’azerty sous les yeux. Et Bim ! Par temps de rage, puisque c’est le nom du disque, prend tout son sens. Et de sens il est question dès le premier couplet de l’opus. « J’ai faim » et « Le soulèvement aura lieu » donnent le ton d’un album militant, transcendé par la pertinence de ses textes. Napoléon Madox, rappeur américain, vient prêter sa langue sur le premier. « J’ai faim, de sens, de fond, j’ai besoin de lumière et de réponses à mes questions » écrit Marc Nammour que l’appétit a rendu poète. « Le soulèvement aura lieu » est une mise en garde contre la réaction du peuple vis-à vis de l’oppression relative à ces temps de crise que connaît l’hexagone. « Ma poésie ne se lave pas » et le traditionnel egotrip de la plume, voit le retour de Napoléon Maddox et revêt un côté plus hip hop que les morceaux précédents. « Salle des fêtes » narre les péripéties qui émaillent le parcours d’un artiste bien loin des grandes salles de concert. Le titre est relayé par « Rapper en paix ». « Le Dragon » et l’exode des démunis de l’enfer aux paradis artificiels. « Ma ligne de mire » est un peu l’hymne du musicien engagé. La dernière plage du disque mime « La colère » de l’artiste et s’entoure d’une tension musicale ascendante qui traduit la montée latente d’une arme souvent sous-estimée. Un état d’esprit qui peut se révéler précieux ou néfaste : tantôt muse et succube, « La colère » se dessine selon l’usage que l’on choisit d’en faire.

Musicalement, « Par temps de rage » ne me séduit pas plus que ça mais révèle de bonnes dispositions artistiques. Une poésie urbaine et rythmée où chantent en chœur contrebasses et guitares. Mais la puissance ressentie à l’écoute trouve sa source dans les textes de l’opus et dans la récitation de son auteur. Une « récitation » parfois gênante dans le sens où elle tend à adoucir un propos révolutionnaire que le flow d’un rappeur aurait rendu plus « palpable ». Mais là c’est une histoire de goût. Quoi qu’il en soit, « Par temps de Rage » s’impose comme la bande son amère et pragmatique d’une France sur les genoux, éreintée par l’accumulation de crises, économiques, identitaires, culturelles et artistiques. Œuvre sublimée par ses textes aussi habiles que pertinents, ce disque séduit dans cet écho qu’il se fait de nos propres pensées, de nos ressentis au quotidien en ces temps de rage et à l’aube d’une nouvelle campagne électorale. N’allez tout de même pas vous imaginer que « Par temps de rage » est un disque noir, mais simplement la feuille d’ortie venue vous faire circuler le sang. « Alerte permanente, je veux rester réveillé » : le soleil reste néanmoins à porter de glaive et Le Canaille s’efforce surtout de vous remettre le pied à l’étrier. Percutant et stimulant.
A lire également : Cabadzi - Digère et recrache
La Canaille - Par temps de rage
http://www.myspace.com/lacanaille

mardi 1 mars 2011

INTERVIEW :
ENTRETIEN AVEC SUCKERSTARZ

Il y a quelques semaines sortait « Easy Romance », nouvel opus du trio punk rock Suckerstarz évoluant dans l’écurie Shotgun Génération. Un disque abouti caractérisé par l’efficacité de ses compositions et le côté catchy de ses refrains. Pour Allglorious, Pamyz, batteur de la formation, revient sur les premiers retours concernant l’opus et sur le point d’honneur que met le combo à composer des morceaux qui se retiennent et se chantent aussitôt. La chronique de l’opus est disponible à cette adresse et j’invite les aficionados d’un punk’n’roll sobre et fédérateur à se rendre sur la page myspace du groupe.

C’est votre première interview pour Allglorious, nous allons donc passer par les banalités. Pouvez-vous présenter un peu le groupe pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
Nous sommes Suckerstarz un trio franco-hongrois né en 2000 est composé de Blondie - guitares et chant - jouant dans The Joystix, Stuffy - Basse - et Pamyz - Batterie - jouant dans High-School Motherfuckers et Pleasure Addiction. Nous avons enregistré en 2001 un premier EP sorti dans un premier temps au Japon sur le label Myrmecoleo Records puis en 2003, il est sorti en France sous forme d'un Split cd avec Sonicdollz sur le label Anvil Corp. Nous jouons du Punk Rock énergique et mélodique et nos influences vont des Stooges en passant par Motörhead et des groupes de glam comme les Pretty Boy Floyd.

Si Suckerstarz entrait dans le dictionnaire, quelle serait sa définition ?
Energie, mélodie, efficacité : l’écouter c’est l’adopter.

« Easy Romance » est sorti, il y a quelques semaines maintenant, quel bilan faîtes vous des chroniques et des retours que vous le disque a pu recevoir ?
Le bilan est très positif, les chroniques sont très bonnes, le cd se vend plutôt bien, autant dire que les retombées sont très positives et motivantes pour le moment.

Si vous deviez définir un cadre d’écoute idéal pour « Easy Romance », quel serait-il ?
Je dirai une soirée entre potes, autour d’une bonne bière, musique à fond le soir et fenêtres ouvertes pour que le voisinage en profite.

Suckerstarz n’est pas votre unique formation et vous venez de groupes déjà réputés dans le milieu. Pour autant faut-il considérer Suckerstarz comme un « side-projet » ou comme une formation à part entière ?
Suckerstarz est un side project, soit, mais reste quand même un groupe à part entière. Nous enregistrons quand nous le souhaitons, nous ne mettons pas de barrières à cette expérience, quand nous souhaitons nous voir et enregistrer, nous le faisons sans prises de têtes ni impératifs.

A l’instar de beaucoup de vos collègues de chez Shotgun Génération, vous vous distinguez par un sens aigue de la mélodie. Vous semblez porter une attention toute particulière à la construction de refrains efficaces…C’est un peu la marque de fabrique du groupe : la simplicité et l’efficacité. C’est agréable de pouvoir mémoriser un refrain dès la première écoute et de pouvoir le chanter à la deuxième. Cela fais partie de nos influences aussi, quand tu écoute un groupe comme Pretty boy Floyd, pour ne citer qu’eux, tu tapes direct du pied et tu chantes dès que le refrain arrive.

Que nous préparez-vous pour la suite ?
Pour le moment nous nous concentrons sur la promotion de l’album, et si la demande se fait sentir nous partirons en tournée. Mais rien de prévu pour ça dans l’immédiat.

Je vous laisse le mot de la fin.
Merci à toi pour cette interview, et nous espérons que ce cd procurera autant de plaisir à ceux qui l’écouteront qu’à nous de l’avoir réalisé. Rock on !

Merci à Pamyz et Shotgun Génération
http://www.myspace.com/suckerstarz