mercredi 27 janvier 2010

AVRIL LAVIGNE CHANTE ALICE

Avant toute chose, sachez que j'accepte toute lapidation virtuelle et assume le fait de vous parler une nouvelle fois d'Avril Lavigne. La chanteuse vient en effet de mettre à dispo son nouveau titre « Alice » composé pour les besoins du nouveau film de Tim Burton : Alice in Wonderland. « Alice » n'est pas qu'un simple morceau de la bande originale mais bel et bien le titre phare du prochain Burton. Voilà qui devrait en dégoûter plus d'un. Pas moi. Et pourtant ce morceau semble inachevé, boiteux, brouillon, presque à l'état de Yaourt. L'instru est banale, sans fantaisie, ce qui est un comble puisqu'il s'agit ici de vendre un produit censé stimuler l'imagination. Et c'est bien dommage car la canadienne, à défaut de chanter juste, essai de pousser sa voix et semble animée par son sujet. Charmant par moment mais un beau gâchis finalement. Avant de conclure, sachez aussi qu'Avril Lavigne a tenu à démentir les rumeurs de son clash avec Derick Whibley. L'ex couple travail à nouveau sur le quatrième album studio de la chanteuse dont le titre pourrait être « Pink Crust » ou « Crash and Burn ». L'opus devrait être disponible cet été.

http://www.myspace.com/avrillavigne

CYPRESS HILL DE RETOUR EN AVRIL

Décidément ça bouge pas mal du côté de Cypress Hill. Fraîchement signé chez Priority Records - EMI, le label de Snoop Dogg, le groupe annonce la sortie de son nouvel opus intitulé Rise Up pour le 6 Avril prochain. Une nouvelle qui devrait ravir les amateurs de Hip Hop comme de Rock. A noter la participation de Tom Morello sur « Rise Up » et « Shut'em Down ». Et histoire d'habiller un peu la news, voici une vidéo de la formation avec Snoop sur « I Wanna Rock » et « Insane in the Brain » et le leak de « Get Em Up » que vous connaissez déja. Snoop nous avait promis du lourd, le mois d'avril devrait nous en dire un peu plus.

http://www.myspace.com/cypresshill

ALESANA - THE EMPTINESS

Dans l'ombre des Aiden, et autre My Chemical Romance, Alesana continue son petit bonhomme de chemin avec la sortie de son quatrième album : The Emptiness chez Fearless Records. Je vous avouerai, encore une fois, ne pas être fan hardcore du groupe – à part Ambrosia… - mais j'en sais suffisamment pour vous parler un peu de cette nouvelle galette. Défiant la sacro-sainte loi culturelle de la péremption, la formation originaire de Caroline du Nord s'est donc armée de passion plus que de raison pour cette nouvelle aventure. En gros n'attendez rien de neuf et préparez vous à 11 titres screamo, Alesana n'ayant rien à offrir de plus que du Alesana.

Les plus : Le mélodique « The Artist ». La recette est la même que pour les titres précédents à savoir un screamo basique alternant chant mièvre et screams d'outre tombe. Ce qu'il faut souligner, c'est qu'Alesana n'as pas peur de la mélodie. La ou certains groupes sont obsédés par un culte de la virilité qui confine au ridicule, nos mécheux n'ont absolument pas peur de se mouiller. Le refrain est intense, accessible, facile à retenir et fa-si-la chanter. On y retrouve la même intensité que chez certains titres de I Am Ghost par exemple (j'ai arrêté le Junk Food mais pas la Junk musique). « The Thespian » est plus rythmé avec ses scandés bienvenus. Le groupe rappelle parfois My Chemical Romance et son côté romantico-goth. Le finish est plus métal, presque gothique. Chant growl, riffs incisifs façon Atreyu, le groupe emprunte ça et là pour compléter sa formule. Violon et piano achèvent ce morceau en se donnant la réplique de manière très burtonnesque. « Heavy Hangs The Albatross » n'est pas trop mauvais, plus délicat. Le refrain fait penser au « Something » des Escape The Fate, plus pop et plus radiophonique.

Les moins : A l'instar du dernier Greeley Estates, les chansons de ce The Emptiness se ressemblent toutes. Cela dit, rien à voir avec le massacre No Rain No Rainbow ici. Le groupe a du potentiel, de la technique c'est indéniable. Malheureusement le tout manque de puissance, d'impact et de rage. « Curse of The Virgin Canvas », « Hymn for The Shameless », la recette est la même à quelques nuances près. Le reste de l'album est tiède. Pas suffisamment bon pour être signalé mais pas forcément dégueulasse. « A Lunatic's Lament » aurait pu bénéficier d'un traitement plus pop, sans screams additionnels pour rester dans la balade pure. Le potentiel du morceau s'en trouve abîmé.

Curieux disque que ce The Emptiness. Tous les ingrédients du succès semblent être présents : un chanteur à la voix impeccable - quoiqu'un peu nasillarde - des titres riches aux multiples influences : emo - screamo - pop - métal voir death, des mélodies accrocheuses... L'ensemble reste malgré tout à l'état de braises. The Emptiness est un disque de fond qui ne s'écoute pas d'une oreille attentive s'il veut être apprécié. Pourtant, Alesana est un groupe authentique et très à l'aise dans ses baskets. Mais vraisemblablement quelque chose ne va pas. Manque de puissance, de caractère, d'identité... La formation commence également à tourner en rond. Quoi qu'il en soit les fans du genre et de la première heure devraient apprécier.

http://www.myspace.com/alesana

mardi 26 janvier 2010

GREELEY ESTATES - NO RAIN NO...

A peine un an après l'album « Go West Young Man, Let the evil Go East », Greeley Estates revient avec No Rain No Rainbow. Autant le dire tout de suite je ne suis absolument pas fan de la formation et je ne connais pas leur parcours sur le bout des doigts. J'ai néanmoins gardé dans un coin de ma tête l'image d'un groupe screamo formaté mais tout de même addictif « Life is a Garden » dans la vibe des From First To Last et autre Escape The Fate 1.0. Passant rapidement sur le Go West... de 2009, histoire de me replacer dans le contexte, j'ai donc pris acte de cette semi-mutation plutôt brutale de la formation originaire de Phoenix. Exit le screamo radiophonique à tendance pop punk et bonjour deathcore burné mais insipide à la suicide silence. Avec No Rain No Rainbow, Greeley Estates semblait encore vouloir franchir un palier. Force est de constater que le groupe a manqué la marche et s'est cassé les dents. Explications...

Les plus : Les « nobrain » que l'alcool fait mosher plus que la musique devraient apprécier ce No Rain No Rainbow en live. Quelques moshparts intéressants viennent, paradoxalement, calmer l'ensemble. « Friends are Friends For Never » est plus métal avec son riff très Stone Sour. Les fans de Betraying The Martyrs se laisseront tenter par « The Offer » et ses choeurs presque ésotériques. Artwork sympathique également : la seule chose que je retiendrais de ce disque finalement.

Les moins : Il est difficile de dissocier les morceaux les uns des autres. No Rain No Rainbow est une démonstration d'auto-plagiat absolument déconcertante. Greeley Estates confond vitesse et précipitation. « Seven Hours » - même si j'arrive à distinguer le refrain yeah ! – « I Shot The Maid » semblent encore à l'état de Yaourt. On pouvait s'attendre à quelque chose de plus mélodique avec la participation de Craig Mabbit sur « Jealousy Breeds Killing Sprees » mais il n'en est rien. Greeley Estates réitère la formule double pédale alternance de screams et chant rauque. La fin du morceau est plus brutale encore, cherchant son inspiration du côté de Converge cette fois. « They Won't Stay Dead », « Wolves Make Great Actors » sont des titres sans âme et le reste de l'album me laisse indifférent.

J'ai probablement manqué quelques étapes de la vie du groupe. D’accord, mais cela ne m’empêche pas de vous faire partager mon ressenti à l’écoute de cette galette. Greeley Estates possède sa propre définition de l'évolution musicale, curieuse et discutable. Souhaitant s'affranchir du screamo mainstream qui les caractérise depuis leurs débuts, la formation s'est orientée vers un métalcore - deathcore juvénile, déjà périmé et maladroit depuis la sortie de Go West Young Man... Etonnamment, en cherchant à se renouveler, Greeley Estates s'est vautré dans un certain has-beenisme plutôt consternant. Certains critiques veulent assimiler ce virage heavy et cette quête de violence à de la maturité. Si vous voulez mon avis, No Rain No Rainbow n'a vraiment rien de la marche en avant annoncée. Le deathcore boiteux de cet album n'est qu'une décevante contrefaçon des Norma Jean et autre Bring Me The Horizon. Passez votre chemin, nous avons les mêmes à la maison.

http://www.myspace.com/greeleyestates

ROB ZOMBIE - SICK BUBBLEGUM




Rob Zombie - Sick Bubblegum

vendredi 22 janvier 2010

ROB ZOMBIE ET LES EXPERTS

Le site Allocine confirme que Rob Zombie sera bien aux manettes d'un épisode de la série Les Experts. Vous pourrez retrouver cet épisode de la saison 8 le 1er Mars sur la chaîne CBS. Le père de La maison des 1000 morts et du cultissime Devil's Rejects, qui semble très enthousiaste, a d'ores et déjà pris le soin de dévoiler une partie du casting avec les participations de : Malcolm McDowell (Halloween), Paul Blackthorne ou encore William Forsythe qui viendront se greffer à l'équipe déjà présente. Pour info, Quentin Tarantino avait lui aussi participer à la réalisation d'un épisode de cette même série. J'en profite pour vous rappeler qu'une chronique du dernier film de Rob Zombie : Halloween 2 est disponible sur le site Strange-Movies et que l'album Hellbilly Deluxe 2 sera dans les bacs le 8 février.

http://www.myspace.com/robzombie

MY CHEMICAL ROMANCE ARRIVE

Le site Punknews nous apprend que les My Chemical Romance ont terminé l'enregistrement de leur nouvel album. Le mégalo Gerard Way s'est confié au magazine NME : « La musique que nous avons enregistré est adaptée aux salles dans lesquelles nous nous apprêtons à jouer. Ces chansons peuvent résonner dans les stades mais peuvent aussi bien être chantées dans les clubs punk […] J'ai un bon feeling avec celui-ci comme si les gens souhaitaient revenir à quelque chose de plus authentique, qu'ils ne voulaient plus qu'on leur raconte de grosses histoires » Vous l'aurez compris, fini les albums concept et l'opéra Rock, la formule de ce nouvel album attendu courant 2010 sera sobre. Et pour joindre les actes à la parole, le groupe s'apprête à faire une tournée des clubs. Espérons que ce nouvel opus parvienne à nous faire oublier l’indigeste The Black Parade.

http://www.myspace.com/mychemicalromance

PLUS DE MALICE IN WONDERLAND

Le 23 Mars prochain Snoop Dogg proposera une édition deluxe tirée de son dernier album intitulée : More Malice - Deluxe album and movie. En effet, satisfait par les retours positifs - et inattendus selon lui - consécutifs à la sortie de Malice in Wonderland, le rappeur souhaitait remercier ses fans et leur offrir un objet collector. Au menu : quelques titres du dernier opus accompagnés de cinq morceaux inédits et de quelques remix dont celui de l'excellent « I Wanna Rock » sur lequel vous retrouverez Jay-Z. D'autres artistes devraient être de la partie comme Butch Cassidy, Kid Cudi - noooon ! - Jazmin Sullivan ou encore Lil Jon. Les surprises ne s'arrêtent pas là puisque Snoop y ajoutera un court métrage de 40 minutes mettant en scène un superhéros nommé Malice - surprenant... - et interprété par lui-même. Le héros tentera de ramener la paix à Wonderland. Les guest prévus sur ce film : Jamie Foxx ou encore Xzibit. Enfin, sachez que le trailer - ultrafantaisiste mais j'adhère complètement - de ce film est disponible à cette adresse et que le nouveau clip de Snoop pour le morceau « Tell Me What You Want » se regarde ici.

http://www.myspace.com/snoopdogg

mercredi 20 janvier 2010

NOUVELLE INTERVIEW DE BOOBA

Le site musiquemag.com a récemment interrogé Booba sur la sortie de son nouvel opus prévu pour le 1er semestre 2010. Selon les dires du Duc de Boulogne, la moitié de l'album serait déjà prête. Le successeur de 0.9 n'a pour le moment pas de titre même si le rappeur du 92 à déjà quelques idées en tête. Intéressant également, celui-ci ne devrait suivre aucune ligne directrice, un peu comme ses prédecesseurs, Booba indiquant que chaque morceau est selectionné et travaillé en fonction du feeling, de son rapport au texte ou de son efficacité. Une interview sobre qui ne manque pas d'intérêt et qui nous en dit un peu plus sur les projets de B2O. L'intégralité de la vidéo est visible à cette adresse. Je vous conseille de rester connecté puisqu'un extrait de ce nouvel opus enregistré au pays de l'oncle Sam pourrait voir le jour très prochainement sur la toile.

http://www.myspace.com/booba92i

mardi 19 janvier 2010

LOSTPROPHETS - THE BETRAYED

Enfin ! Quel soulagement à l'arrivée de ce The Betrayed. Il faut dire que le processus d'enregistrement de l'album n'avait pas été de tout repos, essuyant toutes les péripéties possibles, du report au changement de direction voire à la destruction totale d'une partie du disque initial. Mais les grands groupes ne meurent jamais et Lostprophets revient encore plus fort pour nous soumettre son quatrième opus, décrit comme plus sombre et plus lourd par sir Watkins lui-même. Après le très pop mais sublimissime Liberation Transmission et le monument Start Something - n'oublions pas le très bon The Fake Sound of Progress - la formation n'avait pas le choix : il fallait placer la barre très haut. Et le moins qu'on puisse dire c'est que le pari est réussi. Voici ce qu'il faut retenir - ou pas - de ce nouveau disque de Lostprophets. Je ne m'emballe pas aussi souvent pour un groupe ou un album, alors profitez de ce déluge de compliments.

Les moins : Pas grand chose... « Streets Of Nowhere » ressemble plus à une B-side qu'autre chose. Le refrain est certes un peu maladroit et l'ensemble pas très efficace mais le petit accent British Rock fait mouche. Le Swing de Ian Watkins également. « A Better Nothing » est un peu plus bâclé que le reste. Le morceau s'avère tout de même entêtant et très cosmique sur la fin. « Darkest Blue » peut-être. Un peu maladroit également, la voix de Ian est quelquefois approximative nous laissant apparaître le chanteur qu'il était sur The Fake Sound Of Progress. Le morceau est néanmoins agréable, mélodique et virevoltant. Vous voyez, chaque défaut de ce disque est immédiatement dissimulé par un élément plus positif... La pochette peut-être ? Mais même ça... Ah si j'ai trouvé, il manque la reprise de Omen de Prodigy !

Les plus : Lostprophets est de retour tout simplement. Des singles exceptionnels à l'image de « Where We Belong » ou « It's not the end Of The World...» le prouvent. « Where We Belong » et son côté U2 très fédérateur. Intro douce, délicate sur laquelle se pose la voix solennelle et impeccable de Ian Watkins suivi de chacun des instruments. Un morceau pas forcément apprécié de tout le monde mais à l'efficacité redoutable. Le refrain est scandé par le groupe et revêt un véritable statut d'hymne. La dernière salve le superpose aux slogans scandés par les musiciens pour un Lostprophets au sommet de son Art. « It's not the end of the world” est plus classique et typique de Lostprophets. Riff néo métal lourd très Start Something dans l'esprit, refrain efficace et intense, le frontman maîtrise de plus en plus sa voix. Le refrain très catchy est un peu plus proche de « Rooftops » mais la fin du morceau est lourde et plus nuancée. Je profite du finish symphonique du titre pour vous signaler le retour des interludes qui contribuait au charme de Start Something. Pour le coup, on se croirait à la fin de « Last Train Home ». Autre coup de cœur, mais titre uniquement présent sur la version japonaise du disque : « Sunshine » ! Un titre à l'efficacité redoutable malgré son manque d'originalité apparente. Lostprophets fait une véritable démonstration. Riff lourd et tonitruant soutenu par une seconde guitare virevoltante et véloce sur le refrain, ambiance ascendante, impossible de ne pas chanter cela. On repense un peu au titre « Goodbye Tonight ». On continue dans les titres coup de poing avec « For He's a Jolly Good Felon » et son côté british rock à la The Fratellis. Il y a toujours autant de swing dans la voix de Ian Watkins et toujours autant de fantaisie chez ses musiciens. Très proche de « Town Called Hypocrisy », ce morceau se finit de manière plutôt originale laissant la place à un décor plus indus, plus cosmique voir un peu malsain. A signaler également les très bons « Next Stop Atrocity » et « Dstyr and Dstryr », plus punks, aux riffs incisifs. Le premier rappelle fortement « We Are Godzilla You Are Japan » et le second, tout le monde l'aura remarqué, est le jumeau de « Burn Burn ». Un peu facile certes, mais un titre qui devrait cartonner sur scène avec ses gimmicks de fin et ses screams endiablés. A noter l'excellente performance du batteur.
Le disque s'achève sur un « The Light that Burns » plutôt sombre. Une ballade délicate et insistante susurrée par un Ian Watkins qui se découvre décidément des qualités de chanteur. La fin du morceau est vraiment étrange, très indus, à 360 degrés de « Where We Belong « par exemple. On croirait écouter le malsain « Cryptorchid » de Manson. « The Storm is Coming », plage instrumentale cachée du disque est très sombre également et il n'est pas courant d'entendre Lostprophets évoluer dans ce registre. Au programme : un ascenseur émotionnel entre les phases plus calmes, pianos et violons, et celles plus folles et plus électroniques qui trahissent l'amour de Lostprophets pour Prodigy. Le chaos laisse sa place au calme pour un final planant.

The Betrayed est clairement moins bon que Liberation Transmission et Start Something. Plombé par quelques titres faciles ou maladroits - qui restent parfaitement écoutables malgré tout - comme « Streets of Nowhere » ou « A Better Nothing », il ne peut placer la barre aussi haute que ses prédécesseurs. Pour autant, The Betrayed est un excellent album, surtout si vous possédez la version japonaise. Lostprophets réussit, encore une fois, l'incroyable tour de force de marier des titres sombres « The light that Burns... », plus violents « Next Stop Atrocity » ou plus expérimentaux à d'autres morceaux plus efficaces « Sunshine » et radiophoniques comme le magistral « Where We Belong ». The Betrayed affiche un catalogue fourni de styles et d'émotions sans toutefois négliger la formule magique qui donne au groupe sa force : chaque chanson est conçue comme un hymne. Lostprophets fédère dans la douleur, Lostprophets fédère dans la colère et dans la joie. Les gallois comptent aujourd'hui quatre albums à leur actif et ne tarderont pas à mettre en route le cinquième selon les dires de Lee Gaze. Jusqu'ici, la formation n'a jamais déçu, ce qui fait d'elle l'une des meilleurs de sa génération et l'incontestable numéro 1 pour moi. Un groupe d'ores et déjà Légende.

http://www.myspace.com/lostprophets

CHRONIQUE : BLACK KENT - YES I KENT

Comme promis, Black Kent a finalement accouché de Yes I Kent, son nouvel album rappé en anglais. Un disque plutôt osé et attendu tant les feat avec Cory Gunz et Bishop Lamont - respectivement sur « Spit Crak Music » et « Pass that » - avaient suscité la curiosité du public français à défaut de le séduire complètement. Défiant les défenseurs du rap français les plus conservateurs en matière d'écriture, Black Kent allait donc tenter l'impensable pari de charmer français et américains sur le terrain de ces derniers. Une expérience polémique mais noble sur le papier qui allait rapidement tourner au vinaigre. Explications...

Les plus : Bishop Lamont en feat sur « Pass That ». Un titre sympathique à l'instru un peu folle. Cory Gunz sur « Spit Crack Music ». Un morceau véritablement intéressant. Le beat est intense et sombre, des choeurs affolés et grandiloquents sont rejoint par une ligne de basse tonitruante qui nous rappelle les plus grandes heures de Missy Eliott. Cory Gunz, originaire du Bronx, est déja apparu aux côtés de Lil Wayne et T-Pain ou encore sur le remix d'un titre de Rihanna. Des débuts prometteurs pour le rappeur Us mais un statut d'outsider pour le moment qui à certainement permis à Black Kent de le recruter sans efforts. Des singles addictifs mais trompeurs. Le rappeur semble y développer une sensibilité toute particulière au Hip Hop Us mais il n'en est rien à en juger le reste de l'album.

Les moins : Je vais essayer de faire court ou vous risquez d'en avoir pour quelques heures de lecture. Black Kent cherche à rentrer dans la peau d'un rappeur US mais se révèle être un très mauvais comédien. Tout est surjoué et sur tous les niveaux : son accent, ses gimmicks en début de morceau, son interprétation caricaturale en anglais tout comme ses références à la France et à Paris comme les « French Kiss » ou « les Champs Elysées »... Ses textes manquent d'idées, de vocabulaire, ses rimes sont répétitives. Les instrus sont un fourre tout d'influences, des beats très modernes flirtent avec le Dirty South et des instrus très Eastcoast. Le tout est soigneusement massacré et fait de ce Yes I Kent un album qui manque cruellement d'intelligence et de personnalité. « Parlez-vous français », « French Kiss »... Black Kent est-il sérieux ? La présence de Matt Houston sur « French Kiss » est une catastrophe. Ce morceau mi-zouk mi-rap mi-R’n’b est une grosse plaisanterie. Ne parlons même pas de « Fly » et de son instru digne de Matt Pokora. Le refrain brouillon et saturé de ce titre lui donne un caractère définitivement atroce. La suite de l'opus est tout aussi caricaturale – à l’image de son titre Yes I Kent et sa référence facile à Obama - et inintéressant.

Yes I Kent. Oui, Black Kent aura peut-être réussi à se prouver qu'il pouvait sortir un album rappé en anglais. Mais hormis lui et lui seul, je ne vois pas qui d'autre pourrait être convaincu. « Pass That » et « Spit Crack Music » sont de très bons titres. Pourquoi ? Parce que Bishop Lamont et Cory Gunz les portent respectivement à bout de bras. Le reste de l'album est à jeter. A trop vouloir se la « jouer ricain » comme on dit, Black Kent tombe dans l'hypercorrection. Des gimmicks ridicules en début de morceaux, un accent douteux et des textes de débutants, cet album à tout d'un canular. Musicalement, à part peut être l'instru de « Spit Crack Music », l'ensemble est une mélasse de beats Eastcoast, Dirty South et j'en passe. Le bordelais se contente de recracher ses influences avec maladresse. Une déception de taille et un terrible coup d'arrêt pour Black Kent. Passez votre chemin.

http://www.myspace.com/blackkentofficial

lundi 18 janvier 2010

INTERVIEW - DOYLE

A chaque nouvelle année son lot de résolutions. Pour 2010, Doyle voit les choses en grand. Après le succès de Submerge, Doyle et son nouveau line-up achève en ce moment même la réalisation de son premier opus. Et les surprises ne s'arrêtent pas là : un nouveau myspace, de nouvelles dates, la formation devrait squatter l’actualité pendant un bon moment. A cette occasion, allglorious se devait de vous préparer une petite interview des parisiens. Le rock français en 2010, le nouvel album du groupe, la main de Thierry Henry ou encore la grippe A, Thomas, Alexis et Austin - respectivement chanteur, bassiste et guitariste du combo - se sont prêté avec intérêt et humour au jeu des questions sérieuses mais trop du webzine. Rencontre avec un groupe authentique et motivé.

Pouvez vous présentez un peu le groupe pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
Alexis (basse) : Je dirai que Doyle est un groupe de rock, au sens large du terme, influencé par toute la nouvelle scène "métal/screamo" anglo-saxonne.
Thomas.V (chant) : Je ne sais pas vraiment comment présenter notre musique, notre groupe...C'est clair que nous sommes dans la grande scène «rock/métal».
Après il y a tellement de mots comme «emo/screamo/post-hardcore», je m'y perds un peu...
Si je devais nous comparer à des groupes, je dirais que nos influences palpables et communes se retrouvent dans Underoath, The Devil Wears Prada, Drop Dead Gorgeous, Misery Signals, Every Time I Die, Hopesfall...
Nous écoutons tous des musiques tellement différentes qu'il est tout de même difficile de nous qualifier dans un style précis, si ce n'est «rock/métal»...
Le plus simple est quand même d'aller écouter sur notre myspace et de se faire son opinion !

Quelle est l'actu de Doyle, ou en est l'album ?
Thomas.V : C'est à peu près fini...
Les batteries, guitares et basses ont été enregistrées cet été (d'ailleurs nous vous invitons à regarder les vidéos blogs que nous avons fait durant tout l'enregistrement de l'album sur notre myspace). Nous avons également terminés les voix la semaine passée, ainsi que les arrangements...reste à mixer !
Alexis : Nous avons encore quelques détails à fignoler mais le plus gros est fait...encore un peu de patience...

Le changement de Line-up et le succès de Submerge auprès des médias Rock vous ont-ils mis une pression supplémentaire pour ce nouvel opus ?
Austin (guitare) : En ce qui concerne le changement de line-up, pour moi qui suis dans le groupe depuis le début, ça nous a forcé à revoir notre façon de travailler. Cela à vraiment été bénéfique pour l'album. Les chansons sont beaucoup plus mûres et réfléchies que sur notre premier EP 4 titres (Submerge, sorti en juin 2007).
Alexis : Je n'ai pas ressenti de pression extérieure vis-à-vis des médias, je crois qu'on nous a plutôt laissé tranquille sur ce point.
Le public par contre non...on arrête pas de nous demander "quand est-ce que sort l'album? Je veux l'écouter!". On est surtout très impatient d'en finir et de partir le défendre sur les routes. C'est notre premier album, je suis curieux de voir la réaction des gens car il sera très différent de l'EP...
Thomas.V : Je n'étais pas dans le groupe après la sortie de l'EP, mais j'ai la forte impression que "l'appétit" des gens ne cesse de grandir concernant l'album.
Nous avons reçu beaucoup de messages sur myspace et facebook pour nous demander où nous en sommes.
Austin : La pression vient plus du public, on se demande vraiment comment l'album va être reçu auprès d'eux...je me demande en permanence ce qu'ils vont en penser...
Thomas.V : Je pense que la chanson que nous avons mise en ligne dernièrement, John Airence (la première avec Thomas V. au chant, composée pour le court métrage "Roving Analysis" de Pierre-Marie Croquet), à été bien reçue...c'est bon signe ! C'est une chanson un peu a part des autres et très différentes de l'ancien Doyle...

Enhancer à récemment chanté la mort du rock français ! Vous partagez le constat ?
Alexis : Je ne sais pas. Il y a tellement peu de groupes de rock français qui percent...je ne sais pas si la scène rock a véritablement "vécue".
Thomas.V : Je suis un peu d'accord avec eux dans un sens, même si je pense aussi que la scène rock en france n'a jamais vraiment percée.
Il m'arrive de temps en temps d'écouter Oui FM, la fameuse "radio rock", mais je n'entends pas de rock français...c'est juste de la variété avec des mec qui ont des looks de baby rockers.
C'est vraiment dommage quand on voit qu'il y a en France de super groupes, sans parler de métal ou de screamo, qui ne passeront jamais à la radio. Ou alors dans plusieurs années, quand les mentalités auront un peu évoluées...
Austin : Oui, j'ai l'impression que la France à une mauvaise définition du rock... Enfin, au moins on a des mecs comme Renan Luce, ou Raphaël qui ont révolutionné la variété française! (ironique)
Alexis : C'est intéressant de voir que en 2010 ce sont les mêmes groupes qui font l'actualité rock depuis plus de 10 ans : Mass Hysteria, Aqme, Enhancer...malgré les splits de plusieurs d'entre eux, ils n'ont pas été remplacés. Pourtant il y a plusieurs bons groupes en France mais aucun ne fait réellement son trou....

Les mass médias sont encore très frileuse en matière de musique amplifiée, ya t-il des raisons qui vous font croire que tout peut changer en 2010 ?
Alexis : La France n'a pas une culture rock. Il y a un public pour de genre de musique mais on voit bien que ce qui passe à la télé où à la radio, niveau groupes français, c'est pas vraiment la même choses que chez les anglais ou les américains.
Thomas.V : C'est clair, la France n'a jamais été un pays prônant le rock, et je pense ne le sera jamais.
Austin : J'ai bien peur que rien ne change en 2010. En France t'aime pas trop le changement...t'aime bien écouter Johnny parce qu'il est là depuis 50 ans, c'est une valeur sûr...
D'ailleurs, Indochine est un bon exemple pour illustrer ça : le seul album qui ne ressemble pas à tous les autres a fait un flop ! C'est dommage mais c'est comme ça...

Que vous as apporté le père noel cette année ?
Alexis : Des sous et un coffret 6 DVD Star Wars !
Thomas.V : Des vêtements trop petits ! Et un peu d'argent...
Austin : Il m'a apporté des livres, des vêtements, du parfum et un petit chèque !

Quels sont vos coups de coeur de l'année 2009 en musique cinéma etc ?
Alexis : L'album de Deaf Havana, celui de A Day To Remember et le dernier Marcus Miller. En cinéma, évidemment «Avatar» et «Là-Haut».
Thomas.V : En musique une artiste allemande : Soap and Skin. Elle a sorti son premier album «Lovetune for Vacuum» et c'est tout simplement magnifique. En cinéma je dirais «Là-Haut» aussi, que j'ai trouvé formidable.
Austin : En musique, Homesick de A Day To Remember, Relentless de For The Fallen Dreams et surtout Sleepwalking de Memphis May Fire! Pour le cinéma, pareil, j'ai beaucoup aimé "Là-Haut", mais aussi Watchmen, ou encore Public Enemies...

Doyle craint-il plus la grippe A, la crise économique ou la fin du monde en 2012 ?
Alexis : La fin du monde ça doit être marrant.
Thomas.V : Oui la fin du monde ça a l'air mieux...quoique la grippe A aussi. On rigolera bien dans 2 ans avec nos fusils à pompes en tirant sur tous les vaccinés de 2009 qui seront au stade de zombies ! Un grand courage qu'ils ont eus...jamais je ne ferais de vaccin qui vient de sortir.
Austin : Honnêtement, la crise économique ! La grippe A, ça n'est qu'une bonne grippe...et 2012...tous les 10 ans c'est censé être la fin du monde !
Alexis : En fait on craint surtout la reformation des Backstreet Boys.

La main de Thierry Henry pour les qualifications à la coupe du monde, ça vous interpelle ou vous en avez rien a foutre ?
Thomas.V : Je ne sais même pas qui c'est...
Alexis : On en a parlé pendant des jours et des jours. J'aime bien le foot mais je crois que il y a des choses plus importantes dans la vie...en fait je m'en fous !
Austin : Ouais, tu trouves ça scandaleux pendant 10 minutes, mais après tu t'en fous totalement !

Aujourd'hui pour devenir acteur porno, il faut avoir une condition physique impeccable, mesurer plus d'1 mètre 75 et avoir un self self-control hors du commun ! Combien d'entre vous prétendent pouvoir postuler ?
Alexis : Il n'y a que moi, c'est d'ailleurs pour ça que je suis dans le groupe.
Thomas.V : Tu m'as l'air bien renseigné Kevin...tu étais prétendant ?
Austin : C'est bizarre comme question ça !

Une exclu pour allglorious, un message à faire passer ?
Alexis : Thomas V. est le sosie caché de Framboisier des musclés...mais chut, c'est un secret.
Thomas.V : Ah d'accord (rires)...Et bien suivez l'actu et allez nous voir en concert !
Bientôt beaucoup de news, l'album, du merch, un nouveau myspace, une première chanson de l'album en ligne... que des bonnes nouvelles !
Austin : Et surtout un magnifique teaser vidéo annonçant l'album bientôt en ligne sur notre myspace réalisé par A.D.A.A.M. (aka Pierre-Marie Croquet) qu'il ne faudra pas rater !

http://www.myspace.com/doyleband

vendredi 15 janvier 2010

INTERVIEW - TRIBES

Après la chronique de l'EP When Everything Collapses des Lillois de Tribes proposée cette semaine, je vous invite à lire cette petite interview du groupe. Jordan, jeune chanteur de la formation revient pour allglorious sur les influences textuelles et musicales de cet EP, sur la scène métal française et sur l'avenir de Tribes.

Peux-tu présenter un peu le groupe pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Tout d'abord salut à toi, nous nous appelons Tribes. Nous sommes composés de 5 Musiciens Nicolas et Mathias à la guitare, Adrien à la basse, Aurélien à la batterie et moi Jordan au chant. Nous sommes une formation influencée par le métalcore, la pop, le rock, le death métal. Nous sommes sur une base d'ouverture d'esprit totale, on ne veut pas se poser de limites dans la composition des morceaux. Nous avons partagé la scène avec des groupes comme The Eyes of a Traitor, Evita, Shaped By fate, Betraying The martyrs, Darkness Dynamite ou encore The Bridal procession...

D'où vous est venue cette idée de restituer le mythe de Cthulhu?

L'idée est venue très rapidement, le jour où mon guitariste Mathias m'a parlé du livre de Lovecraaft : « l'appel de Cthulhu » lors d'une soirée, et cela m'a directement donné des idées. Mathias m'a prêté le livre qui est tout simplement magique, et dans la foulée il compose « The Rise » avec des paroles qu'il a écrit sur le bouquin, à partir de là l'idée m'est venu directement de proposer un EP concept sur ce livre qui nous avait passionné. L’objectif n'était pas de raconter le livre mais d'en faire une interprétation actuelle et moderne sur la condition de l'être humain en ce moment. C'est à dire savoir comment dans notre époque avancée, l'être humain réagirait dans une situation où un monstre géant attaquerait le monde entier. Ses réactions envers son prochain, ses sentiments, sa cupidité, la vanité qui s'installeraient entre nous, le message réel est une critique de notre comportement à tous, la façon dont nous vivons, plus rien ne nous choque, on crache sur tout, on pollue. En exprimant tout cela, le but était d'instaurer un message positif et au final, qu'on sache tirer des erreurs du passé.

Je suppose qu'écrire avec le souci de garder une certaine cohérence autant musicale que textuelle n'a pas du être facile...

Oui c'est sur, que ce n'est pas facile, surtout de choisir le bon morceau pour exprimer la bonne émotion, le bon passage de l'histoire que l'on souhaite raconter. Mais l'avantage que l'on a eu, c'est que malgré notre jeune âge (moyenne d'âge de 20 ans), nous avons commencé à jouer ensemble à 15 ou 16 ans ce qui nous permet de nous connaitre par cœur et de nous comprendre assez rapidement dans la composition de l'album. Les 6 chansons de l'EP sont pensées pour être une suite homogène à l'histoire avec des plans plus calmes, moins calmes, plus classiques...

A l'avenir y-a t-il d'autres aspects / créatures de la mythologie ou de la démonologie que vous souhaiteriez exploiter dans vos textes ?

Oui il y a énormément de possibilités à ce niveau là, car c'est vraiment quelque chose qui me passionne, je peux passer des nuits à me renseigner, m'instruire, lire des bouquins, a différencier le vrai du faux sur le net, car il y a énormément de conneries. Pour le moment, la composition de l'album avance assez vite. Il va parler des sociétés secrètes, le côté théorie de la conspiration, une société toute puissance du monde enlève une demoiselle pour la sacrifier et faire des expériences sur elle, via des rites sataniques. Pour les connaisseurs, cela s'inspire des reportages et témoignages que l'on peut retrouver sur le Bohemians Grove, les Skulls and Bones, les Rockfellers, toutes ces sociétés secrètes ou familles qui cherchent à contrôler discrètement le monde. Tu mélanges tout ça et tu rajoutes à l'histoire le chef de la société secrète, qui voue un culte à Alister Crowley. Mais, ça ne parlera pas ou très peu de politique, toutes épreuves que va subir l'héroïne va me permettre d'afficher un coté plus émotif à l'histoire, voir ces horreurs va lui donner un instinct de poète et des sensations qui vont lui permettre de chercher l'espoir...
Tout ça est encore à l'état de projet. J'espère être le plus clair possible car quand le projet débute, il n’est pas facile d’en parler.

Vous semblez accorder une certaine importance aux parties de chant clair... Tribes pourrait-il s'orienter vers quelque chose de plus mélodique à l'avenir ?

Oui, dans le groupe malgré le coté métalcore, voir parfois deathcore, cela reste notre premier EP. Nous avions vraiment la volonté d'apporter une petite originalité et proposer 6 chansons dont aucune qui ne soit réellement dans le même style. On voulait montrer qu'on pouvait être ouvert, proposer une intro super symphonique, un premier morceau deathmétal, un deuxième morceau métalcore /deathcore et une fin à la rythmique punk, « Anginia » qui sonne emo voir néo à la Deftones par moment, un groupe dont je suis très fan. « Redemption » est dans la même veine que « The Crimson » en plus mélodique et dansant à mon sens. « Awaking the Giant », où le chant clair à une énorme importance, est un duo avec François de From Dying Skies qui a une voix que j'aime beaucoup et que peu de gens ont en France. C’est un morceau assez technique qui reste ouvert au chant clair, c'est quelque chose que nous voulions aussi démontrer : on peut faire une musique assez violente, tout en restant très ouvert et proposer ce style à un plus large public.
Pour en revenir au sujet sur lequel je me suis égaré : le chant clair est quelque chose que nous travaillons énormément pour l'album, ainsi que d'autres styles de chant plus mélodiques. Le but est de ne jamais rester sur ses acquis, toujours évoluer pour donner des nouvelles facettes à notre musique…

Vous avez commencé l'aventure il y a quatre ans. Selon vous, le public est-il plus réceptif à la musique de type deathcore ou amplifiée qu'à vos débuts ? Reste t-il encore des efforts à faire ?

Je trouve qu'en France on est très en retard sur la musique actuelle. Le death est un phénomène de mode dans nos salles de concerts, mais quand on regarde bien dans les autres pays, le deathcore est mort depuis deux trois ans, mais à mon avis c'est un problème de relais de l'information. Là où en Allemagne, en Belgique, aux States ou en Angleterre il y a énormément de magazines à grands tirages qui parlent de courants musicaux métal, font la promotion des nouveaux groupes qui se démarquent, en France, on a quoi qui tourne maintenant… Rock One ? Je dis oui mais pas totalement dans la mesure où j'ai plus l'impression que ça parle de comment s'habiller et pourquoi un tel a fait ce tatouage qu’autre chose, même si les idées sont sympas !
Après , pour te dire, je ne fais plus attention aux étiquettes car quand on a commencé il y a quatre ans, on était catalogué groupe emo alors que si on écoute nos tous premiers sons, c'est tout sauf de l'émo. Là on est catalogué deathcore mais moi, personnellement, je trouve que l'on en fait pas du tout. Le seul disque deathcore que j'ai vraiment aimé c'est le premier EP de job for a cowboy, ou le premier All Shall Perish et je trouve qu’on ne ressemble pas du tout à ce style. C'est juste une grosse étiquette à la mode.
J'ai l'impression que le public n'apprécie plus que ça, ne s'amuse plus en concert, j'ai l'impression que si tu fais pas une mosh part ou un Two Step, personne ne cherche à bouger, c'est le mosh ou rien, personnellement les slams en concert ou les bons vieux pogos me manquent vraiment.. Il nous arrive de partager la scène avec des groupes différents, de type plus match ou expérimental et quand c'est à ce genre de groupe de jouer, la moitié de la salle se casse, je trouve ça inadmissible et totalement irrespectueux.

Est-ce qu'il est difficile en tant que groupe d'essayer de vivre loin de la capitale ?

En tant que groupe Lillois, on est forcement moins exposé que les groupes de la capitale quoiqu'on en dise. C'est un fait et c'est malheureux, mais je pense que cela fait partie d'une logique. Si tu viens des Etats unis et que tu cherches un groupe Français : la première chose à laquelle tu penses c’est Paris. Idem pour les groupes qui tournent en France
C’est Paris puis vient la Belgique. Même là-bas il y a plus de shows qu'en France. Parkway Drive ou Bring me the horizon peuvent faire deux trois dates en Belgique.
Pour tourner, tu dois surtout te débrouiller toi-même ou en sollicitant des contacts via myspace ou Facebook, pour un jour espérer sortir du lot, ce qui est notre objectif pour l'album à venir… J’arrive à peu près à m’en sortir vu que je gère le management du groupe et avec le temps on a pu se faire des amis et des contacts solides !

Etes-vous conscient d'évoluer dans un registre pour le moment très en vogue mais qui possède une date de péremption ?

Oui totalement, mais comme je te dis, on a beau être catalogué dans cette vague, nous n’en faisons pas vraiment partie. Evidemment il y a des plans, des breakdowns et d’autres influences… Le style de chant aigu/grave aussi peut faire penser à ça mais je ne considère vraiment pas Tribes comme un groupe Deathcore et au final les gens qui viennent nous voir en concert pensent la même chose. Mais en concert on ne se contente pas de jouer le set il y a aussi quelques morceaux qu'on teste pour l'album et qui eux sont beaucoup plus personnels et recherchés. Mais le deathcore est pour moi périmé depuis un moment. Quand le sera t-il en France ? Je ne sais pas du tout… Mais les groupes qui aiment la musique et qui s'accrocheront arriveront à évoluer et chacun trouvera sa voix !

Que nous réservez vous pour 2010 ?


Pour 2010, l'objectif est de continuer cet album qui nous tient à cœur et de promouvoir notre EP qui est pour nous une fierté et la fin d'une ère musicale. C'est aussi chercher des dates partout en France, en Belgique, et pourquoi pas rebooker une tournée avec un groupe anglais comme la tournée que nous avions fait avec Shaped by fate !

Une exclu, un message à faire passer ?

Un message tout d'abord pour toi, merci pour ta chronique, ton interview, j'espère de tout coeur que tu deviendras pro dans ce domaine tu le fais bien, merci à tout ceux qui nous soutiennent partout en France : c'est super touchant. Je vous remercie tous au nom du groupe ! Et une petite exclue pour allglorious, on est en train d'enregistrer un single, pour myspace et tout support internet. Il sera gratuit et donnera un aperçu de notre nouvel univers !

http://www.myspace.com/tribes59

jeudi 14 janvier 2010

AVRIL LAVIGNE REPOUSSE SON ALBUM

Le site aceshowbiz nous annonce que le nouvel album d'Avril Lavigne est encore une fois repoussé et qu'il ne devrait pas voir le jour avant l'été prochain. Pour quelles raisons ? Tout simplement parce qu'il est toujours prévu que Derick Whibley en soit le producteur. Huit chansons avaient été composés avant le divorce de la chanteuse et du frontman des Sum41 il y a quelques mois. Il en resterait donc trois ou quatre à mettre dans la boîte et Avril comme Derick souhaitent se laisser un peu de temps avant de retravailler ensemble. Selon une source proche des deux intéressés, la chanteuse semble être fière de cet album et l'entourage d'Avril Lavigne souhaiterait que les ex-mariés puissent mettre de côté leurs différents pendant un moment afin de boucler ce disque qu'ils qualifient déjà de « terrific ». Rappelons que les sum41 s'occupent également de leur nouvel opus et que celui-ci devrait être disponible très prochainement.

http://www.myspace.com/avrillavigne

mercredi 13 janvier 2010

TRIBES - WHEN EVERYTHING COLL...

Tribes est un jeune groupe venu du nord de la France, plus précisément de Lille. Les 5 garçons distillent un métalcore tendance influencé par les voisins britanniques de Architects ou The Eyes of a Traitor. Leur dernier EP When Everything Collapses est disponible depuis fin 2009 en téléchargement gratuit sur Internet. Une belle initiative qui se doit d'être saluée et qui devrait leur permettre de faire passer le mot. Au menu : un disque concept 6 titres narrant l'avènement d'un monstre marin échappé de la mythologie d'HP Lovecraft - amis de la littérature fantastique comme moi, l'idée devrait vous séduire - et venu semer le chaos dans une société déjà ravagée par ses propres démons. Un décor apocalyptique qui nous permet de mieux aborder l'écoute de cet EP. Voici donc ce qu'il faut retenir - ou pas - de ce When Everything Collapses.

Les plus : Le thème emprunté à la mythologie lovecraftienne, en l'occurence le réveil de Cthulhu, créature fictive à tête de pieuvre qui n'est pas sans rappeler le mythique Kraken. Le concept permet de donner une certaine cohérence au disque, il l'encadre et oriente notre ecoute. A signaler : « Anginia » et ses nappes très néométal - Deftones est d'ailleurs cité par le combo parmi ses influences - plus accessible, plus calme et tout en nuance avec une intro délicatement grattée. Le chant clair en fin de titre lui donne une certaine profondeur et encore plus d'intensité. Les passages plus calmes restent quand même plutôt timides et le groupe y gagnerait certainement à forcer la mélodie. « Awaking the Giant » est également un bon titre. D'entrée, l'ambiance est installée par ce riff aiguisé très Children Of Bodom. Le morceau se révèle plus atmosphérique et plus rafraîchissant. La fin de « Awaking The Giant » conclut avec panache cette histoire par ses orchestrations - violons, piano - et son chant clair. N'oublions pas de préciser que ce When Everything Collapses bénéficie d'une intro dense, presque symphonique très intéressante. Un piano résigné laisse sa place à un son plus métal qui met en place le film de l'album.

Les moins : Tous les clichés du deathcore sont ici réunis mais également tous ses inconvéniants. Après quelques minutes s'installe une certaine monotonie malgré le découpage du disque en 6 étapes bien différentes. Le groupe aurait peut-être dû insister sur les parties chantées qui font preuve d'un manque d'assurance certain. « The Rise » ou « The Crimson » manquent un peu de personnalités : abandonce de chant growl, scandés punk et double pédale. La recette habituelle. « Redemption » est plus rythmée et plus catchy mais manque également d'une petite touche personnelle. Malgré tout, on sent l'envie du groupe de se lâcher et d'explorer d'autres sentiers que ceux qu'ils empruntent actuellement.

Tribes manque encore de maturité et de personnalité. Rien de très grave compte tenu de la moyenne d'âge du groupe et de sa très jeune carrière pour le moment. L'ensemble du EP est aisément perfectible et ne s'écarte guère des clichés relatifs aux genres métalcore / deathcore. Malgré tout, la formation possède une belle marge de progression. En effet, When everything collapses se révèle être un disque cohérent et maîtrisé. A l'inverse de bon nombre de formations deathcore, Tribes adopte un positionnement plus FM - rien de péjoratif à cela - plus accessible et surtout plus rafraîchissant. « Anginia », par exemple, se démarque par son accent très néométal et « Awaking The Giant » par ses orchestrations, son chant clair et ses passages atmosphériques. Je ne suis certainement pas en position de donner des conseils, mais si la formation pouvait s'émanciper un peu des codes utilisés par ses aînés, ajouter un peu d'intensité à ses mélodies et soigner un peu plus le chant, elle pourrait réhausser un peu plus ses ambitions. La volonté et là, le talent aussi, Tribes devrait pouvoir très vite passer à la vitesse supérieure. A suivre de très près.

http://www.myspace.com/tribes59

mardi 12 janvier 2010

DETOX ET R.E.D ENCORE REPOUSSES !

L'année 2010 semblait tendre les bras au Detox de Dr Dre, la rumeur annonçait même une date avant l'été. Encore une fois, nos espoirs pourraient être balayés par cette interview donnée par Dre lui même dans Slam Magazine affirmant qu'il faudrait attendre un an avant de pouvoir écouter l'album : « Well, I'm working on it, but also I've been working on other people's projects; you'll probably hear something in a year or so ». Je ne sais pas pour vous, mais je n'ose même pas envisager une sortie en 2011 qui me paraît être l'année de trop. Depuis un an, le producteur multipliait les déclarations encourageantes sur la sortie de l'opus, mais cette fois-ci il prend le risque d'apporter un peu d'eau au moulin des sceptiques. Le R.E.D de The Game est lui repoussé au 23 Mars. En effet, tant que Game n'aura pas effectué l'intégralité de ses travaux d'intérêt général, celui-ci sera dans l'obligation de rester sur le territoire et ne pourra se lancer dans une campagne promo. Esperont qu'il boucle les prochaines 200 heures rapidement ou la sortie du disque aurait à subir un nouveau report.

http://www.myspace.com/thegame

MESSAGE DE FUNERAL FOR A FRIEND

Le site alterthepress relaie un message laissé par les Funeral For A Friend sur leur myspace qui profitent de la nouvelle année pour faire le point sur l'activité du combo. Le groupe serait sur le point d'enregistrer son cinquième et nouvel album - le premier avec Gavin - sous l'oeil avisé du producteur Romesh Dodangoda retenu après son travail sur Your History is Mine. Ce qui confirme ce que m'avais dit Gavin lors d'une interview : Funeral For A Friend ne s'arrête jamais ! D'autre part et c'est un peu la blague du jour : le groupe semble avoir du son un peu plus lourd dans les valises. On se rappelle du pseudo « retour aux sources » annoncé avant la sortie du très mitigé Memory and Humanity, chroniqué ici par mes soins. Etant donné l'hyperactivité féroce qui atteint les membres de la formation, on peut tout à fait se risquer à parler d'une sortie pour 2010. Par contre pour ce qui est de l'orientation musicale, ne vous réjouissez pas trop vite. J'ai beau placer Funeral For A Friend dans mon top5 depuis la sortie de Seven Ways to Scream Your Name, je reste sur mes gardes depuis l'apparition d'un certain Tales don't tell themselves.

http://www.myspace.com/funeralforafriend

lundi 11 janvier 2010

DES NOUVELLES DE LA WESTCOAST

Quelques nouvelles de la côte ouest ou une nouvelle photo de Dr Dre accompagné de The Game en studio continue d'entretenir le buzz Detox. Detox qui pourrait être la rampe de lancement d'un certain Slim da mobsta, petit protégé de Dr Dre. A l'image de Chronic qui avait lancé Snoop Dogg ou de 2001 qui avais part belle à Eminem, le rappeur pourrait donc profiter des quelques featuring que lui reserve Dre pour débuter sa carrière. The Game lui continue d'entretenir le buzz sur son R.E.D qui sera disponible le 16 février. On sait désormais que Beanie Sigel et Rick Ross feront partie de l'aventure ainsi que Justin Timberlake et Robin Thicke. Toujours rien de concret par contre en ce qui concerne la participation de Lady Gaga. Et on finit sur Bishop Lamont cette fois qui revient sur son divorce avec le label Aftermath : « Dre is still my big bro, but after five years of just sitting there, it is kind of unfair to the fans and my family and myself that the release date has changed when all these people are waiting ». Bishop semble avoir mal digéré - comme un certain 50cent - le fait que Dre ait du mal à se fixer sur un projet en particulier et en l'occurence le nouveau album de Bishop Lamont qui devait sortir en 2009. Actuellement à la recherche d'un nouveau label, le rappeur ne devrait pas rester seul trop longtemps avec un potentiel comme celui-là.

http://www.myspace.com/thegame

SLAUGHTERHOUSE VEUT ENCHAINER

Le supergroupe Slaughterhouse - Joe Budden, Royce 5'9, Crooked I et Joell Ortiz - envisage de donner une suite à son premier album. En voila une bonne idée. Le magazine Rap2k relaie ainsi les propos de Crooked I sur ce potentiel nouvel opus : « A présent, nous avons mûri ensemble, plus proches que jamais et nous savons comment bosser ensemble. Je pense que ce sera un cran au dessus, je n'ai aucun doute là-dessus… J'aimerais avoir des albums introspectifs, des albums plus persos. Je voterai pour deux albums de plus de ce genre. Ça sera encore plus addictif que le premier ». Des propos qu'il faudra bien évidemment assumer, l'album eponyme étant déjà de très bonne facture. Une tournée européènne est en préparation mais aucune date n'a pour le moment été fixée dans l'hexagone. En attendant on se réecoute « Lyrical Murderers », une des bombes du nouveau groupe prodige.

http://www.myspace.com/slaughterhouse

LIL WAYNE - REBIRTH (2009 EDIT)

C'est peu dire que ce Rebirth était attendu. Propulsé par le triomphe de « Got Money » ou « Fireman » et en pôle position des diffusions de clips l'après midi sur mtv, Lil Wayne pouvait afficher sans pudeur ses ambitions. Pas mécontent non plus de son featuring sur le titre de Kevin Rudolf, le rappeur se voyait bien sortir un album plus rock ou il pourrait y afficher sans retenue son amour pour le genre et y exercer ses dons de musicien. La décision était prise, Rebirth allait être un monument du Hip Hop dans son approche très rock et plus originale. Fin décembre 2009, l'album était une énième fois repoussé. Lil Wayne devant s'acquitter d'une peine de prison. L'impensable allait alors se produire, le site Amazon allait tout de même expédier les 500 exemplaires de Rebirth précommandés sur son site. Une fuite catastrophique laissant les internautes libres de se procurer cette première version du disque. Première version puisque Lil Wayne annonçait dans la foulée que le disque sortirait en février avec un tracklisting légèrement remanié. Des propos probablement destinés à prévenir le flop commercial annoncé de ce Rebirth le 2 février prochain. Quoi qu'il en soit, allglorious à choisi de vous livrer le meilleur et le moins bon de cette prétendue première version de l'album. Croyez-moi, l'affaire est encore loin d'être dans le sac....

Les plus : La pochette de l'album ma foi fort sympathique ? Trêve de plaisanterie, il n'y a malheureusement pas grand chose d'intéressant dans cette première édition de Rebirth. Peut-être « Knockout » et son côté pop punk de bande originale. Le meilleur titre de l'album à mon goût. Le riff est catchy, le morceau addictif, le refrain superbement interprété par Nicki Menaj - ce qui ne l'empêche pas de massacrer son couplet par la suite - mais sa voix et celle de Lil Wayne restent démesurément robotisées. Cette histoire de romance sur fond de différence s'avère plutôt mièvre mais divertissante. « Runnin » également, plus mélodique. Très avril-lavignesque dans ses envolées mélodiques à la « Keep Holding On ». Lil Wayne laisse - un peu - de côté son vocodeur pour s'adapter à cette instru plus posée mais aussi plus sombre. « Drop The World » et son intro inspirée n'est pas détestable. Le titre est un peu plus punk et plus original. La participation d'Eminem, si elle n'est pas indispensable, ajoute de l'intérêt au morceau. Dans son style classique très véloce et très brut, Eminem entraîne Lil Wayne sur des sentiers moins superficiels, moins électroniques et plus propices à la démonstration artistique. Intéressant.

Les moins : « On Fire » et « Prom Queen », deux singles avec quelques idées intéressantes mais qui montrent trop de maladresse. Le succès de « On Fire » ne tient qu'à une seule chose : sa boucle synthé très 80's empruntée à la comédie musicale Fame. Le reste n'est qu'un low beat hip hop ordinaire sur lequel Lil Wayne s'obstine à nous servir sa soupe vocale électronique sans grande conviction. La prod est de qualité, certes, mais l'ensemble ne tient pas debout. Rien de très intéressant non plus du côté de « Prom Queen » et son intro basse très néo métal. Nous servir un disque conceptuel c'est bien joli, encore faut-il avoir le talent pour le mener jusqu'au bout. Sur fond de teen romance façon American Pie, Lil Wayne offre un titre naïf au refrain inécoutable. La participation de Shanell n'arrange rien au massacre. « American Star » reprend avec maladresse tous les stéréotypes de l'Amérique : la célébrité, les filles, le rêve américain sur fond de Hip Hop Rock. L'intro guitare laisse place à un morceau rythmé, très Red Hot Chili Peppers dans l'esprit. L'idée de départ est noble mais le résultat n'est pas efficace. Encore une fois Lil Wayne esquinte le morceau à grand coups de vocodeur et Shanell ne parvient pas à le faire décoller. Parmi les plus gros bides de ce Rebirth on trouve également « The Price is wrong ». Lil Wayne se la joue Bad Religion, vociférant l'échec d'une love story de manière très brutale. Chant crade, guitares crades, vrombissement de basse, suivant les traces de « Ground Zéro », le rappeur s'égare sur ce petit détour punk plutôt consternant. « One Way trip » à tout de la chanson variet' de base laissant le soin à Kevin Rudolf - souvenez vous de « let it rock » - d'y apporter sa touche playskool rock. Et puisque Lil Wayne est un rockeur désormais, n'ayant pas peur de la comparaison : sur « Paradice », Lil Wayne s'impose comme le Drop Dead Gorgeous du Hip Hop. Le morceau débute à pas feutré sur un air faussement Gun's N Roses, Lil Wayne gémit et semble éclater en sanglot chaque fois qu'il essai de chanter. Le rappeur s'autorise quelques orchestrations en fin de titre à grand renfort de piano et de violon, histoire de lui donner un peu de profondeur mais sans succès. Le reste de la galette est proprement insignifiant.

A l'image de toute cette agitation autour de sa sortie, Rebirth est un disque pénible. J'ai lu récemment que le rappeur ne souhaitait pas que l'on considère ce disque comme du « Lil Wayne qui essaie de faire du rock » mais plutôt comme quelque chose d'original, de fantaisiste et de nouveau. Pourtant après écoute attentive de celui-ci il est difficile de ne pas justement le résumer à « Lil Wayne qui essaie de faire du rock »… mais surtout qui n'y parvient pas ! Oui le disque comporte quelques titres intéressant : le pop punk « Knockout » et son riff bien senti ainsi que son très bon refrain chanté par Nicki Minaj. « Runnin » également, qui se rapproche plus du pop rock voire de la variété internationale que du titre rock ou hip hop. « Drop The World » en featuring avec Eminem. Le reste est à jeter, ni plus ni moins. Lil Wayne est un très mauvais chanteur et un rappeur moyen. Il semble qu'il ne se résoudra jamais à abandonner ce flow robotisé qui fait, depuis un moment déja, sa caractéristique. Musicalement, Rebirth est un fourre-tout d'influences rock, voir néo métal ou punk - si si je vous jure - recrachées avec grossièreté. Les textes et les sujets abordés sont clichés au possible, le rêve américain, la célébrité, les romances de lycées et leurs lots d'inconvénients. Ce culte des stéréotypes confine à l'insolence si ce n'est à la bêtise. Pour finir sur une note ironique, ce Rebirth risque bien de tuer Lil Wayne plutôt que de lui redonner des ailes et je ne vois vraiment pas comment le Fireman pourrait triompher de cet incendie...

http://www.myspace.com/lilwayne

samedi 9 janvier 2010

YOU ME AT SIX - HOLD ME DOWN

Nous sommes fin 2008. Les britanniques de You me at six sortent Take off your colors, leur premier album studio. Le succès est immédiat, en attestent les nombreuses couvertures de magazines dédiées à la formation rock / pop punk. « Save it for the Bedroom », « Kiss and Tell » sont des hits en puissances et la magie opère également à l'intérieur de l'héxagone. Janvier 2010, le combo est de retour avec Hold me down, son deuxième opus. Le cliché voudrait que l'on parle d'album de la confirmation. Plus mature, plus rock, You me at six a grandi c'est indéniable. Pour autant peut-on dire que ce Hold me down est une réussite ? Quelques éléments de réponse.

Les plus : Ce petit côté pop métal - bien que je ne sois pas très fan du terme - très british qui caractérise ce nouvel album. Il est dingue de constater à quel point les formations britanniques se sont inspirées de Lostprophets, que ce soit You Me At Six, Kids in Glass Houses, The Blackout ou bien Attack Attack ! dans cette approche très pop et très catchy du rock. Pas forcément original mais terriblement efficace, et comme je suis un grand fan de toute cette vibe, la magie agit sur moi. Exemple : le premier single, « The consequence ». Rapidité d'exécution, chant pop punk à la Fall Out Boy, des guitares qui chantent, qui vrillent : j'accroche à 100%. Un passage aux screams assuré par Sean Smith, l'un des deux chanteurs de The Blackout ajoute encore plus d'intensité à ce très bon titre, qui nous rappelle également le Hoobastank des grands jours - celui de « Same Directions » . A retenir également : « Playing the blame game », second meilleur titre de cette galette. Voix plus swing, plus d'orchestration et plus de symphonie que « The Consequence » pour un titre plus poignant, plus nuancé. La recette reste la même et le titre est efficace. « Underdog » est plutôt sympathique également, plus dance rock dans l'esprit, le morceau rappelle un peu le « Thanks for the memory » de Fall Out Boy (vous devez en avoir marre de la comparaison, mais je ne l'invente pas). Le refrain est un peu moins catchy que l'ensemble mais « Underdog » reste un très bon titre emo rock pour les fans du genre. A signaler également un bon « Liquid confidence » qui offre un petit break mid tempo. Le morceau fait très chanson de B.O mais s'avère plutôt rafraîchissant. « Trophy eyes » se démarque un peu du reste dans un genre pop rock.

Les moins : Le disque se scinde en deux parties. Une première partie plus rock, plus couillue. Une seconde plus pop, plus radiphonique et nettement moins intéressante. You me at six passe du pop métal vitaminé au pop rock de B.O sans crier gare. Si vous êtes fans de Eve6, Three Days Grace et tout ses groupes sans saveur, cette deuxième partie est pour vous. « Take my breath away » amorce la pompe. Plus formaté, plus maladroit, il offre tout de même un finish intéressant où les guitares virevoltent un peu plus. « Contagious chemistry », « Hard to swallow », ces titres sonnent très pop rock et manquent cruellement de fantaisie. C'est même l'ennui total. « Safer to hate her » est le comble du banal et s'avère être le moins bon titre de cette galette. Sur « Stay with me », le chanteur prend des allures de Jared Leto, sa façon de chanter est nonchalante, et rien ne me déplaît plus que la surenchère dans l'émotion véhiculée.

Étonnamment, ce Hold Me Down ne comporte pas vraiment de tubes en puissance. Étonnamment car l'ensemble s'avère très radiophonique et le pop punk à tendance british rock est très tendance ces derniers temps. Il y a bien quelques chansons qui sortent du lot « The Consequence » ou « Playing The Blame Game » - qui sont de très bon titres - mais à moins de procéder à plusieurs dizaines d'écoutes, vous risquez d'avoir un peu de mal à vous remémorer les morceaux. Hold me down n'est pas un mauvais album pour autant. Empruntant tantôt au pop punk - la voix du chanteur ressemble parfois à s'y méprendre à celle de Patrick Strump - tantôt à ce que l'on appelle le pop métal très aimé des fans de Lostprophets - dont je fais partie - You me at six livre un album mature et très rock. Un opus qui devrait ravir les fans de Fall Out Boy et ceux de Kids in Glass Houses.

http://www.myspace.com/youmeatsix

jeudi 7 janvier 2010

RISE OR DIE TRYING - FIGHT

Rise or die trying est un très jeune groupe originaire de Los Angeles. Formé en 2008, les quatre membres de RODT - tout juste amputé d’Anthony l'un des guitaristes - distillent un pop punk vitaminé aux influences punk hardcore. Une formule plutôt en vogue à l'heure ou les A Day To Remember et autre Set Your Goals s'accordent les faveurs de la presse musicale. Profitant des quelques places encore vacantes avant saturation totale de la scène - à l'image de ce que devint rapidement le revival emocore - les californiens nous proposent un EP 5 titres intitulé Fight histoire de poser la première pièce à un édifice qu'ils souhaitent grandiose. Les gants de boxe de sortie, allglorious se porte volontaire pour vous confirmer si oui ou non, Rise or die trying mérite les honneurs du Challenger.

Les plus : Le mélange de Punk Hardcore et de Pop Punk n'est pas parfait mais se tient malgré tout. « Left For Dead » et sa petite touche d'originalité : le final est un brin métal, plus intense et plus heavy. « Motivational Speaker » démarre tambour battant, le morceau est bien riffé et tout en nuances entre les passages scandés et les parties chantées. « Letting Go » nous sert tous les clichés du genre - passages électro à la Forever the sickest kids et mosh parts - mais s'avère digne d'intérêt par rapport au reste de l'album. Et comme il n'y a pas grand chose à dire dans les plus, saluons l'artwork sympathique du disque.

Les moins : A ce stade de l'aventure et avec si peu de moyen, il paraît laborieux de composer des hits en puissance. Les morceaux de ce disque sont indissociables les uns des autres laissant s'installer l'ennui dès le troisième ou quatrième titre. Le produit est de basse qualité, le tout manque un peu d'intelligence au niveau du mixage et de la finition. « Can't buy sincerity » est exécuté dans l'urgence, le côté punk de la chose caractérise plutôt le fond que la forme : véritable bouillie sonore, l'ensemble sonne faux et manque de rythme. Chris martèle ses fûts sans conviction, la technique n'est pas très chirurgicale. « Malorie » se déleste de l'accent hardcore et offre des sonorités plus campés sur les racines pop punk de la formation. Mais même lorsque Rise or die trying cherche à jouer simple et à alléger sa formule, le résultat pêche par manque de polissage et de magie.

Un jour peut-être Rise or die trying deviendra un groupe important. Ils signeront chez une major, sortiront singles et clips et bénéficieront d'une post prod plus aboutie. Alors, peut-être aurez-vous l'occasion de ressortir cet EP et de vous délecter avec nostalgie et distraction des premières compos du groupe. Mais aujourd'hui, en Janvier 2010, ce Fight possède tous les défauts d'une première copie. C'est maladroit, cela manque de relief, d'intelligence et de maturité. A part quelques riffs bien sentis et quelques vocalises qui rappellent vaguement les premières heures de Blink182, l'ensemble paraît difficilement commercialisable et aisément perfectible. Pour autant, le groupe semble avoir trouvé une ligne directrice et possède une grosse marge de progression. Mais aujourd'hui rien ne permet d'affirmer qu'il faudra composer avec Rise or die trying à l'avenir.

www.myspace.com/riseordietryingtheband

GOOD CHARLOTTE ENTRE EN STUDIO

Good Charlotte s'apprête enfin à rentrer au studio avec l'espoir de rendre leur prochaine copie dans l'année. L'opus, pour le moment intitulé Cardiology - titre révélé il y a quelques mois - ne devrait pas désorienter les fans du groupe puisque, comme l'a annoncé Joel Madden sur son twitter, celui-ci ne devrait pas être trop différents de leurs efforts précédents : « Oh well. Might as well listen to some old GC records and get some inspiration for the new one ». Le groupe débutera l'enregistrement dans une semaine et gratifie ses fans de quelques titres de morceau : « 1979, First Plane Home, Love Ain't Easy, Right Where I Belong, Sex On The Radio, Standing Ovation » ou encore « There She Goes ». Et le frontman de conclure : « Trust me, it’s the most honest we've ever been. You can hear it in every word and every chord ». Cliché vous ne trouvez pas ? Mais qu'importe puisque Good Charlotte n'a jamais vraiment déçu. Sachez également et selon le magazine Alternativpress que Billy Martin officiera en tant que guitariste aux côtés de Brandon Saller, batteur-chanteur de Atreyu, pour son premier concert solo le 14 février prochain en californie. Le line-up sera complété par Ian Fowles de Aquabat et Jarrod Alexander de Dead Country à la batterie.

http://www.myspace.com/goodcharlotte

mercredi 6 janvier 2010

SNOOP DOGG PENSE AU CINEMA

Snoop Dogg - alors qu'est ce qu'on attend ? - a des envies d'ailleurs et plus précisément des envies de grand écran. Après avoir sollicité les producteurs de True Blood sur une éventuelle participation de sa part à la série en tant que vampire, après avoir confirmé son apparition dans la série One Life to live - le rappeur est paraît-il un grand fan - Snoop serait sur le point de donner un nouvel élan à sa carrière cinématographique. « Mon pouvoir de star est aussi grand que celui de n'importe quel acteur hollywoodien » déclare t-il sans modestie. L'icône westcoast travaillerait donc en secret sur un projet de film et laisserait la musique de côté pour un moment. Pour revenir à One Life to live, Snoop Dogg y sera de passage le 24 février prochain. Il participera également à la bande originale de la série avec un remix made in Snoop de son générique.

http://www.myspace.com/snoopdogg

LADY GAGA SUR L'ALBUM DE GAME ?

Oh délicieuse rumeur, Game souhaiterait enregistrer un morceau avec Lady Gaga pour son album The R.E.D qui sera disponible au mois de février. Si le timing paraît short, l'intérêt du rappeur lui semble certain. Voici les propos du natif de Compton relayés par le site Rap2k : « J'essaye de pousser Jimmy Iovine [co-fondateur et président d'Interscope] à organiser une séance studio avec Lady Gaga [...] elle est une rebelle, et je suis un artiste à contre-courant, donc si ça se fait, ça sera monumental pour la musique ». Rappelons que Lady Gaga était apparu en featuring sur un titre du rappeur Wale intitulé « chillin » et que le résultat était plutôt séduisant. Imaginez un peu le truc, la nouvelle reine de la pop en duo avec le meilleur rappeur US du moment - c'est un peu personnel comme avis mais j'assume - l'idée paraît magique. Dans l'ombre du buzz qui entoure la sortie de Detox, The Game s'assure qu'on puisse toujours fantasmer sur l'arrivée de The R.E.D.

http://www.myspace.com/thegame

SULLY SEFIL EST DE RETOUR

Si vous n'avez plus 17 ans et que vos boutons d'acné ont complètement disparus, bravo non seulement vous êtes un homme - ou une femme - mais vous devez aussi vous souvenir de l'époque Sully Sefil. Eh bien sachez que le rappeur estampillé Royal Wear est de retour avec un teaser intitulé « On ne vit qu'une fois ». Ironique lorsque l'on sait que Sully Sefil a déjà eu sa chance il y a quelques années sans arriver à s'installer durablement. Le chanteur - qui semble s'être épris de Lenny Kravitz entre temps - annonce donc son retour en 2010 avec un nouvel album. On se souvient tous de la punchline de Booba « une pensée pour les rappeurs disparus comme Sully Sefil ». Le duc de boulogne aura probablement réveillé l'orgueil de l'ami Sully. Allez pour se remettre dans le bain ou initier les petits nouveaux on se refait un coup de « J'voulais » et « Ca Fait bizarre ».

http://www.myspace.com/sullysefilofficial

mardi 5 janvier 2010

OBIE TRICE - SPECIAL RESERVE

Obie Trice s'apprête à livrer très bientôt son troisième opus Bottom's Up. Une première info fait d'ailleurs état d'une date pour février prochain. Au préalable, et via son propre label World Wide Hustle, le rappeur originaire de Detroit nous gratifie d'une compilation de titres enregistrés entre 1997 et 2000 alors que l'aventure Shady Records n'avait pas encore commencé. C'est en effet en 2003 qu'était apparu Cheers et ses featurings de compétition - Eminem, Timbaland, Dr Dre, Busta Rhymes ou D12 - sous le label de Marshall Mathers. Aujourd'hui délivré de ses obligations envers Shady Records, Obie Trice à donc sorti le 15 décembre dernier son Special Reserve produit par MoSS, un street album qu'il présente comme un mix de titres old shool et modernes. Analyse d'un album déroutant.

Les plus : Le parfum old school qui fait du bien. « On and On » et son instru piano-batterie insistante. Quelques scratchs bien sentis viennent donner à ce morceau une authenticité et une saveur tout particulière. « 4 Stories » et son instru très jazzy. Si vous aimez les prod Aftermath à la « Crack a bottle » - Eminem sur l'album Relapse - vous risquez fort de charger ce morceau sur votre MP3. Le flow d'Obie y est calibré, rythmé, chaque rime est à sa place. « Roughnecks » est un bon morceau de Rap Us sans être excellent, une fois le refrain arrivé le timbre de Deuce Wonder fausse l'ensemble comme une sorte de Nate Dogg au rabais. Dommage l'instru est terriblement addictive. « Cool cats » évoque étrangement la marque de fabrique Shady. Un morceau insolite, fantaisiste au refrain access très D12 dans l'esprit. Pas étonnant qu'Obie se soit fait remarqué si c'est avec ce morceau qu'il s'est présenté puisque c'est à mon goût le meilleur morceau de ce street album ! « Jack my Dick » et son côté très sombre, très West Coast, me donne la délicieuse impression d'écouter un morceau de South central cartel - en l'occurence I'm a Rider - toutes proportions gardées évidemment. « Dope, Jobs, Homeless » et son gimmick tenace accroche. Enfin, un petit coup de cœur pour l'artwork plutôt alcoolisé de l'album. Obie y introduit son produit comme un bon vieux whisky de tradition.

Les moins : La prod, c'est incontestable. Certes il s'agit de b-side, de démos enregistrés entre il y a plus de dix ans. Cela n'excuse pas son caractère inachevé et parfois pas très propre. A signaler également : le débit parfois mal assuré d'Obie Trice. A sa décharge les experts de Shady Records n'ont pas eu l'occasion d'exercer leur qualité de polissage et de coaching sur cette mixtape. « You've been slain » apparaît comme inachevé. Réaliser un pot pourri d'une dizaine de sons intéressants n'est pas une solution, c'est pourtant ce qu'essaie de faire l'ancien poulain des D12. « I am » apparaît quasi-inaudible à vous donner un mal de crâne, la voix féminine des chorus - je ne sais pas qui est cette chanteuse - est tout simplement insupportable. Le single « Got Hungry » est intéressant mais, encore une fois, fouillis. L'instru n'est pas facilement assimilable et le flow de Obie un peu lourd.

Mister Obie Trice "real name no gimmicks" n'est pas le rappeur le plus talentueux d'Amérique. Je n'ai pas attendu ce Special Reserve pour m'en rendre compte. Bien plus épris de rap Us que de rap français, il me paraît naturel de classer cette compilation au dessus du lot de disques écoutés toutes origines confondus. Ce qui ne fait pas de cet album une réussite, au contraire. L'ensemble est aisément perfectible. Quelques bonnes idées auraient mérité d'être portées à leur terme et semblent inachevées. Obie Trice tombe - est tombé du moins puisqu'il s'agit de premiers jets - dans la surenchère en ajoutant scratch, choeurs, gimmicks qui se chevauchent et aboutissent à un rendu hyper brouillon. En gros de la matière brut que le maître Eminem aura pu exploiter et remettre en forme mais qui peine à convaincre en l'état. Dommage Obie Trice semblait vraiment être animé de bonnes intentions à l'image de l'excellent « Cool Cats » ou du old school « Jack My Dick ». Avec ses deux ou trois pépites, ce Special Reserve ne manque pas de charme mais ne devrait pas exciter les foules.

http://www.myspace.com/obietrice

CHRONIQUE : SINIK - BALLON D'OR

Sinik le parisien est de retour. Ceux qui suivent un peu mes papiers sur allglorious savent que Sinik ce n'est pas vraiment ma tasse de thé et que je trouve le talent du bonhomme démesurément surestimé. Mais comme je l'annonçais dans la chronique précédente : 2010 nouveau départ, année de l'ouverture d'esprit et de l'indulgence. Je ne vous offre pas cette chronique de Ballon d'or, dernier album en date du rappeur, juste par pro-parisianisme - oui enfin c'est quand même un bon point - ou par curiosité footballistique mais bel et bien parce qu'en mon âme et conscience j'ai décidé d'effacer l'ardoise. Avec courage donc mais avec intérêt tout de même je vous livre le meilleur et le moins bon de ce nouveau Sinik.

Les plus : « Adrénaline » pour son instru addictive et son refrain tenace. Sinik bouffe des allumettes - comprenez joue avec le feu - en choisissant d'appliquer la formule punchline - refrain chanté façon RNB. Le résultat n'est pas dégueulasse, l'efficacité est là malgré le sentiment de déjà vu. « Le banc des accusés » et son instru puissante presque grandiloquente qui rappelle un peu les compos de la fin 90's des Kery James ou autre Rohff : un très bon morceau de rap français. Les couplets sont rappés dans l'urgence, Sinik cherche ouvertement à faire mentir ceux qui l'accusent d'avoir une technique rap trop linéaire. Les quelques choeurs en fin de morceau viennent rehausser un peu plus le niveau de ce très bon morceau un peu gâché par son refrain cacophonique. « Zone abandonnée » est sublimée par la participation de Soprano et son débit véloce. Malheureusement ce premier apparaît emprunté lorsqu'il s'agit de chanter. L'instru s'avère plus propre, plus moderne. Parmi les bonnes surprises : « 4-4-2 » est l'un des morceaux phare de l'album. Bon ok ca n'est que du foot mais pour le coup c'est un sujet qui se dégage du reste de l'album et du misérabilisme coutumier. C'est certes un peu timide si l'on repense au célèbre passement de jambe de Doc Gynéco mais le morceau s'avère franchement hilarant. A noter également « Dialogue de sourd », morceau séduisant ou Sinik contextualise et transpose la notion de dialogue de sourd à travers plusieurs situations, dans le couple par exemple. Malgré la fragile qualité de son refrain, les rimes sont efficaces, l'instru intéressante et rythmée avec cette espèce de piano désaccordé, le flow est convainquant.

Les moins : L'intro du disque vraiment peu originale. Sinik use et abuse de jeux de mots carambar pour un morceau ghetto egotrip superflu. « S.i.n.i.k Mikaz » explose immanquablement en plein vol. « Inespérée », titre frustrant qui pêche par manque de relief. Dommage car sur le fond, le message est soigné et le texte touchant. Dans l'ensemble les thèmes sont vus et revus : l'enfance dans les quartiers, l'adolescence, la marginalisation. Cette surenchère confine parfois à l'abrutissement. A déplorer également « Le goût du goudron », « Parole d'homme », qui sont des titres sans âme. J'ai du mal avec cette articulation approximative, je lui préfère le flow bourrin et ultra calibré de son ennemi Booba. La présence de Cifack et Sixcoups MC n'apporte rien de captivant. « Mort ou Vif » et sa version alternative toutes deux trop négligées surtout la seconde version.

Malheureusement, j'ai retrouvé sur ce Ballon d'or tout ce que je n'aime pas chez Sinik. Ses paroles difficilement compréhensibles et son flow mal articulé, des instrus qui ont dix années de retard, ses thèmes rébarbatifs. Pour autant ne prenez pas mes reproches pour de l'acharnement. Car oui, j'ai beau être un peu allergique au rap de Sinik, je relève quand même quelques bonnes idées sur ce nouvel opus. Si l'on reproche souvent au rappeur son flow linéaire, celui-ci devrait faire taire un moment ses détracteurs. « Adrénaline » et « Le banc des accusés » en sont la preuve. La participation de Soprano, outre ses parties chantées totalement ratées, est intéressante, sa technique vocale est plutôt impressionnante : « Zone abandonnée » fait mouche. A noter également un très bon « 4-4-2 » qui nous fais travailler les zygomatiques à grands coups de tacles assassins sur l'équipe de France ou sur Djibril Cissé. J'ai entendu parler d'un prochain morceau avec le Paris Saint Germain pour thème et j'ai plutôt hâte de voir ce qu'il va donner. Pour le reste, je suis déçu et ce Ballon d'Or n'est pas encore l'album qui me fera changer d'avis. Mais puisque je m'étais promis de finir sur une note positive, je vais essayer : après avoir lu pas mal d'interviews du bonhomme et m'être familiarisé avec le personnage, je suis intimement persuadé que Sinik est quelqu'un de doué et qu'il possède encore une certaine marge de progression. Je resterai donc attentif aux prochaines sorties du rappeur.

http://www.myspace.com/sinik