vendredi 3 décembre 2010

INTERVIEW - TRAUMATISME

Hello les amis, je reviens avec une interview au menu aujourd’hui. D’autres entretiens intéressants devraient suivre dans la foulée. Nul besoin de vous présenter Traumatisme si vous suivez avec attention mes posts sur le blog. Après un track-by-track de l’album rédigé par l’artiste et exclusivement pour Allglorious il y a quelques temps et une chronique de son dernier album Horrorwood Rocks 2 par mes soins il y a quelques jours, il était temps d’approfondir un peu la question. Voici donc quelques questions-réponses qui vous aideront - et qui m’ont aidé également - à mieux cerner encore l’univers glam-gore-rock de Traumatisme. Les retours concernant son dernier opus, les difficultés de l’Artiste indépendant, le cinéma et la génération remake, son prochain album, Traumatisme aborde le tout de manière attentive et décomplexée. Enjoy.

Les lecteurs d’Allglorious te connaissent déjà pas mal et connaissent Horrorwood Rocks! 2. Quels sont les retours sur cet album en termes de ventes et de chroniques?
Pour commencer, il faut rappeler que je suis le seul maître à bord de Traumatisme. Je n'ai pas de management, de maison de disques, mes albums sont uniquement distribués sur mon site, je ne reçois aucune aide extérieure, que ce soit pour la publicité ou pour des raisons budgétaires. Mes deux albums n'ont pas été enregistrés en studio, ils ont été fait avec les moyens du bord, et mon but en les faisant n'était pas d'en vendre des milliers d'exemplaires - si c'est le cas, tant mieux - mais avant tout de les utiliser pour faire découvrir mon travail aux gens, et pour me faire connaître à une plus large échelle car, même si j'ai créé Traumatisme il y a environ six ans maintenant, je suis conscient que personne ne sait qui je suis. Je veux dire, il y a bien des fans de Traumatisme mais ça reste assez confidentiel pour l'instant, ce qui est principalement dû au fait que je ne possède pas beaucoup de possibilités pour faire découvrir ma musique aux gens. Ceci étant dit, pour répondre à ta question en tenant compte de tout ça, l'accueil réservé à mon nouvel album est majoritairement positif, que ce soit auprès du public ou des critiques, ce qui est assez encourageant. J'ai bossé comme un damné dessus et ça fait plaisir de constater que les gens le reconnaissent, que ce soit en France ou ailleurs. J'ai l'impression qu'il commence vraiment à avoir un bouche-à-oreille au sujet de Traumatisme depuis l'année dernière, et comme tu peux l'imaginer je vais tout faire pour que ça continue!

Est-ce que tu comptes exploiter un peu l’univers de ce nouvel opus, avec pourquoi pas une vidéo pour l’un de tes titres?
J'ai toujours voulu tourner un clip, et j'y ai bien sûr pensé avant de sortir l'album, mais c'est un sujet délicat, étant donné le peu de moyens que je possède. J'ai grandi avec des groupes comme Alice Cooper, Twisted Sister, W.A.S.P. et Rob Zombie, des groupes théâtraux avec une identité visuelle immédiatement reconnaissable, et c'est dans cette optique que j'ai créé Traumatisme, comme tu peux le voir sur mes pochettes d'albums, mes photos ou tout ce qu'il y a autour. J'ai voulu mettre sur pied un univers cohérent, et je ne m'autoriserai pas à faire un clip fauché et pas crédible, qui ne ferait que ruiner tout ce que j'ai mis en place. C'est pourquoi je préfère attendre le bon moment.

L’horreur et le fantastique sont deux de tes thèmes de prédilection. L’infantilisation de ces mêmes thèmes à travers, par exemple, des sagas comme « Twilight » qui dévirilisent un peu le mythe du vampire, peut-elle avoir des conséquences sur des artistes tels que toi et la crédibilité de leurs univers?
Je n'y ai jamais vraiment réfléchi. Je ne pense pas que ce soit le cas. D'ailleurs je fais en sorte que mon univers ne verse pas dans l'horrifique pur et simple. Je m'en sers principalement comme toile de fond. Je suis un fanatique de films d'horreur, mais contrairement à ce que font les Misfits par exemple, dont les textes ne sont que des petites histoires horrifiques, il y a toujours quelque chose d'autre derrière dans les paroles de mes chansons, qui possèdent souvent plusieurs significations. Contrairement à ce que les gens pourraient croire, chacune de mes chansons est pensée, et raconte une histoire. Par exemple, « Zombie In The TV » parle de la dépendance des gens à la télévision, et de comment ils se laissent contrôler par les médias, faisant d'eux de simples pantins sans conscience ni opinion. « Return To Horror High » parle de la frustration que l'on ressent envers l'école étant adolescent, quand tu as l'impression de passer tes journées dans une prison à subir un bourrage de crâne sans fin. « Hot And Nasty » parle de sortir du placard et « The Madman Strikes Again » de double personnalité. Pour chaque chanson, je me mets dans la peau d'un personnage différent afin de faire passer mes idées, de manière très exagérée, car il faut toujours garder à l'esprit que le but premier de mon travail est de divertir. Si mes paroles font réfléchir certaines personnes, c'est très bien et il n'y a pas de meilleur compliment au monde, mais ce n'est pas ce qui m'importe le plus et je n'ai aucune prétention. Il ne faut jamais oublier que ce n'est que du rock, pas de la science. Je parle de sujets divers qui me tiennent à cœur, et je les déguise toujours avec une image horrifique, ou cartoonesque, car le but de mes paroles est de faire oublier le plus possible la réalité.

Restons dans le domaine de la culture et de l’horreur principalement, y a-t-il des choses que tu as vues, lues ou entendues récemment et qui retiennent ton attention? Le retour de Freddy Krueger au cinéma par exemple?
Pas vraiment... Quand j'essaie de m'intéresser à ce qui se fait en ce moment, j'ai l'impression d'être complètement dépassé. J'ai passé ces dernières années à bosser sur ma musique sans jeter un œil au monde extérieur, et je suis plus ou moins resté figé dans le temps. Et il faut dire aussi que tout ce qui se fait en ce moment ne m'intéresse pas vraiment, pourtant je suis assez bon public. Quand il m'arrive de regarder un film récent, je passe mon temps à me dire « tiens, ça me fait penser à tel film ». Ils ne mettent plus beaucoup d'imagination et de créativité dans leurs scénarios, ce sont toujours les mêmes histoires qui reviennent, présentées différemment. Ils essayent de t'en foutre plein la vue avec des tonnes d'effets spéciaux, mais il n'y a plus rien derrière. J'ai l'impression que tout a déjà été fait, d'ailleurs les producteurs de films semblent penser la même chose car ils passent leur temps à tourner des remakes. C'est sans doute plus confortable pour eux de miser sur une valeur sûre pour s'assurer de se faire de l'argent. Je n'ai pas vu beaucoup de ces récents remakes, ça ne m'intéresse pas et les sagas originelles ont largement fait le tour du sujet. Je préfère ne pas gaspiller mon temps et mon argent à regarder des arnaques dans ce genre. Je préfère revenir dans le passé et découvrir des vieux films que j'ai manqués. Car à l'époque, il n'y avait pas toute la technologie qu'il y a aujourd'hui, mais ça avait beaucoup plus de charme et ça semblait surtout beaucoup plus inventif et sincère, il y avait beaucoup plus de prises de risque également. Et c'est exactement la même chose avec la musique. La plupart de mes influences se situent dans les années 70 et 80. A cette époque, on s'en foutait de savoir si un album était bien produit. Ce qui importait, c'était la qualité des chansons. Et de nos jours, aux yeux des gens, ce que tu fais n'a aucune valeur si tu n'as pas un son clinquant, c'est comme si il y avait une compétition entre les groupes pour savoir qui aura l'album le mieux produit, ce qui revient au concept du « c'est moi qui ait la plus grosse ». C'est l'un des reproches que l'on me fait sans arrêt. C'est évident que j'aimerais avoir un meilleur son si j'en avais les moyens, mais pour moi l'intérêt principal est ailleurs. C'est pourquoi je répète toujours à mes auditeurs de voir au-delà de la barrière de la production, et de se concentrer sur les chansons elles-mêmes.

Y a-t-il beaucoup de différences entre Nicolas Tifagne et Traumatisme ? Es-tu le plus souvent dans la mise en scène ou les entités sont-elles indissociables ?
Traumatisme est mon alter-ego. Un peu comme ce qu'est Batman pour Bruce Wayne, ou Mister Hyde au Docteur Jekyll. A la manière d'Alice Cooper, c'est un personnage que je me suis inventé. Quand j'écris une chanson, je me mets dans la peau du personnage. Je me cache derrière lui pour exprimer ce que je ressens. C'est quelque chose d'assez schizophrénique. Je pense que je serais un cas en or pour des psychologues... Mais pour le moment, Traumatisme ne fait que sommeiller en moi. Il ne prendra réellement vie que lorsque je monterai sur scène, et lorsque ce jour arrivera enfin, ça risque d'être assez... intéressant.

L’actualité en France et la situation du pays n’annoncent rien de bon pour l’avenir. A l’image de certains cinéastes gore, Traumatisme peut-il doter son Art d’un message politique et devenir un musicien engagé ?
Non. C'est quelque chose que je ne ferai jamais et que selon moi les gens ne devraient pas faire. La musique, tout comme le cinéma, existent en premier lieu afin de divertir les gens. Quand les gens écoutent ma musique, je ne veux pas qu'ils s'apitoient sur leur sort, et qu'ils pensent des trucs du genre « ma vie est minable, je vais me tailler les veines ». Au contraire, je veux les emporter dans un autre monde, afin qu'ils s'évadent et qu'ils oublient leurs problèmes. Si tu veux réfléchir sur toutes les merdes qui se passent dans le monde, regarde plutôt les infos. De plus, tu l'auras sans doute remarqué, je fais tout pour que ma musique et mes paroles ne soient pas marqués par leur époque. Tu ne me verras jamais parler de politique - ou alors de manière déguisée - premièrement parce que je n'y connais rien, deuxièmement parce que ça ne m'intéresse pas, et enfin parce que si je le faisais, la chanson n'aurait plus aucune signification dans plusieurs années. Et mon intention est d'écrire des chansons qui auraient pu être écrites il y a vingt ans, comme dans vingt ans. Les sujets que j'aborde dans mes chansons sont intemporels. Ce qui m'intéresse surtout, ce sont les monstres, au sens large du terme, c'est d'ailleurs le surnom que je donne aux fans (les « Freaks »). Quand je dis « monstres », je ne pense pas uniquement à des créatures fantastiques, mais aussi à des gens bien réels, des marginaux considérés comme tel car ils sont différents des autres, et ne correspondent pas à aux normes de la société. C'est un sujet qui revient systématiquement dans mes textes. Tout comme le fait de se battre pour réaliser ses rêves et imposer ses idées, entre autres. Ce sont des sujets qui, en plus d'être une grande source d'inspiration pour moi, ont toujours été pertinents, et qui continueront à l'être tant que l'être humain ne se sera pas remis en question... ce qui semble assez peu probable.

Est-ce que je me trompe si je dis que tu penses déjà à un nouvel opus ? Si disque il y a, comptes-tu accoucher d’une nouvelle suite à « Horrorwood Rocks! 2 » ou bien vas-tu changer un peu de direction, à l’image des Murderdolls qui ont musclé un peu leur recette sans prendre un énorme virage pour autant avec leur « Women And Children Last » ?
Effectivement, j'ai déjà des tas d'idées en tête pour mon prochain album. Mais il est encore trop pour y penser sérieusement. Mes ambitions sont toujours plus grandes, et je pense être allé aussi loin que possible en travaillant de cette manière. Le prochain album sera réalisé en studio, avec des moyens plus conséquents. Mais ce n'est pas pour tout de suite. Pour le moment, mon priorité est de tout mettre en œuvre afin de donner vie à Traumatisme sur scène.

Le mot de la fin?
Merci à toutes les personnes qui écoutent ma musique, qui achètent mes albums et qui me soutiennent! En espérant vous voir présents lorsque je commencerai à donner mes concerts... Je ne vous décevrai pas!

Traumatisme - Horrorwood Rocks 2
http://www.myspace.com/traumatisme1

1 commentaire :

wed-nesday13 a dit…

je serais la quand se jour viendra , tes génial et j'espére bien que l'on te donnera ta chance tu le mérite .