mercredi 20 octobre 2010

LES CHRONIQUES EN VRAC

Il y a quelques semaines, je publiais un article sur Mac Tyer. Je me montrais, pour le coup, vraiment sceptique après écoute de trois de ses titres et hésitais à réaliser la chronique de l’opus. Aujourd’hui, la curiosité à balayé ces premiers soupçons de déception. Pourquoi ? Tout simplement après avoir entendu le titre « Obama Said » en feat avec Derick Martin. Un titre plutôt inspiré qui me fait revenir sur ma décision et me permet de vous donner mon avis sur cet opus intitulé « Hat Trick ». Le disque débute de manière catastrophique avec une « intro » dispensable et une instru terriblement désagréable. Celui qui se présente comme « la voix du ghetto » peine à concilier rythme et débit. Alors oui le flow « hardcore » - qui a dit constipé ? - à la Booba ou Salif ça a son charme c’est certain. Encore faut-il savoir le distiller correctement. « Tony a tué many » bénéficie d’une instru accrocheuse - qui me fait penser à « roi sans couronne » de Nessbeal d’ailleurs - mais révèle rapidement le plus gros défaut du rappeur : Mac Tyer fait du Booba en moins bien. Les mêmes intonations, les mêmes punchlines décongelées, chauffées et réchauffées et cette façon systématique de sauter à pied joint sur la grammaire et de massacrer la langue française. « Seine St Denis » et son instru très électro agacent. Manque de finesse et c’est dommage car le flow est maîtrisé et vif. « Flow hélicoptère » joue la carte de l’egotrip pour ne pas changer et ne s’écoute que pour son refrain tout juste catchy. « African » est plutôt inspiré mais manque cette fois d’efficacité. « Hat trick », le morceau titre est sombre mais ne manque pas de bon sens. La pépite de cet album c’est incontestablement « Obama Said » et son inspiration Old School. Une merveille que je vous laisse écouter et analyser ici.
Un rap puissant, des métaphores bien senties et des punchlines dopées à l’egotrip : la recette d’un bon album Hip Hop. Mais ici, la mayonnaise ne prend pas. Quelques instru sonnent très 90 et début 2000, Mac Tyer ne fait pas parti de ceux qui ont vendus leurs âmes à l’électro – sauf pour l'ignoble « ha ha ha » et son instru très David Guetta - et c’est tout à son honneur. Quelques titres sonnent bien « Obama Said » ou « African ». Malgré tout, l’ensemble manque cruellement d’originalité et de maîtrise. Un troisième album timide.

Mac Tyer - Hat Trick
Exposif Music - Indépendant


Parce que quand on aime vraiment la musique on ne peut décemment pas rester obsédé par le rock et le hip hop. Parce que la curiosité est, à mon sens, une qualité certaine, je continue mon bonhomme de chemin sur les routes de l’éclectisme. Ordre du jour : une décente - qui à dit sacrifice ? - du côté de notre bonne vieille variété française pour tenter de piger un peu le succès de la jeune et jolie Joyce Jonathan. Jeune oui, jolie plutôt, Artiste ? Pour le coup vous me permettrez d’en douter. Le disque s’intitule Sur mes gardes et s’impose à nos oreilles via le label communautaire my major company, déjà responsable du succès de l’insipide power-variet d’un certain Grégoire. Sur ses gardes, Joyce Jonathan ferait mieux de le rester. L’ensemble est si fragile qu’un seul coup de chiffon pourrait rapidement tout balayer. Le disque débute par « L’heure avait sonné ». Beaucoup de légèreté et de sobriété, piano-guitare et voix douce. Un bon point si le texte ne venait pas tout gâcher : la chanteuse nous offre un récital des plus belles - comprenez les plus niaises - catchlines du genre. Le constat demeure à mesure que le disque avance. « Pas besoin de toi » et « Je ne sais pas » ne tiennent debout qu’à la faveur de la voix charmante et juvénile de la demoiselle et à leurs refrains tièdement entêtants. « Ma musique » manque de folie, le chant gagnerait à s’aventurer du côté des graves, à prendre des risques. Certains refrains sont trop faciles « Prend ton temps », certains couplets terriblement timides « Un peu d’espoir ». Les ombres de Tracy Chapman et de Teri Moïse planent sur le morceau titre « Sur mes gardes » : intéressant si le l’ombre de Benoit Poher ne venait pas obscurcir un peu la prose de la jeune fille. La participation de Tété reste une bonne surprise sans être convaincante. L’album n’offrira rien de très intéressant sur ses trois derniers titres.
Pour résumer : Joyce Jonathan nous offre pop fraîche à l’accent folk bienvenu certes, mais le tout manque énormément de corps et de caractère pour résister à l’assaut des modes et du temps. Si Joyce Jonathan veut dépasser le stade du feu de paille il lui faudra manier un peu mieux la plume et donner un peu plus d’intensité à ses compos. Beaucoup de pain sur la planche donc mais rien d’irrécupérable pour autant.

Joyce Jonathan - Sur mes gardes
My Major Company - Warner

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