mardi 19 janvier 2010

LOSTPROPHETS - THE BETRAYED

Enfin ! Quel soulagement à l'arrivée de ce The Betrayed. Il faut dire que le processus d'enregistrement de l'album n'avait pas été de tout repos, essuyant toutes les péripéties possibles, du report au changement de direction voire à la destruction totale d'une partie du disque initial. Mais les grands groupes ne meurent jamais et Lostprophets revient encore plus fort pour nous soumettre son quatrième opus, décrit comme plus sombre et plus lourd par sir Watkins lui-même. Après le très pop mais sublimissime Liberation Transmission et le monument Start Something - n'oublions pas le très bon The Fake Sound of Progress - la formation n'avait pas le choix : il fallait placer la barre très haut. Et le moins qu'on puisse dire c'est que le pari est réussi. Voici ce qu'il faut retenir - ou pas - de ce nouveau disque de Lostprophets. Je ne m'emballe pas aussi souvent pour un groupe ou un album, alors profitez de ce déluge de compliments.

Les moins : Pas grand chose... « Streets Of Nowhere » ressemble plus à une B-side qu'autre chose. Le refrain est certes un peu maladroit et l'ensemble pas très efficace mais le petit accent British Rock fait mouche. Le Swing de Ian Watkins également. « A Better Nothing » est un peu plus bâclé que le reste. Le morceau s'avère tout de même entêtant et très cosmique sur la fin. « Darkest Blue » peut-être. Un peu maladroit également, la voix de Ian est quelquefois approximative nous laissant apparaître le chanteur qu'il était sur The Fake Sound Of Progress. Le morceau est néanmoins agréable, mélodique et virevoltant. Vous voyez, chaque défaut de ce disque est immédiatement dissimulé par un élément plus positif... La pochette peut-être ? Mais même ça... Ah si j'ai trouvé, il manque la reprise de Omen de Prodigy !

Les plus : Lostprophets est de retour tout simplement. Des singles exceptionnels à l'image de « Where We Belong » ou « It's not the end Of The World...» le prouvent. « Where We Belong » et son côté U2 très fédérateur. Intro douce, délicate sur laquelle se pose la voix solennelle et impeccable de Ian Watkins suivi de chacun des instruments. Un morceau pas forcément apprécié de tout le monde mais à l'efficacité redoutable. Le refrain est scandé par le groupe et revêt un véritable statut d'hymne. La dernière salve le superpose aux slogans scandés par les musiciens pour un Lostprophets au sommet de son Art. « It's not the end of the world” est plus classique et typique de Lostprophets. Riff néo métal lourd très Start Something dans l'esprit, refrain efficace et intense, le frontman maîtrise de plus en plus sa voix. Le refrain très catchy est un peu plus proche de « Rooftops » mais la fin du morceau est lourde et plus nuancée. Je profite du finish symphonique du titre pour vous signaler le retour des interludes qui contribuait au charme de Start Something. Pour le coup, on se croirait à la fin de « Last Train Home ». Autre coup de cœur, mais titre uniquement présent sur la version japonaise du disque : « Sunshine » ! Un titre à l'efficacité redoutable malgré son manque d'originalité apparente. Lostprophets fait une véritable démonstration. Riff lourd et tonitruant soutenu par une seconde guitare virevoltante et véloce sur le refrain, ambiance ascendante, impossible de ne pas chanter cela. On repense un peu au titre « Goodbye Tonight ». On continue dans les titres coup de poing avec « For He's a Jolly Good Felon » et son côté british rock à la The Fratellis. Il y a toujours autant de swing dans la voix de Ian Watkins et toujours autant de fantaisie chez ses musiciens. Très proche de « Town Called Hypocrisy », ce morceau se finit de manière plutôt originale laissant la place à un décor plus indus, plus cosmique voir un peu malsain. A signaler également les très bons « Next Stop Atrocity » et « Dstyr and Dstryr », plus punks, aux riffs incisifs. Le premier rappelle fortement « We Are Godzilla You Are Japan » et le second, tout le monde l'aura remarqué, est le jumeau de « Burn Burn ». Un peu facile certes, mais un titre qui devrait cartonner sur scène avec ses gimmicks de fin et ses screams endiablés. A noter l'excellente performance du batteur.
Le disque s'achève sur un « The Light that Burns » plutôt sombre. Une ballade délicate et insistante susurrée par un Ian Watkins qui se découvre décidément des qualités de chanteur. La fin du morceau est vraiment étrange, très indus, à 360 degrés de « Where We Belong « par exemple. On croirait écouter le malsain « Cryptorchid » de Manson. « The Storm is Coming », plage instrumentale cachée du disque est très sombre également et il n'est pas courant d'entendre Lostprophets évoluer dans ce registre. Au programme : un ascenseur émotionnel entre les phases plus calmes, pianos et violons, et celles plus folles et plus électroniques qui trahissent l'amour de Lostprophets pour Prodigy. Le chaos laisse sa place au calme pour un final planant.

The Betrayed est clairement moins bon que Liberation Transmission et Start Something. Plombé par quelques titres faciles ou maladroits - qui restent parfaitement écoutables malgré tout - comme « Streets of Nowhere » ou « A Better Nothing », il ne peut placer la barre aussi haute que ses prédécesseurs. Pour autant, The Betrayed est un excellent album, surtout si vous possédez la version japonaise. Lostprophets réussit, encore une fois, l'incroyable tour de force de marier des titres sombres « The light that Burns... », plus violents « Next Stop Atrocity » ou plus expérimentaux à d'autres morceaux plus efficaces « Sunshine » et radiophoniques comme le magistral « Where We Belong ». The Betrayed affiche un catalogue fourni de styles et d'émotions sans toutefois négliger la formule magique qui donne au groupe sa force : chaque chanson est conçue comme un hymne. Lostprophets fédère dans la douleur, Lostprophets fédère dans la colère et dans la joie. Les gallois comptent aujourd'hui quatre albums à leur actif et ne tarderont pas à mettre en route le cinquième selon les dires de Lee Gaze. Jusqu'ici, la formation n'a jamais déçu, ce qui fait d'elle l'une des meilleurs de sa génération et l'incontestable numéro 1 pour moi. Un groupe d'ores et déjà Légende.

http://www.myspace.com/lostprophets

8 commentaires :

Kevin a dit…

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Anonyme a dit…

Très bon album

Jey a dit…

vivement le 26 avril ^^

Hero a dit…

Ceui que je préfere ! vivement le concert yes

Mariooo57 a dit…

Mieux que Liberation Transmission(qui contenait son lot de chansons niaises comme Can't Stop, Broken Hearts ou Allways), cet album remonte la pente et prévoit le meilleur pour le groupe.
Bon j'aurai espéré plus de hargne car les morceaux violents sont placés au début (ce qui fait qu'à la fin de l'album je m'ennuie presque).

Kevin a dit…

Après effectivement, c'est un choix personnel de dire qu'il est moins bon que Liberation Transmission. Sinon tout à fait d'accord, l'opus est de qualité et devrait réhausser l'intérêt des fans pour une nouvelle séquelle.

Anonyme a dit…

Je partage votre avis pour where we belong : geniale

Noisy Projekt Burns ! a dit…

Hey !
Alors, j'ai été très surpris par cette chronique car j'ai une toute autre vision de ce dernier Lostprophets.
Après avoir été insatisfait par "Liberation Transmission", (qui, après plusieurs écoutes, s'avère ne pas être si mal), j'ai attendu ce nouvel opus dès son annonce en 2007. Alors, j'ai suivi tous les nouveaux morceaux joués en concert et j'ai été sur le cul à l'écoute morceaux comme "Next Stop Atrocity". Par la suite, Ian a décrit l'album comme plus sombre et plus violent, assoifant ainsi mes attentes de fan de Néo-Métal et de Screamo.
Et voilà ce qui traverse aujourd'hui mes oreilles : The Betrayed. Et je trouve que cet album a été malheuresement beaucoup trop formaté, ce qui lui donne un aspect superficiel. La plupart des musiques qu'on peut y entendre laissent un gout de déjà vu et ne dégagent aucune personalité ( y compris le single "It's not the end of the world" qui ne surprend pas). Mais le sacrilège à mon gout se trouve sur les musiques "Next Stop atrocity" et "Dstryr/Dstryr". Le premier ayant été "popisé", mettant les cris en second plan et des choeurs ( pas présents en live) masquant le côté punchy de la musique et le second paraissant étrangement baclé avec un chant sur la limite de la justesse et une qualité sonore déplorable (les guitares (me) paraissent particulièrement mal réglées). Finalement, cet album trahit une volonté de la part des Lostprophets de vouloir se placer sous l'étiquette "superstar". Ainsi, le groupe tente de se rendre plus accessible auprès du grand public avec des musiques qui semblent faîtes pour passer en boucle à la radio et d'autres qui semblent avoir pour rôle de rallier les fans de la première heure (par leurs cotés moins mielleux). Malheuresement, Lostprophets, à défaut de fédérer les 2 types de fans potentiels, se prend les pieds dans le tapis et ne parvient pas à faire resortir sa personalité et son originalité à travers "The Betrayed". A force de s'acharner à l'enregistrement des mêmes morceaux pendant plus de 3 ans, Lostprophets a malheuresement ôté tout charme à des chansons qui semblent pourtant avoir un fort potentiel. Dommage à mon goût.