lundi 11 janvier 2010

LIL WAYNE - REBIRTH (2009 EDIT)

C'est peu dire que ce Rebirth était attendu. Propulsé par le triomphe de « Got Money » ou « Fireman » et en pôle position des diffusions de clips l'après midi sur mtv, Lil Wayne pouvait afficher sans pudeur ses ambitions. Pas mécontent non plus de son featuring sur le titre de Kevin Rudolf, le rappeur se voyait bien sortir un album plus rock ou il pourrait y afficher sans retenue son amour pour le genre et y exercer ses dons de musicien. La décision était prise, Rebirth allait être un monument du Hip Hop dans son approche très rock et plus originale. Fin décembre 2009, l'album était une énième fois repoussé. Lil Wayne devant s'acquitter d'une peine de prison. L'impensable allait alors se produire, le site Amazon allait tout de même expédier les 500 exemplaires de Rebirth précommandés sur son site. Une fuite catastrophique laissant les internautes libres de se procurer cette première version du disque. Première version puisque Lil Wayne annonçait dans la foulée que le disque sortirait en février avec un tracklisting légèrement remanié. Des propos probablement destinés à prévenir le flop commercial annoncé de ce Rebirth le 2 février prochain. Quoi qu'il en soit, allglorious à choisi de vous livrer le meilleur et le moins bon de cette prétendue première version de l'album. Croyez-moi, l'affaire est encore loin d'être dans le sac....

Les plus : La pochette de l'album ma foi fort sympathique ? Trêve de plaisanterie, il n'y a malheureusement pas grand chose d'intéressant dans cette première édition de Rebirth. Peut-être « Knockout » et son côté pop punk de bande originale. Le meilleur titre de l'album à mon goût. Le riff est catchy, le morceau addictif, le refrain superbement interprété par Nicki Menaj - ce qui ne l'empêche pas de massacrer son couplet par la suite - mais sa voix et celle de Lil Wayne restent démesurément robotisées. Cette histoire de romance sur fond de différence s'avère plutôt mièvre mais divertissante. « Runnin » également, plus mélodique. Très avril-lavignesque dans ses envolées mélodiques à la « Keep Holding On ». Lil Wayne laisse - un peu - de côté son vocodeur pour s'adapter à cette instru plus posée mais aussi plus sombre. « Drop The World » et son intro inspirée n'est pas détestable. Le titre est un peu plus punk et plus original. La participation d'Eminem, si elle n'est pas indispensable, ajoute de l'intérêt au morceau. Dans son style classique très véloce et très brut, Eminem entraîne Lil Wayne sur des sentiers moins superficiels, moins électroniques et plus propices à la démonstration artistique. Intéressant.

Les moins : « On Fire » et « Prom Queen », deux singles avec quelques idées intéressantes mais qui montrent trop de maladresse. Le succès de « On Fire » ne tient qu'à une seule chose : sa boucle synthé très 80's empruntée à la comédie musicale Fame. Le reste n'est qu'un low beat hip hop ordinaire sur lequel Lil Wayne s'obstine à nous servir sa soupe vocale électronique sans grande conviction. La prod est de qualité, certes, mais l'ensemble ne tient pas debout. Rien de très intéressant non plus du côté de « Prom Queen » et son intro basse très néo métal. Nous servir un disque conceptuel c'est bien joli, encore faut-il avoir le talent pour le mener jusqu'au bout. Sur fond de teen romance façon American Pie, Lil Wayne offre un titre naïf au refrain inécoutable. La participation de Shanell n'arrange rien au massacre. « American Star » reprend avec maladresse tous les stéréotypes de l'Amérique : la célébrité, les filles, le rêve américain sur fond de Hip Hop Rock. L'intro guitare laisse place à un morceau rythmé, très Red Hot Chili Peppers dans l'esprit. L'idée de départ est noble mais le résultat n'est pas efficace. Encore une fois Lil Wayne esquinte le morceau à grand coups de vocodeur et Shanell ne parvient pas à le faire décoller. Parmi les plus gros bides de ce Rebirth on trouve également « The Price is wrong ». Lil Wayne se la joue Bad Religion, vociférant l'échec d'une love story de manière très brutale. Chant crade, guitares crades, vrombissement de basse, suivant les traces de « Ground Zéro », le rappeur s'égare sur ce petit détour punk plutôt consternant. « One Way trip » à tout de la chanson variet' de base laissant le soin à Kevin Rudolf - souvenez vous de « let it rock » - d'y apporter sa touche playskool rock. Et puisque Lil Wayne est un rockeur désormais, n'ayant pas peur de la comparaison : sur « Paradice », Lil Wayne s'impose comme le Drop Dead Gorgeous du Hip Hop. Le morceau débute à pas feutré sur un air faussement Gun's N Roses, Lil Wayne gémit et semble éclater en sanglot chaque fois qu'il essai de chanter. Le rappeur s'autorise quelques orchestrations en fin de titre à grand renfort de piano et de violon, histoire de lui donner un peu de profondeur mais sans succès. Le reste de la galette est proprement insignifiant.

A l'image de toute cette agitation autour de sa sortie, Rebirth est un disque pénible. J'ai lu récemment que le rappeur ne souhaitait pas que l'on considère ce disque comme du « Lil Wayne qui essaie de faire du rock » mais plutôt comme quelque chose d'original, de fantaisiste et de nouveau. Pourtant après écoute attentive de celui-ci il est difficile de ne pas justement le résumer à « Lil Wayne qui essaie de faire du rock »… mais surtout qui n'y parvient pas ! Oui le disque comporte quelques titres intéressant : le pop punk « Knockout » et son riff bien senti ainsi que son très bon refrain chanté par Nicki Minaj. « Runnin » également, qui se rapproche plus du pop rock voire de la variété internationale que du titre rock ou hip hop. « Drop The World » en featuring avec Eminem. Le reste est à jeter, ni plus ni moins. Lil Wayne est un très mauvais chanteur et un rappeur moyen. Il semble qu'il ne se résoudra jamais à abandonner ce flow robotisé qui fait, depuis un moment déja, sa caractéristique. Musicalement, Rebirth est un fourre-tout d'influences rock, voir néo métal ou punk - si si je vous jure - recrachées avec grossièreté. Les textes et les sujets abordés sont clichés au possible, le rêve américain, la célébrité, les romances de lycées et leurs lots d'inconvénients. Ce culte des stéréotypes confine à l'insolence si ce n'est à la bêtise. Pour finir sur une note ironique, ce Rebirth risque bien de tuer Lil Wayne plutôt que de lui redonner des ailes et je ne vois vraiment pas comment le Fireman pourrait triompher de cet incendie...

http://www.myspace.com/lilwayne

4 commentaires :

Kevin a dit…

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Anonyme a dit…

Le massacre prom queeeen

Anonyme a dit…

trop naz cet album

Anonyme a dit…

knockout is awesoooomee !!