Ceux qui suivent le blog commencent à me connaître, j’ai une affection toute particulière pour les artistes qui se donnent les moyens de leurs ambitions et qui dépensent temps et énergie plutôt que de se les caresser devant leur profil facebook. Peu importe si le rendu ne sonne pas mainstream ou si la prod n’est pas encore parfaite, l’audace et la persévérance sont de loin les armes les plus affutées. L’aventure allglorious avait débuté en août 2009 avec la publication d’une interview de Traumatisme quelque temps après la sortie de son premier opus intitulé Horrorwood rocks. Sachez que le retour de la créature est imminent avec HR!2- Horrorwood Rocks! 2 - son nouvel et deuxième opus - artwork disponible ici - qui sera disponible le 3 septembre prochain. Au programme dix titres glam-horror-punk dont le single « Screw it » que vous pouvez déjà écouter sur myspace. Et en exclusivité totale pour allglorious, Traumatisme vous présente chacune des chansons qui composent cette nouvelle galette. Profitez-en c’est cadeau !
Inside The Rock'n'Roll Freakshow
J'ai toujours voulu avoir une sorte de chanson d'introduction à l'univers « Traumatisme », et je me suis rendu compte que je n'en avais pas vraiment. C'est donc dans cette optique que j'ai écrit celle-ci, très rapidement d'ailleurs. J'étais en train d'improviser deux ou trois trucs au piano et c'est là que je me suis mis à jouer la mélodie du refrain. J'ai ensuite continué à me laisser emporter par l'improvisation, et voici comment ma nouvelle chanson « signature » est née, en à peine deux minutes. Ce nouvel album est solide, beaucoup plus ambitieux, soigné, abouti, cohérent, puissant et surtout plus personnel que le premier (ou « comment vanter les mérites de sa marchandise » par Traumatisme). Le premier était une sorte de collection de vieilles chansons, alors qu'ici, même si chaque chanson peut - et doit - être prise à part, il y a un meilleur sentiment d'unité, tout est plus où moins lié - même si ce n'est pas du tout un album-concept. Chaque chanson est un petit euphémisme pour quel chose d'autre, le tout fait à la manière Traumatisme (c'est à dire avec un côté cartoonesque et fantaisiste omniprésent). Elles ont chacune leur personnalité, elles sont toutes différentes. Et comme je l'explique dans les paroles, celle-ci est une chanson de « bienvenue », un peu comme une sorte de couloir qui mènerait vers les différentes portes que sont les autres chansons, chacune d'entre-elles représentant un aspect de ma personnalité.
Animalize Me
Cette chanson restera un vrai mystère pour moi. C'est sans doute celle qui m'est venu le plus facilement, car croyez-le où non, elle m'est venue en rêvant! Je ne me souviens jamais de mes rêves, mais un jour, je me suis réveillé, et la chanson était là, dans ma tête, du début à la fin. Il y avait les paroles, la musique, les différentes structures, absolument tout. Je suis resté immobile pendant au moins deux heures, à me repasser la chanson en boucle dans ma tête, puis ensuite je me suis levé comme une furie et j'ai tout mis sur papier. J'ai trouvé ça un peu flippant mais je vous assure que c'est très pratique, j'aimerais bien que ça m'arrive plus souvent! J'ai très peu retravaillé les paroles par la suite, persuadé qu'il y avait un sens derrière tout ça (et il y en a un), comme si cette chanson m'était envoyée par les Puissances Supérieures (allez savoir!). Je ne veux pas en dire plus, je n'aime pas expliquer mes paroles en détail, sinon il n'y aurait aucun intérêt à les lire. Je préfère laisser les gens utiliser leur imagination. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il y a deux degrés de lecture dans cette chanson, et évidemment, celui qui saute le plus aux yeux est celui qui est le plus loin de ce dont la chanson parle vraiment.
Screw It!
A la base, le sens principal de cette chanson est « fuck you all » mais j'ai pensé que « screw it » serait plus... subtil! En ce moment, tout le monde a l'air de vouloir faire une compétition pour savoir qui casera le plus de « fuck » dans une chanson, et je trouve que c'en est devenu un peu ridicule. Je pense qu'on a pas besoin d'utiliser ce mot pour faire impression (personne n'a déjà entendu parler d'Alice Cooper, j'imagine), c'est l'une des raisons pour lesquelles que je ne l'utilise jamais. Quoi qu'il en soit, cette chanson est une sorte de réponse directe et générale à toutes les remarques désobligeantes qu'on a pu me faire dans ma vie, et principalement ces dernières années, que ce soit à propos de mon apparence, de mes idées, de ce que je voulais faire de ma vie ou de la manière dont je comptais trouver ma place dans ce monde de tarés. C'est une chanson écrite de manière volontairement juvénile, à la manière de I Am, I'm Me de Twisted Sister ou Me Against The World de Lizzy Borden, un peu comme si je me mettais dans la peau d'un gosse (moi-même?) qui serait le souffre-douleur de l'école, et qui aurait décidé de déterrer la hache de guerre, par vengeance.
The Madman Strikes Again
L'histoire d'un type enfermé à l'hôpital psychiatrique, persuadé d'être une sorte de super-héros et d'avoir une mission à accomplir pour sauver le monde. Réalité ou folie pure? Musicalement parlant, mon idée pour cette chanson était d'y ajouter un rythme groovy à la Rob Zombie, et d'y intégrer mon style habituel, un peu plus « spatial » que d'habitude.
Don't Dream Your Life, Live Your Dreams
J'ai écrit cette chanson il y a longtemps et je ne l'ai que très peu modifiée, car elle a été écrite dans un contexte bien précis, et je ne voulais pas perdre cette impression un peu spéciale. Cette chanson est en quelque sorte un appel à la rébellion, une déclaration de guerre envers tous les gens qui croient connaître la définition du mot « vivre », alors qu'ils se contentent simplement de se fondre dans la masse, de peur d'être différents des autres et de ne pas être acceptés tel qu'ils voudraient être. C'est aussi un peu ma chanson « anti-suicide », dans le sens « ne tuez pas votre créativité et vos rêves pour des gens qui n'en valent pas la peine ». Par exemple regarde, quand t'es gamin, tu es très créatif, tu dessines, tu peins, tous les gosses le font. Ca commence à la maternelle, en primaire, ça continue au collège, et puis peu à peu, tu peux voir qu'ils s'éloignent de tout ça lentement. Je pense que pour une raison qui m'échappe, la société en général s'obstine à vous faire arrêter les choses que vous aimez faire. Pour eux, c'est la définition du mot « grandir », car pour devenir un adulte, tu dois faire quelque chose que tu détestes et te sentir comme un moins que rien jusqu'à la fin de tes jours, c'est bien connu. En ce qui me concerne, je préfère être mort et enterré plutôt que vivre de cette façon, en suivant bêtement et sans broncher un modèle de vie établi par d'autres des centaines d'années avant nous. Mais malheureusement, la plupart des gens n'ont pas le recul nécessaire pour se rendre compte qu'ils ne sont que des pantins, et qu'il n'appartient qu'à eux de faire ce qu'ils veulent de leur propre vie. J'ai écrit cette chanson comme un hymne potentiel pour partir en croisade, car c'est dans cette optique que la chanson a été écrite.

Megalo Maniac
Sans doute la chanson la plus sombre de l'album mais aussi ma préférée. Elle possède un petit coté autobiographique dissimulé derrière la façade « cartoonesque » habituelle que je m'impose. C'est aussi l'une des chansons que j'ai eu le plus de mal à écrire. En règle générale quand je compose, j'ai l'idée de base, je la développe, et la chanson est écrite en une heure maximum, alors que celle-ci m'a littéralement pris des mois. Je trouvais à chaque fois que quelque chose clochait, et je me suis arraché les cheveux pour en faire ce qu'elle est aujourd'hui, et c'est l'une des raisons pour laquelle elle est si importante pour moi maintenant. C'est l'un des piliers de l'album, et sans doute l'une des raisons de son existence.
Hot And Nasty
Bon alors, que dire sur celle-ci? En voyant le titre, je suis presque sûr que certaines personnes ont tout de suite pensé que c'était une chanson typiquement influencée par le glam des années 80, avec des paroles niaises qui tentent de dire de trente-mille façons différentes un truc qui sonne comme « je suis un bad boy et je veux m'envoyer en l'air avec toi ce soir ». Pourtant, c'est la plus directe et brute de l'album, il n'y a même pas de solo de guitare. En réalité, cette chanson est une parodie d'autres groupes dont je suis fan, comme Kiss, Mötley Crüe ou une centaine d'autres ayant utilisé la métaphore du flingue pour parler d'une certaine partie de leur anatomie - et je ne suis pas en train de parler des mains. Je suis parti de cette base, en ayant en tête de faire les choses de manière beaucoup plus « personnelle ». J'en avais un peu marre d'être sans arrêt mis dans le même panier que tous ces nouveaux groupes de soi-disant revival glam 80's, avec lesquels je n'ai absolument rien à voir, où le sujet récurrent est « le sexe avec les filles ». J'ai donc décidé de faire exactement l'inverse. A vous de juger.
Return To Horror High
Une fois encore, j'avais toujours voulu écrire une chanson à propos de la frustration et la haine que l'on peut ressentir envers l'école étant adolescent, et lorsqu'on est considéré comme le « monstre » du coin (ayant vécu ça moi-même il n'y a pas si longtemps). Tous mes groupes préférés en avaient une: Alice Cooper avait « School's Out », Twisted Sister avait « Be Chrool To Your Scuel » et W.A.S.P. avait « School Daze ». Cette chanson est donc une réponse à celles-ci, le tout à la sauce Traumatisme bien évidemment, un peu comme si Grease rencontrait La Nuit des Morts Vivants.
The Monsterman
L'une des pièces maîtresses de l'album, et je pense, l'une de mes meilleures chansons... Dès le départ pour celle-ci, j'avais en tête quelque chose d'assez épique dans l'idée, sans pour autant utiliser des synthés ou autre chose dans le genre (il n'y a d'ailleurs aucune partie de clavier sur l'album, excepté quelques notes de piano sur la chanson précédente). Celle-ci est assez heavy, avec des changements de rythme. Je pense qu'elle va surprendre pas mal de monde, et les quelques personnes qui ont entendu l'album pensent que c'est leur préférée. Cette chanson m'a été directement influencée par Twisted Sister et W.A.S.P. (qui sont par ailleurs plus ou moins les deux seuls groupes que j'écoutais lors de l'écriture de l'album), et je pense que ça se ressent beaucoup au final, et pas seulement sur cette chanson, d'ailleurs.
Zombie In The TV
Et pour finir l'album, la chanson la plus rock'n'roll. J'ai voulu ajouter un petit coté « rockabilly » avec la basse. C'est Divine - du groupe Undercover Slut, qui a coproduit l'album avec moi - qui a eu l'idée d'ajouter de la wah-wah à la fin de la chanson, c'est d'ailleurs lui qui l'a jouée. Quant aux paroles, c'est un gros sarcasme à propos de la télévision, de la place qu'elle prend dans la vie des gens, et de la façon dont elle les contrôle aveuglément. Dans tout ce cirque, je me mets en scène dans la peau d'un hôte, une sorte de Oncle Sam zombie et peu scrupuleux, parfaitement conscient de contrôler les cerveaux des téléspectateurs, et prenant son pied en le faisant. Et même si à la base le but de la chanson est de divertir, je ne pense pas être si loin de la réalité.
Merci à Traumatisme et bonne continuation
http://www.myspace.com/traumatisme1